Un polar comme on en fait plus !

bitmoji-20190427111825Livre reçu dans le cadre de l’opération Explorateurs du Polar 2019 avec Lecteurs.com !

Editions denoël, explorateurs du polar 2019 avec lecteurscom

Une affaire comme les autres, Pasquale RUJU, 286 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon et sur le site de la Fnac, publié en 2019 par les Éditions DENOËL.

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En lisant ce titre j’ai pensé tout de suite à un banal feuilleton policier dans lequel l’auteur joue la carte des stéréotypes italiens à fond. Une affaire banale, presque celle de trop. Mais je n’y étais pas du tout !

Tout de suite, je plonge dans une cellule d’interrogatoire, toutes mes autres pensées s’effacent. Tout comme celles d’Annamaria, veuve et suspectée de meurtre, seule face à son raisonnement interne. Quand elle doute, nous doutons avec elle. Quand elle s’interroge, nous nous interrogeons également. Dois-je craquer, pleurer ? Qui est le bon flic, le mauvais ? Voici les questions auxquelles doit faire face la veuve, qui ne perd pas son sang-froid une seule seconde. Je pressens au loin un retournement de situation qui me bouleverse, cette carapace ne me semble pas naturelle. Vais-je avoir raison ?
Ici débute le plus long interrogatoire que j’ai lu, sentant chaque seconde peser comme le ferait l’épée de Damoclès au-dessus d’une tête.

En tant que lectrice, je suis suspendue à ce que Annamaria va bien vouloir nous livrer. L’histoire elle l’a connaît, personne d’autre. Et c’est ce qui met le lecteur sous tension. C’est énorme !

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Un Polar noir mêlant meurtres, silence et amour à l’image du saumon cru délicat et addictif. Assiette composée au Wok Garden à Seraing.

Je ressens une certaine forme de pudeur dans la façon qu’à d’Annamaria de se confier. Comme une fragilité qu’elle tente tant bien que mal de camoufler derrière une rigidité et une froideur durant l’interrogatoire.

Je suis vraiment en adoration devant le style de l’auteur qui sait manier sa plume pour me faire ressentir cette tension qui se joue à chaque page et qui ne s’essouffle pas à chaque chapitre. L’ambiance pesante du huis-clos s’est refermée sur moi. Je perçois de la perversion, de la brutalité et du narcissisme dans les descriptions des faits et les silences d’Annamaria. J’apprends en même temps que Sylvia est la procureure adjointe en charge d’interroger la suspecte. Une femme aussi froide qu’Annamaria, qui me donne l’impression d’une attitude en miroir, c’est-à-dire que chacune à leur tour sera l’interrogatrice de l’autre, la victime et la coupable. En ça, la tension est remarquablement bien menée.

Puis, je découvre à pas de loup, la naissance de l’histoire d’amour entre Annamaria et Marcello, un homme qui inspire tant le respect que la crainte. Il y a beaucoup de mystère autour de cet homme ce qui est très prenant et titille volontiers ma curiosité. L’amour que ressent Annamaria envers Marcello est très fort voire passionnel. S’adonner de la sorte à cet homme dont elle semble n’échanger que des relations sexuelles est troublant. Rien ne vient perturber son amour pour cet homme dont elle ne connaît pas les réelles activités. Elle lui est simplement dévouée. Puis, vint le temps où l’amour s’essouffle pour laisser place à une forme de tendresse maternelle.
Carmela, une amie du couple, me fait penser à une menthe religieuse qui joue un double jeu. Elle paraît fourbe mais sait quelle stratégie adopter. Elle m’impressionne un peu pour tout vous avouer. Serait-elle manipulatrice ?

Petit à petit, l’illusion sur la banalité de l’histoire rend le suspense haletant. Les chapitres sont courts et très addictifs ! Ma lecture est très fluide et vive. Chaque mot me donne envie de savoir la suite. Le silence devient une violence sourde et un jeu de pouvoir, le machisme aidant à se mettre dans l’ambiance.
Les notes de la traductrice en fin d’ouvrage sont très appréciables pour les lecteurs qui, comme moi, ne connaissent en rien l’organisation des clans mafieux italiens. Je perçois un monde très dur et violent.

Ce livre parle outre la dureté de l’organisation mafieuse et de ce business souterrain florissant et sanglant, des relations familiales. Des enfants « utilisés » comme gage d’une réussite, d’une fierté. Ce lourd héritage familial est source de tension au sein des familles. Je ressens la difficulté de prendre son envol et de devenir véritablement « soi » au sein d’une famille qui ne pense qu’à faire un maximum de profit. Profit au détriment d’un amour chaleureux, de relations tendres pour le compte d’un monde violent et dangereux. Les nombreuses activités mafieuses sont partout et ce roman nous le montre bien. Comme une toile d’araignée que l’on aurait tisser sur le monde. A la manière dont elle recouvre le raisonnement d’Annamaria qui vit dans la crainte d’être rejetée par son mari. C’est terrible.

C’était comme cela, désormais, et s’adapter à la situation semblait être la meilleure des solutions pour tout le monde.

La place et le poids du regard sont très symboliques dans ce roman car ils désignent le pouvoir et le contrôle sur l’autre. Demander l’approbation pour agir est courant au sein de ces fratries. C’est impressionnant la manière dont tous rendent compte à un seul homme qui pourrait être comparé à « Dieu ». Cette forme de hiérarchie nous invite à prendre conscience de l’enchevêtrement de la mafia et de la difficulté qu’ont les forces de l’ordre à trouver l’homme ou le groupe d’hommes à la tête d’un seul clan. Le pouvoir est argent, l’argent s’achète en vies. Chaque personnage remplit son rôle à merveille nous faisant basculer dans une cruauté extrême, mais toujours silencieuse. Le silence est ce qui m’a le plus marquée dans ce roman et qui rend la lecture captivante. Je regrette seulement qu’il n’y ait pas de traduction pour certains mots en anglais.

Mais est-ce que je m’attendais à cette fin ? Mon dieu ! Non !!

Le mot de Pasquale (traduit de l’italien rien que pour vous^^)
Ma formation a été celle d’un cinéaste indépendant, puis d’un scénariste, en particulier de bande dessinée.
« Une affaire comme les autres » est née en 2008 en tant que court métrage, réalisé avec un groupe d’amis acteurs et cinéastes et une magnifique protagoniste, Stella Bevilacqua, qui malheureusement n’est plus présente. Le roman lui est dédié, développant l’idée de base et les personnages des protagonistes de ce petit film. Il y a des personnages et des histoires qui vous tourmentent l’esprit, même des années après les avoir remises dans le tiroir. Et l’histoire d’« Une affaire comme les autres » avait besoin d’être racontée de manière plus articulée. Pour compléter le roman, au cours des années suivantes, j’ai effectué un long travail de documentation.
L’histoire d’Annamaria et de Nicotra est évidemment inventée, mais le contexte criminel dans lequel ils vivent et travaillent est malheureusement très réel. Et toujours profondément enracinée dans de nombreuses communautés du nord de l’Italie, ainsi que dans celles du sud. Comme le disait l’écrivain Massimo Carlotto et mieux que moi, le noir peut être un outil très puissant pour éclairer certains aspects obscurs et opaques de notre société, venant parfois à l’appui du journalisme d’investigation, de plus en plus rare dans les médias contemporains. Ce que tu lis dans un bon noir reste à l’intérieur de toi, même longtemps. Et parfois, pourquoi pas, cela vous fait prendre conscience de la réalité qui vous entoure. Des choses que vous avez peut-être choisies de ne pas voir jusque-là. Les mots génèrent des pensées et les pensées donnent la force de changer. C’est pourquoi nous ne pouvons pas renoncer à la lecture, tout comme nous ne pouvons pas renoncer à la culture. Toutes les mafias, se nourrissent de l’ignorance. Vous ne pouvez pas contrôler un peuple qui peut penser par lui-même. Essayer d’écrire sur la mafia, dans ce roman, a été ma petite contribution à cette bataille.

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L’addition, s’il vous plaît

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Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Jusqu’où iriez-vous par amour ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’équipe de Lecteurs.com pour l’opportunité de faire partie de l’opération « Explorateurs du Polar 2019 ». Un grand merci aux Éditions DENOËL pour leur générosité. Enfin Mille merci à l’auteur pour sa gentillesse et ce mot qui me touche particulièrement, sa réactivité et son militantisme.

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L’explication du double sens du mot “positive”

Positive de l’autrice Paige RAWL, 397 pages officielles, paru aux éditions Hachette Témoignages en 2014.

Mini résumé : voici le livre qui aborde le sujet délicat de la séropositivité à travers les déboires mais aussi les espoirs d’une jeune adolescente, Paige. Venez-vous enrager, espérer, pleurer et rire avec Paige tout au long de ce fabuleux témoignage. 

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Comme l’explique très bien Paige au début de son récit :

“ D’une manière générale, tant qu’un événement se répète au fil des jours, des mois et des années, sans aucune interruption, vous en concluez que c’est une habitude, donc que c’est normal et dans l’ordre des choses. Vous y devenez indifférent et vous vous intéressez plutôt à vos devoirs, à la prochaine interro de vocabulaire ou à la soirée pyjama prévue la semaine prochaine ”

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Un True vitaminé  et super frais de chez Juliette situé à Liège. Plus qu’à vous glisser dans une ambiance chaleureuse avec un son jazzy…

S’il vous plaît, ayez cette force, ce courage, comme ils se dégagent d’une si jeune fille et comme elle criez : NON AU HARCÈLEMENT !! 

Est-ce davantage difficile aux États-Unis, pays victime d’une forte discrimination, d’élever sa voix pour dire non ou pour dire stop ?  

Un fort témoignage illustré -qui plus est-, qui m’a provoqué tout au long de ma lecture une succession d’émotions voguant de l’indignation à la colère, en passant par la joie, les pleurs et les rires. J’ai plus que tout aimé son témoignage frais, sans chichis. Le partage de son intimité (et dieu sait que c’est compliqué de mettre des mots sur son mal quand on a 12 ans ou 15 ans).  

Les larmes me sont montées à la fin du livre, ses paroles sont vraiment touchantes, mais je pense que plus que tout le reste, c’est sa sincérité et son courage qui m’ont le plus marquée. 

Comme si j’y étais, elle m’a embarquée dans un tourbillon de ressentis. A l’image d’un tourbillon de couleurs dans une petite bouteille de jus de fruits frais = petite mais costaude ! A partager sans modération ! 

 

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?
Et puis, était-elle bonne cette gorgée de fruits ? 

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Comme un soupçon de magie qui réchauffe le cœur

Le musée des amours lointaines de l’auteur Jean-Philippe VEST, 375 pages officielles, paru aux éditions Les nouveaux auteurs, en 2008.

Voilà ce que le tableau numéro 7 m’a montré : E. le 7 août 2015. Que se passe-t-il ? Où suis-je ? La guichetière me regarda intensément dans le blanc des yeux avant de me dire sur un ton solennel : “Bienvenue au musée des amours lointaines”. Voilà où j’avais posé les pieds par hasard et ce que j’avais pu y découvrir : ce musée renferme un secret, de la magie : il a le pouvoir de faire apparaître votre âme sœur…  

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The Sang Sanglot…Ps : les lasagnes sont à faire vous-même, après tout, chacun est libre de de découvrir, ce qu’il a envie de manger en dessous de ses couches de pâte.

La première chose qui m’a étonnée est la précision des enchainements à travers les nombreux chapitres qui se succèdent. Dans chacun, des personnages font leurs apparitions mais aucun d’eux n’est oublié à la fin. C’est ce que j’ai préféré après le concept en lui-même bien-sûr ! Non, mais sérieux : une personne peut voir apparaître dans un tableau le reflet de son âme sœur ?! Qui ne voudrait pas aller visiter ce musée ?

De plus, je note la volonté de l’auteur de poser en toile de fond la question du choix et des responsabilités qui s’y joignent. Du genre : est-ce qu’il est raisonnable de me resservir une part de lasagnes ? Il n’est pas aisé d’accomplir des objectifs que l’on a programmés. C’est vrai, non ? Cela ne vous arrive pas à vous ? L’auteur nous propose également d’aborder le thème de la transmission, un héritage culturel. 

Enfin, cette amitié ambiguë entre Fabien et Olivier propose une forme de complexité de la définition du mot “Amour”. 

Pendant ma lecture, ça a viré mystique à un moment donné. Du genre : sommes-nous seuls dans l’univers ? Ici c’était un truc comme : nous sommes-nous déjà rencontrés auparavant, vous ressemblez à mon arrière-grand-père ? En tout cas, une réflexion poussée sur la rencontre des âmes, la réincarnation vous attend ! Un peu tordu à la manière du film Lucy (L’avez-vous vu ?), un procédé mystique révolutionnaire qui nous fait découvrir un autre monde. 

Une fin inattendue qui laisse la liberté à chacun d’imaginer la suite qu’il désire. En attendant :

“ Croyez-vous pouvoir échapper à votre destinée, faire un geste, commettre un acte qui ne soit pas prévu et utile à l’évolution de votre âme ? Tout est écrit, même vos erreurs”. 

 

 

Flippant non ?
Et vous, l’avez-vous lu ? Qu’avez-vous pensé des dernières lasagnes que vous avez mangées ? 

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Deux jours de lecture qui décoiffent !

Jamais plus, de l’autrice Colleen HOOVER, 408 pages officielles, paru aux Éditions de Noyelles en 2017. Un sanglot romanciak. 

Déposition : Lily, 23 ans. Ouverture du front. Six points de sutures. Des lettres manuscrites. Présente des contusions d’Amour et des marques de Haine. Déclare :

« C’est épuisant, la haine ».

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Dès les premières lignes, je suis captivée et rassurée de constater que je ne suis pas la seule à me poser ce genre de questions qui met un froid dans une conversation : est-ce que ça fait mal de s’écraser au sol après avoir sauté d’un pont ? Est-ce que tu regretterais d’avoir sauté ? 

Jamais plus

Un Sanglot Romanciak agrémenté d’un Élixir au Chocolat

A la lecture, les mots sont subtils, comme les gestes décrit par Lily. Chaque parole a un impact subtil. Il faudra beaucoup de courage à Lily pour ne pas se resservir un autre Élixir au chocolat. Ne devient-on pas addicte au chocolat très vite ? Imaginez-vous la force dont il faut faire preuve pour ne pas manger encore un dernier carré de chocolat ? A combien en suis-je depuis le début de la lecture, 5, 6 peut-être 7 ? C’est vraiment difficile de s’en rendre compte tant les effets de ce minuscule breuvage étourdissent rapidement et d’un coup vif tous mes sens.  Combien de shots avant de faire un choix ? Combien pour supporter un coup ? Aucun alcool, je pense, n’est assez puissant pour nous faire oublier ce genre de violence et ce genre de lecture. 

Après tout, la vie, c’est comme un Élixir au chocolat, tant qu’on ne le croque pas, on ne se rend pas compte que : 

  • C’est liquide à l’intérieur, ça dégouline, ça nous échappe.
  • Il ne s’agit pas d’un peu de chocolat mais bien un puissant alcool qui monte à la tête.

Comme un coup, une gifle, un mot, seulement 15 secondes suffisent à vous mettre dans un état de transe. A nous de décider quel genre de transe nous voulons. Parce que quoi que l’on puisse en dire, il s’agit bien de faire un choix qui déterminera le reste de notre existence. Sommes-nous obligés de cautionner des comportements violents ? Sommes-nous obligés de pardonner par amour ? 

Je vous laisse lire ce magnifique témoignage d’une fille à sa mère, pour connaître quel choix a fait Lily. 

Par combien de shots vous êtes vous laissés séduire ?

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Pourquoi j’adore autant ce livre ?

Nos baisers sous la neige de l’autrice Karen SWAN, 552 pages officielles, paru aux Éditions Prisma en 2016.

Mini résumé : Être la meilleure, survoler le rythme endiablé des buildings, Allegra est une survivor du monde impitoyable de vêtements de luxe, jusqu’au jour où… 

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Oui, j’ai besoin d’amour et la froideur de l’automne doit disparaître. Ce fut le cas grâce à ce roman de Karen SWAN, au titre évocateur. En effet,

“on ne se remettait jamais d’un amour véritable ; il était incurable. Il vous suivait tout au long de votre vie et jusqu’au tombeau. Il n’y avait jamais de retour possible”.

Je vous rassure, rien de tragique dans ces termes, juste un magnifique témoignage sur l’amour et, une passion aux mille et une aventures. 

En un mot : J ’ A D O R E ! Des personnages principaux aux décors, tout est détaillé à merveille dans ce petit (okay gros) ouvrage. J’apprécie cette force de caractère indomptable d’Allegra, un des personnages principaux de ce roman. J’apprécie tout autant tous ces rebondissements, cette douceur générale à l’image du Whisky et de la crème formant le fameux Irish Coffee que nous connaissons tous.  

Bien que l’on ne soit pas sur la terre des beaux irlandais (et irlandaises !), ce que j’ai ressenti à travers cette lecture m’a tout de suite fait échos à cette boisson-cocktail. En effet, ça commence d’abord en douceur, je découvre les personnages, leurs caractéristiques, le contexte etc. (ça c’est à première vue, la mousse onctueuse sur le dessus) puis, d’un coup v’la le whisky OMG – premier rebondissements, puis BAM! Le café corsé où ivresse et accélération du rythme cardiaque s’entrechoquent ! Il faudrait presque ajouter quelques petites douceurs à côté pour redescendre en pression. Je vous conseille une petite touche sucrée avec la gaufre de Desiré de Lille.

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Un Romanciak corsé et puissant souligné par un Irish Coffee tout droit venu du village de noël à Liège, Place Saint Lambert ! Arriveriez-vous retrouver le chalet ?

L’autrice m’a fait vivre un périple époustouflant et réel, si bien que j’en suis arrivée à me demander jusqu’où j’irai par amour ?  

Il n’y a pas que de la romance dans cette œuvre, c’est un mélange d’indépendance, de quête de reconnaissance, d’identité familiale… Bref, un concentré de thèmes pour les amateurs de sensations fortes et de douceurs. 

 

Sentez-vous cette gorgée de whisky se glisser doucement dans ta gorge ? 

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Même pas peur !

Wonder de l’autrice R. J. PALACIO, 512 pages officielles, paru aux éditions Poket Jeunesse en mai 2014.

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Un timer enfantin. Je vous conseille d’aller y faire un tour, c’est dément > Boulangerie-Pâtisserie Henrion, Seraing

August vous résumerait ce livre comme ça : Salut, moi c’est August. J’ai 10 ans et je vais bientôt faire ma rentrée au collège. J’ai pas très envie mais bon, papa et maman insistent et je ne veux pas leur faire de peine ou les décevoir. De toute façon, je n’ai qu’à baisser la tête comme je fais toujours. Comme ça, personne ne remarquera que je suis différent des autres élèves…

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J’ai été prise dans un tourbillon d’émotions à travers la lecture de ce livre. En effet, je ne savais pas s’il fallait rire, pleurer, manifester au nom de l’acceptation de la différence, abandonner, refuser ou encore accepter. Si bien, que j’ai été m’acheter une tartelette au riz chez HENRION. Bon, c’est quoi le rapport vous allez me demander ? Et bien ce bout de tarte au riz m’a permis de réfléchir sur ce point :

CE QUE NOUS SOMMES ! 

Ce que nous sommes, dit-il en surlignant avec sa craie. Ce que nous sommes ! Nous ! D’accord ? Quel genre de personne sommes-nous ? Est-ce que ce n’est pas le plus important ? Est-ce que ce n’est pas la question qu’on devrait se poser tout le temps ? – Quel genre de personne je suis ? -« 

On ne va pas se la jouer Descartes “je pense donc je suis”, quoi qu’il y aurait beaucoup à écrire sur ce sujet. Cependant, si je me penche précisément sur la question, c’est un peu comme si j’étais ce grain de riz cuit dans une foule d’autres grains de riz, sur lesquels seraient versés des sucres de normes et du lait d’émotions. On serait tous cuits de cette façon, tous conformés dans ce moule à tarte. Or, si on regarde de plus près, tous les grains sont différents mais ce n’est qu’ensembles, qu’ils forment un monde. Aucun n’est supérieur à un autre. La critique ne change rien à leur façon d’être et, chacun a son petit quelque chose d’unique. Inutile de les comparer entre eux, il n’y a point de recherche d’une quelconque compétition. Seule compte l’alliance, l’union. Et rien, ne les empêche de rendre ma tartelette si succulente !

Puis, c’était mieux une tartelette plutôt qu’une grande tarte non ? Après tout, page après page, j’avais l’impression d’être une enfant de 10 ans. J’étais une enfant, assise devant sa tartelette pour le goûter, c’était génial ! Faut dire qu’après ces cinq cent une pages, j’avais besoin d’un petit réconfort !

De plus, j’ai apprécié l’esprit de famille soudé à travers cette œuvre. Si comme moi, vous adorez cette alliance familiale et les péripéties d’un jeune adolescent, ce livre est fait pour vous. Et je vous rassure, pas besoin d’aller jusqu’à Verviers pour manger une bonne tarte au riz. Moi, il m’a fallu marcher à peine dix minutes 🙂.

 

Un petit avant goût qui met le feu aux papilles !
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Bientôt une nouvelle vitrine et un nouveau décor pour noël.

 

L’avez-vous lu ? Si oui, qu’en pensez-vous ?
Où as-tu mangé la meilleure tarte au riz de ta vie ? 

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On peut dire que ça (re)commence fort !

Biographie de la faim de l’autrice Amélie NOTHOMB, 250 pages officielles, paru aux éditions Albin Michel en 2004. 

En accéléré : d’aventures en aventures comme chante Serge LAMA, Amélie NOTHOMB nous fait découvrir sa soif de conquête du monde, d’un point de vue assez détaché mais terriblement attachant. Elle y retrace les moments forts de sa jeunesse jusqu’à l’âge adulte.

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Un Memoris de soif d’aventure

 

Avant même d’ouvrir le livre, asseyez-vous confortablement, prenez le plaid de mamie et faites-vous servir un verre de Massif d’Uchaux, 2016, dont la robe rouge intense vous laissera un goût fruité et épicé en bouche (bouteille offerte par Colruyt). Une mise en bouche indispensable en réponse à un besoin d’amour insurmontable, insatiable que l’autrice va vous insuffler tout au long de votre lecture. 

Comme une quête de sens, une recherche d’un bout de soi qui aurait été éparpillé à travers le monde, Amélie NOTHOMB m’a embarquée au cœur de l’exploration de la sensation de vide angoissante. J’ai été invitée à partager, sur le banc des lecteurs silencieux, le parcours non sans peine, du rite de passage de l’enfance à l’âge adulte. Je ressens comme une sensation de verre à moitié plein. C’est drôle à écrire que de se sentir pleine et vide à la fois. Ce qui m’étonne le plus est cette délicate distance avec laquelle elle a ce don de rendre chaque évènement banal, comme s’il avait été conçu pour être vécu de cette façon-là et, à ce moment précis. 

Autant de flash-backs que de verres de vin contenu dans 75cl. Amertume, cruauté, déchirement, amour et haine s’enchaînent sans monter trop vite à la tête, pour permettre au lecteur d’apprécier chaque page et chaque goutte. Je ne peux m’empêcher de me questionner sur cette image de la femme mise sur un pied d’estale, aussi haute et belle que les gratte-ciels de New-York. Pourquoi et comment se souvenir de moments aussi précis ? 

J’ai littéralement vécu la faim à la deux cent trente-huitième page. Une boule au ventre angoissante, rapide, et douloureuse. Mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? Bousculée par mes souvenirs et retraçant en parallèle ces étapes de ma vie…

“Aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours crevé de faim. (…). Par faim, j’entends le manque effroyable de l’être entier, ce vide tenaillant, cette aspiration tant à l’utopique plénitude qu’à la simple réalité : là où il n’y a rien, j’implore qu’il y ait quelque-chose ».

Plus que jamais, j’ai ressenti l’envie de prendre l’air par cette fin inattendue.  

Je recommande ce livre pour celles et ceux qui apprécient le vin rouge épicé et les livres enivrants et simples. 

Ce que j’ai apprécié

  • Ne pas tout comprendre 
  • La facilité de la lecture si bien que j’ai cru qu’il n’y avait qu’une seule et unique phrase tout du long 
  • Le sentiment de malaise inattendu 

Ce que j’ai moins apprécié

  • Certains détails manquants à certains passages du récit

 

 

L’avez-vous lu ? Si oui, qu’en pensez-vous?  
Fais-moi découvrir l’endroit où tu as dégusté le meilleur vin rouge de ta life ! 

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