Quatre paragraphes qui changent tout…

58589416_1207921149366060_4328144565446901760_n

C’est une chronique particulière pour moi car il s’agit d’une collaboration entre une merveilleuse rencontre, l’autrice Virginie Vanos et le talentueux photographe, Marc Naesen. Comme je vous en avais parlé sur les réseaux sociaux, j’ai participé à l’élaboration de la couverture de ce livre ! Mais où est-elle ? > Vous voyez le bras qui enlace la femme en blanc ? Et bien c’est le mien ! (qui a dit qu’il fallait faire la couverture de Vogue pour être reconnu ? lol).


Ce fut une expérience juste magique en très bonnes compagnies, qui se concrétise par l’écriture de ma chronique gourmande, qui je l’espère, vous plaira, autant que j’ai pris plaisir à lire Negombo.

BarreSeparation

Je lis des auto éditéslogo-d! SP !  Negombo, de l’autrice Virginie Vanos, 91 pages officielles, auto-publié en juin 2019. Son roman (et tous les autres) sont disponibles en versions brochée et électronique sur les sites de la Fnac et d’Amazon.

BarreSeparation

Récit du voyage : Jenny est une femme de 32 ans, et a une belle situation. Si lisse, qu’elle lui aspire toute énergie et l’enlise dans les tréfonds de l’angoisse et de l’ennui.
Après son divorce plutôt tumultueux dont elle garde des séquelles psychologiques et physiques, elle part vivre au Sri Lanka, terre promise, où elle fera la rencontre de plusieurs personnes.
Un récit de voyage ? Pas seulement. Un roman d’amour et d’amitié ? C’est bien plus que cela. Découvrez comment une autrice devient actrice de sa propre vie…

BarreSeparation

Comme le résumé de la quatrième de couverture l’indique, nous partons pour le Sri Lanka. Mais avant, j’aimerai m’attarder sur la mélancolie que j’ai ressenti au début de ma lecture. J’y découvre Jenny, une femme dont l’apparence et la situation semblent plaire au plus grand nombre, mais qui apparaît au lecteur comme vidée de toutes émotions. Devenue léthargique à cause d’un mariage qui ne lui réussit pas, la jeune femme, pourtant si ambitieuse et mordant auparavant la vie à pleine dent, voit son moral perdre le feu qui lui impulsait autre fois, la joie de vivre.

La manière dont l’autrice nous entraîne dans ce tourbillon d’angoisse, de pression, de laisser-aller, m’interpelle profondément. Je ne peux m’empêcher de penser à toutes ces personnes qui vivent la même chose (ou presque) et qui se demandent s’ils ont encore un avenir. Comment garder une image positive de soi lorsque tout vous semble perdu d’avance ? Comment réagir à la violence physique et psychologique que l’on vous lance et qui percutent votre cœur et votre estime de vous, tel un poignard bien aiguisé ?

En quoi le fait d’être une divorcée de 32 ans faisait-il de moi une femme à abattre ?

Parce-que partir semble être la seule échappatoire, son avenir, Jenny le vivra à Negombo, loin d’un environnement devenu toxique et anxiogène. Je me demande si le manque de soutien pousse à la fuite ? Mais est-ce simple de tout quitter et de repartir de zéro ? Comment en avoir le courage ?
Ce qui pousse Jenny à la fuite est donc le harcèlement qu’elle subie, suite à son divorce. Un thème fort, qui peut avoir de lourdes conséquences sur l’identité d’une personne, comme nous le montre l’autrice à travers ce roman.

Moi qui d’un ordinaire réticente à découvrir davantage ce pays, je fus surprise d’y découvrir à travers la plume poétique et sensible de l’autrice, des paysages à couper le souffle. Mon rythme cardiaque s’accélérant et s’émerveillant, je rencontre à travers les yeux de Jenny, plusieurs personnes, qui chacune à leur façon vont poser une pierre à l’édifice de la reconstruction identitaire de Jenny.
Je souligne sa complicité d’avec son éditeur avec qui elle noue de fortes relations amicales. J’apprécie sa patience, son professionnalisme et son soutien à toute épreuve.

Très vite, je me prends d’affection pour la protagoniste principale. Son détachement de la vie la pousse de façon paradoxale à se révéler être une jeune femme dynamique et ambitieuse, qui se donne les moyens de remonter la pente, pas à pas, malgré avoir vécu pendant quatre longues années sous silence et mit ses ressentis au placard.

Mais que serait un récit de voyage si l’amour n’y pointait pas le bout de son nez ? C’est ainsi que nous faisons la connaissance d’Asanka, un jeune sri-lankais, dévoué, amoureux mais un tantinet possessif. Comment concilier alors, amour, confiance et indépendance ?

Les chapitres sont court et saisissants. Ils nous entraînent dans un voyage passionnant où les questionnements rythment nos ressentis, comme des respirations saccadées.
Un rappel aux différences culturelles et sociales vient en toile de fond, nourrir le voyage de Jenny, la poussant à affronter ses peurs.

L’autrice nous plonge à travers Negombo, dans une ambiance sombre, émotive, charnelle et pleine de compassion et de peur. La plume de l’autrice se veut étonnante, honnête et grave. Je ressens comme une invitation à la confidence qui me plaît beaucoup. On baisse les masques pour découvrir une histoire vraie, authentique. Je suis démesurément fière d’avoir participé à la couverture d’un livre aussi bouleversant et majestueusement écrit. Quand on y regarde de plus près, on se rend compte qu’une image parle beaucoup. Ici nous sommes à moitié dans le flou et à moitié sûr de nos mots, de nos ressentis. Si je devais émettre un seul petit bémol, ce serait le manque de peaufinement au niveau de la mise en page de l’ouvrage.

Si ma lecture pouvait se résumer en une image ce serait celle-ci sans hésiter !

67381638_370514456987073_8410657103672246272_n.jpg

Comme un avant-goût de la beauté de Negombo… Une coupe à la vanille et à la pomme accompagnée de son shot de péket au citron ! Merci Louis !

Le mot de Virginie
Jenny est comme mes autres personnages, un énième alter ego. Ce roman fut aussi dur à écrire pour moi que Le Spectateur, tant il m’est intime, personnel et profond. Mais pour rien au monde, je n’aurais reculé devant cette épreuve d’auteure que je me suis sciemment infligée.

BarreSeparation

L’addition, s’il vous plaît

Negombo - Virginie Vanos.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Qui êtes-vous ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Un immense merci à Virginie pour m’avoir fait découvrir son dernier roman et de m’avoir inclue dans la concrétisation de sa page de couverture ! J’en garde un souvenir impérissable ! <3.

Un meurtre étrange

Je lis des auto éditéslogo-dL’étrange affaire Laprades, de l’auteur Jean Jolly, 246 pages officielles, auto-édité en décembre 2018. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon.

 

BarreSeparation

Les faits : Qualifiés « d’étranges ». Étrange n.m. : caractère de ce qui est étrange, qui sort des normes. Étrange adj. : qui frappe par son caractère singulier, insolite, surprenant, bizarre. Un avocat anxieux, un industriel arrogant, une épouse infidèle, une adolescente arrogante et passionnée, des policiers équivoques, un commissaire célèbre mais trop discret, un détective désinvolte mais efficace, un antiquaire de renom mal à l’aise, un expert mondain fasciné par l’argent et les femmes, un étudiant en médecine mêlé à un trafic douteux, une concierge aigrie et prétentieuse, un avocat général féroce et borné, des truands dangereux… Un meurtre.

BarreSeparation

Dans l’ensemble, j’ai aimé l’histoire et l’enquête où le suspense est marqué. Cependant, même si la plume de l’auteur est fluide, je regrette le manque de descriptions et de précisions notamment pour les personnages et les lieux. Je tiens à préciser que malgré tout, cette histoire se lit très facilement. L’intrigue de l’enquête policière nous est amenée de façon logique et à ce que le lecteur puisse douter et s’interroger sur le ou les coupables. Une tension se créée via l’attente de la révélation finale. Certaines phrases comportent des coquilles mais ces dernières ne sont pas nombreuses. Les chapitres sont courts alternant action, suspense et, description.

La couverture de ce roman me fait penser à un classeur comme on pourrait trouver dans un bureau d’avocat. Le rouge pouvant symboliser la passion (car il s’agit également d’une histoire d’amour dans ce roman), mais également la vengeance, le sang.

L'étrange affaire Laprades - Jean JOLLY.jpg

Un policier classique au doux goût du poireau et des tagliatelles aux œufs.

La rivalité entre la mère et la fille Laprades est sous-entendue et pousse le lecteur à s’interroger sur la relation qu’entretienne ces deux femmes. Une notion de vengeance est vaguement présente à l’esprit du lecteur et pourrait servir de motif au meurtre…

Les personnages sont nombreux mais interviennent chacun à leur tour, ce qui évite au lecteur de les confondre. Je n’ai pas été perdue durant ma lecture. Leurs profils sont intéressants mais manquent parfois de ce petit « punch » qui les rendrait davantage attrayants et profonds. Par exemple, j’aimerai que l’accusé Laprades, puisse avoir une personnalité plus affirmée encore qu’une simple façade froide. De plus, j’aurai aimé que ce dernier soit davantage présent durant le déroulement de l’histoire étant donné qu’il est accusé de meurtre. Il me manque ses réactions.

Ce que j’ai le plus apprécié est le duo avocat-détective. L’alliance de la justice et de l’enquête privée apporte à l’histoire un certain dynamisme qui ne se refuse pas. Les méthodes peu orthodoxes du détective dénotent avec celles plus cadrées de l’avocat en charge de l’affaire Laprades. Cette complémentarité basée sur une opposition est fortement bien trouvée et travaillée ici. Mystère et amusement sont donc au rendez-vous.

Du fait que le contexte de l’histoire place les personnages dans un milieu aisé, je note alors un enjeu derrière cette enquête qui pointe du doigt l’ambiguïté de faire front à des personnes haut placées et leurs stratagèmes pour faire apparaître et disparaître des preuves. De plus, elles ont un pouvoir supérieur aux autres, ce qui oblige l’opposition à doubler de précaution ainsi que de prudence. Optimisation et irréprochabilité doivent être de rigueur.

Ce roman montre également la difficulté de mener à bien une enquête tant le champ d’investigation est vaste et qu’il implique beaucoup de personnes. Chaque hypothèse doit être vérifiée, infirmée ou validée. Toutes les personnes impliquées peuvent représenter le coupable idéal. L’auteur aime jouer avec le lecteur et l’emporter vers de fausses directions, ce qui en fait un bon policier classique. Nous ne sommes pas ici dans un polar noir. Des indices sont récoltés au fur et à mesure de l’enquête mais, je doute sur la validité de certains dans la vie réelle car trouvés parfois de façon illégales.

Beaucoup de duos se font face dans ce roman ce qui pourrait signifier une forme de confrontation mais aussi, un combat ou une opposition entre le bien et le mal, la vie et la mort ou encore, entre la justice et le crime. Ainsi, j’aime le binôme avocat-juge d’instruction mais également celui de la mère et de la fille Laprades.

Le hasard ? Il faut savoir l’aider pour qu’il soit favorable.

Le mot de Jean
Intéressé par les nouvelles technologies, j’avais relevé avec confiance et enthousiasme le défi de l’édition numérique en présentant un premier roman policier – « L’étrange affaire Laprades » – à Amazon.
Agréablement surpris et flatté par les critiques élogieuses de nombreux chroniqueurs, j’ai cru naïvement que la partie était gagnée.
En fait, ma vocation tardive pour le roman policier fut rapidement déçue et contrariée. Elle s’est heurtée à une dure réalité : le crime paie encore moins dans l’édition numérique en plein essor que dans l’édition traditionnelle en perdition.

BarreSeparation

L’addition, s’il vous plaît

L'étrange affaire Laprades - jean Jolly.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Que pensez-vous de cette dualité ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’auteur de mettre en avant la difficulté de se faire publier en maison d’éditions classique. L’ère du numérique n’est pas sans déplaire mais n’est pas gagnant à coup sûr non plus.