Un meurtre étrange

Je lis des auto éditéslogo-dL’étrange affaire Laprades, de l’auteur Jean Jolly, 246 pages officielles, auto-édité en décembre 2018. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon.

 

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Les faits : Qualifiés « d’étranges ». Étrange n.m. : caractère de ce qui est étrange, qui sort des normes. Étrange adj. : qui frappe par son caractère singulier, insolite, surprenant, bizarre. Un avocat anxieux, un industriel arrogant, une épouse infidèle, une adolescente arrogante et passionnée, des policiers équivoques, un commissaire célèbre mais trop discret, un détective désinvolte mais efficace, un antiquaire de renom mal à l’aise, un expert mondain fasciné par l’argent et les femmes, un étudiant en médecine mêlé à un trafic douteux, une concierge aigrie et prétentieuse, un avocat général féroce et borné, des truands dangereux… Un meurtre.

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Dans l’ensemble, j’ai aimé l’histoire et l’enquête où le suspense est marqué. Cependant, même si la plume de l’auteur est fluide, je regrette le manque de descriptions et de précisions notamment pour les personnages et les lieux. Je tiens à préciser que malgré tout, cette histoire se lit très facilement. L’intrigue de l’enquête policière nous est amenée de façon logique et à ce que le lecteur puisse douter et s’interroger sur le ou les coupables. Une tension se créée via l’attente de la révélation finale. Certaines phrases comportent des coquilles mais ces dernières ne sont pas nombreuses. Les chapitres sont courts alternant action, suspense et, description.

La couverture de ce roman me fait penser à un classeur comme on pourrait trouver dans un bureau d’avocat. Le rouge pouvant symboliser la passion (car il s’agit également d’une histoire d’amour dans ce roman), mais également la vengeance, le sang.

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Un policier classique au doux goût du poireau et des tagliatelles aux œufs.

La rivalité entre la mère et la fille Laprades est sous-entendue et pousse le lecteur à s’interroger sur la relation qu’entretienne ces deux femmes. Une notion de vengeance est vaguement présente à l’esprit du lecteur et pourrait servir de motif au meurtre…

Les personnages sont nombreux mais interviennent chacun à leur tour, ce qui évite au lecteur de les confondre. Je n’ai pas été perdue durant ma lecture. Leurs profils sont intéressants mais manquent parfois de ce petit « punch » qui les rendrait davantage attrayants et profonds. Par exemple, j’aimerai que l’accusé Laprades, puisse avoir une personnalité plus affirmée encore qu’une simple façade froide. De plus, j’aurai aimé que ce dernier soit davantage présent durant le déroulement de l’histoire étant donné qu’il est accusé de meurtre. Il me manque ses réactions.

Ce que j’ai le plus apprécié est le duo avocat-détective. L’alliance de la justice et de l’enquête privée apporte à l’histoire un certain dynamisme qui ne se refuse pas. Les méthodes peu orthodoxes du détective dénotent avec celles plus cadrées de l’avocat en charge de l’affaire Laprades. Cette complémentarité basée sur une opposition est fortement bien trouvée et travaillée ici. Mystère et amusement sont donc au rendez-vous.

Du fait que le contexte de l’histoire place les personnages dans un milieu aisé, je note alors un enjeu derrière cette enquête qui pointe du doigt l’ambiguïté de faire front à des personnes haut placées et leurs stratagèmes pour faire apparaître et disparaître des preuves. De plus, elles ont un pouvoir supérieur aux autres, ce qui oblige l’opposition à doubler de précaution ainsi que de prudence. Optimisation et irréprochabilité doivent être de rigueur.

Ce roman montre également la difficulté de mener à bien une enquête tant le champ d’investigation est vaste et qu’il implique beaucoup de personnes. Chaque hypothèse doit être vérifiée, infirmée ou validée. Toutes les personnes impliquées peuvent représenter le coupable idéal. L’auteur aime jouer avec le lecteur et l’emporter vers de fausses directions, ce qui en fait un bon policier classique. Nous ne sommes pas ici dans un polar noir. Des indices sont récoltés au fur et à mesure de l’enquête mais, je doute sur la validité de certains dans la vie réelle car trouvés parfois de façon illégales.

Beaucoup de duos se font face dans ce roman ce qui pourrait signifier une forme de confrontation mais aussi, un combat ou une opposition entre le bien et le mal, la vie et la mort ou encore, entre la justice et le crime. Ainsi, j’aime le binôme avocat-juge d’instruction mais également celui de la mère et de la fille Laprades.

Le hasard ? Il faut savoir l’aider pour qu’il soit favorable.

Le mot de Jean
Intéressé par les nouvelles technologies, j’avais relevé avec confiance et enthousiasme le défi de l’édition numérique en présentant un premier roman policier – « L’étrange affaire Laprades » – à Amazon.
Agréablement surpris et flatté par les critiques élogieuses de nombreux chroniqueurs, j’ai cru naïvement que la partie était gagnée.
En fait, ma vocation tardive pour le roman policier fut rapidement déçue et contrariée. Elle s’est heurtée à une dure réalité : le crime paie encore moins dans l’édition numérique en plein essor que dans l’édition traditionnelle en perdition.

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L’addition, s’il vous plaît

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Je remercie l’auteur de mettre en avant la difficulté de se faire publier en maison d’éditions classique. L’ère du numérique n’est pas sans déplaire mais n’est pas gagnant à coup sûr non plus.