Mémoire – Technologie – Sécurité

Je lis des auto éditéslogo-dCiao Bella, la vie l’emportera, de l’autrice Mélinda SCHILGE, 200 pages officielles, auto-édité en janvier 2019. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon. Je vous conseille d’aller faire un tour sur son blog en cliquant juste . De très bons conseils d’écriture s’y trouvent ainsi que l’actualité de l’autrice et de ses romans.

BarreSeparation

Projet n°145-547B : Une technologie à la pointe, un projet d’envergure, un ingénieur de talent mais un ennemi : le passé. Partagé entre son métier et les dérives possibles des drones, Benjamin, ingénieur, va tenter le tout pour le tout. Parviendra-t-il à recouvrer l’envie de se battre ? En aura-t-il les moyens ? Sera-t-il de taille face à l’ambition démesurée des Français, et à la détermination de Khan à la rancœur tenace ?

BarreSeparation

Pourquoi tu n’y retournes pas ? questionna innocemment Stella.
Benjamin ne répondit pas.

A cet endroit s’arrêtait ses rêves. (…)

Et lui, l’ingénieur, il avait gardé le silence.

La peur.

La honte.

Le silence est d’or quand il s’agit d’argent et offre une tension au roman. C’est la première chose qui me saute aux yeux à la lecture et me plonge dans l’univers très sélect et impitoyable de Buleo. Agence qui prône les avancées technologiques à la pointe du réel. Elle reste cependant dépendante de l’intérêt financier d’hommes de pouvoir. Oubliant la notion de sécurité, chaque employé œuvre à la mise en route trop rapide, de nouveaux drones, permettant des prises de mesure sur le terrain et, la surveillance des citoyens.
Nous découvrons ainsi Tanya, chargée de communication du groupe. Une femme exigeante à l’allure sévère et aux décisions tranchées. Elle fait face à Benjamin, un ingénieur globe-trotteur, missionné pour mener à terme un projet de drones autonomes. Seulement, telle une conscience zappée, il est apparemment le seul à avoir peur des dérives possibles de ces engins et tentera de le signifier aux puissants dirigeants, pantins exécutants des ordres. Marque du passé ? Pour appuyer ses propos de manière subtile, l’autrice place le mot « mouton ». Je pense qu’il ne s’agit pas d’un hasard si elle utilise ce mot lourd de sens et parfaitement choisi.  Le symbole des suiveurs est ainsi introduit , et permet une réflexion pour le lecteur quant à la conscience et aux sens de nos actions.

J’ai vraiment aimé l’audace de Benjamin, son côté stratège et sensible. Il lui reste des valeurs malgré un passé dévastateur qui le ronge de l’intérieur. Il tente de s’appuyer sur des alliés même si cela lui coûte beaucoup. Quelques-uns lui sont encore fidèles. Le fait que Benjamin ait un secret que seuls les lecteurs connaissent est une bonne idée. J’ai ainsi l’impression de faire partie de son camp, m’en faisant un allié de taille.
En parallèle, nous apprenons au fur et à mesure, des brides de son passé, dont le suicide de sa tante. Est-ce uniquement parce qu’elle était homosexuelle ? Nous pouvons nous poser la question étant donné le contexte de l’action qui se situe sur les terres musulmanes. Nous connaissons tous les controverses qu’il peut exister dans certaines parties de l’Afghanistan. Alors, lorsqu’il doit faire face à des mésententes et des tensions concernant le nouveau projet dont il est à la tête, son passé resurgit nous montrant ainsi la puissance de la mémoire. Tant que nous n’avons pas fait la paix avec ce dernier, il nous est presque impossible d’avancer. Tel un château de Mikado, tout peut s’écrouler du jour au lendemain : nos espoirs, notre confiance.

Ciao Bella, la vie l'emportera - Mélinda SCHILGE.jpg

Un roman contemporain pour nous sensibiliser à la notion de sécurité et de contrôle. Cela vaut bien un Mikado au chocolat noir, n’est-ce pas ?

L’autrice évoque également la difficulté de quitter sa terre natale, d’où le puzzle que représente la vie de Benjamin. Ayant moi-même migré, je ne peux que confirmer la peur de l’inconnu qui se mêle à la tristesse de quitter un bout de soi. La désillusion pour certains n’est que le reflet d’un profond désarroi quotidien se traduisant parfois par des formes de discrimination, une fois installé ailleurs. C’est le cas pour deux personnages que nous suivons en arrière-plan : Mahdi et Asima. Des morceaux de destins croisés qu’il nous faudra comprendre et assembler pour déterminer les réelles intentions de Benjamin à être contre ce projet de drones autonomes.

Le sujet central de ce roman est donc la surveillance, par les drones, d’une population exclue de la compréhension totale de ce projet. Les décisions se prennent-elles toujours de façon tyranniques ? Où se situe la démocratie en politique ? Être surveillés constamment, ne reviendrait-il pas à se forcer à montrer une image de soi qui soit toujours propre, sans bavure ?
Cette forme d’esclavagisme est contrastée avec le personnage de Stella, une enfant douce et pleine de vie. Je pense que son rôle est d’apporter à l’histoire un peu de légèreté. Elle pourrait alors représenter l’innocence face à un projet terroriste qui consiste à piétiner la liberté des citoyens. Benjamin et Stella se battent tous les deux contre la vie finalement. Une lutte pour se tenir droite et l’autre pour ne pas (re)tomber. Je trouve ce symbole très poétique et beau. De plus, j’aime l’idée que Benjamin ne sache pas où se trouve sa place, ni quel rôle il peut jouer finalement. Il tente d’apporter son aide en protégeant un secret qui le ronge de l’intérieur, comme s’il tentait en vain de rassembler des parts de lui-même, éparpillées au gré de ses voyages à travers le monde. J’assiste à la mise à nue du doute.

Ce roman parle enfin de justice. Il peut être vu comme un enseignement à la patience et au triomphe de l’espoir sur le noir. Même si l’histoire ne me transporte pas plus que cela, nous sentons à la lecture que l’autrice a su mener à bien des recherches pour nous expliquer avec facilité, une technologies aussi complexes, sans transformer son roman en documentaire scientifique. De plus, elle nous permet de réfléchir quant aux avancées technologiques qui règlent nos vies et parfois la détériorent. J’ai éprouvé un peu de mal à suivre tous les personnages mis en scène. Néanmoins, le sujet est interpellant et peut en intéresser plus d’un.

Le mot de Mélinda
Mon aventure d’écrivaine est portée par une envie de découvrir ; dans ce livre, j’ai exploré le monde des drones, objets controversés, agissant pour le meilleur et pour le pire. Ils m’ont emmenée en Afghanistan, dont on peut parcourir des images et des témoignages magnifiques ; on y trouve aussi une violence extrême, qui se mêle à d’autres dans mon roman : au départ, il devait s’intituler ‘Dans trois ans, ma mère s’est tuée’.
Heureusement, un collègue m’a poussé à lever les yeux au ciel, mon roman s’est lancé vers d’autres horizons, à la limite de l’anticipation.Benjamin, notre ingénieur globe-trotter aux prises à des interrogations contemporaines, se bat certes contre un marasme personnel… mais aussi contre le danger d’un projet pharaonique mal maîtrisé qui pourraient conduire à des conséquences désastreuses.

BarreSeparation

L’addition, s’il vous plaît

Ciao Bella, la vie l'emportera - Mélinda SCHILGE

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Que pensez-vous de cette technologie ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’autrice pour m’avoir proposé son roman car, je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de livre.

Deaf : le livre OVNI de la fiction qui respire

Je lis des auto éditéslogo-dDeaf, tome 3, de l’auteur Joseph KOCHMANN,  306 pages officielles, auto-édité en 2018. Disponible en version numérique sur Amzon.

BarreSeparation

Résumé : Une pièce de théâtre qui tourne mal, des créatures mystérieuses et squelettiques, un Roi sourd. Autant d’ingrédients vous attendent dans les aventures de quatre personnages principaux : Manon Dauphin, combattante courageuse, Camille, artiste, Edward, un fan de livres et Eric, un fermier pas si branché agriculture. Parviendront-ils à survivre à ce monde étrange et ainsi mettre un terme à leurs sordides histoires ?

BarreSeparation

Alors oui, j’ai dû m’adapter au style de l’auteur. Je me suis demandé durant ma lecture si c’est moi qui ne comprenais plus rien ou si l’auteur se jouait de mon intelligence. Je n’ai eu ma réponse qu’à partir de la page 200. C’est juste brillant ! Je suis tombée des nues quand j’ai enfin compris que ce qu’il m’arrivait était décemment voulu par l’auteur. Je crois bien ne jamais avoir été autant baladée par des mots, des émotions contraires et paradoxales.

C’est ça que j’ai compris : on utilise notre ressenti pour parler de choses plus larges.

Je veux utiliser mes émotions pour parler de quelque chose qui touche tout le monde, quelque chose de puissant.

Deaf - Joseph KOCHMANN.png

Une Dark fantasy qu’il vous faudra affronter avec un délicieux verre à café (oui, c’est tordu, comme ce 3e tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise) de Péket à la pomme. Santé !

J’ai tenté, comme beaucoup je suppose, de contrôler ma lecture, à tort. C’est-à-dire que j’ai essayé d’analyser (comme je fais toujours) chaque mot, chaque phrase. J’ai voulu trouver des liens, des réponses, en vain. Et c’est ce que je trouve brillant : je n’ai rien compris à ce livre jusqu’à la toute fin où la révélation finale m’a décroché un rictus nerveux et un rire incontrôlé. C’est ce qui peut vous attendre, si vous entreprenez la lecture du troisième tome de – La Trilogie des Singes de la Bêtise -. Rien que le nom de cette dernière vous met dans un contexte atypique, trash mais également sensible et sincère. Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver perdus pendant votre lecture mais d’adorer ça ? Réveillez le psychopathe qui sommeille en vous !

Parce-qu’au delà d’un univers fantastique violent et noir, qui peut sembler décousu, il y a des thèmes très forts derrière ce livre. Je trouve que l’auteur traduit à sa sauce une sorte de dissertation philosophique avec en introduction : un décor où un Roi sourd, Deaf, est à la tête de la ville de Dantry. Il y décrit les habitants impuissants, meurtris, sous le règne d’un tyran qui aime le sang, le contrôle et, le pouvoir. Un sous-entendu politique qui nous pousse à nous interroger (en ce temps d’élection) sur la face cachée d’une gouvernance démocratique qui serait peut-être à sens unique… J’ai réussi à percevoir une forme de soumission à adhérer à des idées qui contredisent des valeurs profondes. Mais également la discrimination subie par certain. J’ai beaucoup aimé l’image du mur, utilisée par l’auteur pour souligner cette frontière entre les membres du pouvoir et le peuple.

En thèse, nous avons le thème de l’amour qui vient titiller nos propres ressentis et émotions. Le personnage de Camille est juste parfait dans le rôle de celle qui a un cœur sombre, dépressif et une sensibilité comme nul autre. C’est le personnage auquel je me suis le plus attaché. Déjà parce qu’elle écrit mais également parce qu’elle sait voir au-delà des apparences, un peu comme si elle parvenait à lire dans les cœurs des personnes qu’elle rencontre. Sa pièce de théâtre, bien qu’elle fût un fiasco total, sait pourtant permettre au lecteur de s’attacher à sa vision du monde où l’amour est à la fois salvateur et destructeur. L’amitié y tient une grande place. Jouer avec les sentiments des autres, user de manipulation pour parvenir à toucher l’autre sont autant de ressources et de souffrance que nous retrouvons dans la vie quotidienne. Des thèmes en contradiction avec un monde rose auquel on s’attend. Des tragédies venant clôturer le spectacle de ceux qui se risquent à aimer un peu trop. La difficulté d’aimer est donc abordée ainsi que celle de gérer ses sentiments. Le jugement et la critique sont pointer du doigt : comment comprendre ce qui arrive à l’autre si nous ne traversons pas nous-même une telle situation ? Peut-on simplement compter sur l’empathie ?

En anti-thèse, nous retrouvons des actions qui s’enchaînent, parfois avec des rebondissements imprévisibles, des fins brutales et qui ne font pas sens pour moi. Du moins, pas tout de suite. L’auteur y développe des personnages hors du commun mais aux personnalités qui elles, sont bien réelles : altruiste, sincère, vaillant, cruel, manipulateur. Je note que l’auteur aime jouer avec les cinq sens et les utiliser pour mener à bien son intrigue. Une introduction qui nourrit l’histoire et les personnages mis en scène, chacun à tour de rôle. De plus, l’apparition des créatures hybrides mettant à mal la progression des personnages, pourrait représenter la mort de nos envies et de nos projets, l’amertume de l’amour à sens unique, la rancœur éprouvée vis-à-vis de ceux qui ne nous comprennent pas et le stress d’un quotidien trop lourd à porter. En un mot ? Pression. Je trouve que ce symbole est fort de par les sens multiples qu’il offre à chaque lecteur.

En conclusion, j’ai vraiment adoré être malmenée par l’auteur qui instaure un climat décousu, des morts cruelles, agressives et chocs. Ce que je trouve génial, c’est que ce climat de tension et d’incompréhension permanentes qui nous embarque dans une réflexion autour de l’amour, la mort, la haine et le contrôle. L’auteur a su mettre en avant sa capacité à nous retourner le cerveau, jouer avec nos émotions, nous faire douter de notre propre intelligence et finir par nous révéler la supercherie qui n’est rien d’autre que la dissertation sur un thème que nous aimons tous : l’Amour. Merci. N’y aurait-il pas une pointe autobiographique dans ce troisième tome ? La fin en tout cas, en surprendra plus d’un et m’a fait écho aux livres cultes de J.L. STINE, Chair de Poule. Si vous lisez Deaf, vous comprendrez pourquoi. Je n’ajouterai que trois mots : Gloire à l’œil !

 

Le mot de Joseph
Merci beaucoup à Alexandra pour son retour sur le dernier tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise.
C’est une grande aventure en trois actes, chacun pouvant être découvert indépendamment, à travers des univers très différents et pourtant tous liés par leurs personnages, leurs secrets et leur violence.
Il m’a fallu dix ans pour terminer cette saga développant des thèmes qui me tiennent très à cœur, notamment la mort, la justice, la créativité, et, surtout l’amour.
J’espère vraiment que vous aimerez Mute, Blind et Deaf autant que j’ai aimé les écrire.

BarreSeparation

L’addition, s’il vous plaît

Deaf, tome 3 - Joseph KOCHMANN.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous philosophiquement barré ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Merci à l’auteur pour sa disponibilité, sa simplicité et son univers atypique.

La métamorphose au service de la bravoure

Je lis des auto éditéslogo-dlabel wibibook

 

 

 

La Fille Faucon, de l’autrice Martine BATICLE (autrice auto-éditée du label Wibibook), 337 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon, publié en mars 2018.

Résumé : Camille, une jeune adolescente au pouvoir surprenant de métamorphose va vivre un périple surprenant et croiser sur sa route, des brigands qui n’ont pas peur de tuer. La jeune fille, séparée de son frère à la naissance, va devoir user de toutes les ruses pour leur échapper. Y arrivera-t-elle ?

BarreSeparation

Quelques pages après avoir commencé ma lecture, j’énonce la formule suivante :

Horus, Falcon Dei, dominum, me siscipit. Luro ministrae propter iustitiam.

Dieu Faucon, accueille-moi. Je jure de toujours servir la cause de la justice.

J’aime beaucoup d’entrée de jeu, le côté mystique, incantation qui se dégage de ce livre. L’année concorde parfaitement avec ce type de pratique, ce qui rend cette action crédible. De plus, j’adore ce côté « magique » qui apporte à l’histoire un côté mystérieux. Je déduis qu’il sera question de justice dans ce livre. Je me demande alors si cette justice tendra vers le bien ou vers le mal ?
Puis, très vite, je n’ai pas le temps de me questionner davantage. Se déroule un combat. Une scène d’action bien menée qui permet parallèlement de mettre en scène et de porter à la connaissance du public, plusieurs personnages dont l’héroïne : Camille, à ce moment-ci, bébé. Une brutale séparation d’avec ses parents et son frère jumeau, Thomas, s’ensuit.

A l’adolescence, j’apprends qu’un secret lie Camille à sa nourrice qui l’a protégée pendant de nombreuses années. Le mystère continue donc. J’aime beaucoup l’entrée en matière du don de métamorphose dont est capable Camille. La symbolique de l’envol de la jeune fille me fait penser à une quête de liberté souhaitée : voler de ses propres ailes. De plus, j’ai retrouvé les facultés du faucon à travers le personnage de Camille, ce qui est fort appréciable tant la connexion entre son animal totem et elle est complémentaire. La symbolique du mot « vol » est, en plus du sens premier qui est « liberté, prendre son envol », est également travaillée sous le sens de « voler, chaparder ». Lorsque Camille devra apprendre à voler les autres, elle sera alors confrontée à la valeur de la justice qu’elle défend depuis toujours. Arrivera-t-elle à tenir sa promesse de départ : servir toujours la justice ?

La fille Faucon - Martine BATICLE

Tavernier ! Une Redoutable pour accompagner mon roman d’anticipation !

Bravo à l’autrice dont je trouve le style poétique avec un soupçon de magie. Ses mots sont choisis avec justesse. Le suspense est présent du début à la fin. Les actions s’enchaînent sans grand temps mort, ce que j’apprécie beaucoup. Ma lecture est donc rapide et fluide. J’aime le fait qu’il n’y ait pas de description inutile mais qui sert, au contraire, à la logique du déroulement de l’histoire. Malgré que j’aurais aimé un peu plus de description lors de la métamorphose, je ne reste pas sur ma faim car, chacune d’entre elles est décrites avec différents mots, ce qui évite une redondance qui pourrait être ennuyante ou de l’ordre du « déjà vu ».

J’apprécie l’abord du jumelage humain mais surtout le flou créé volontairement par l’autrice avec la notion d’apparence. A la fois homme, femme, animale. Ce flou se retrouve lorsque Camille s’habillera en garçon lors de son périple pour retrouver son frère. Ce mélange des genres appelle selon moi, une réflexion quant au regard que l’on pose sur le physique. Une scène où les passants n’osent s’interposer entre un brigand et Camille (avec l’apparence d’une fille) est flagrante de sincérité car c’est ce que l’on peut observer de nos jours. Ce côté machiste non révolu est bien mis en action. Est-ce uniquement un moyen de se reconnaître ? Serait-ce également une manière de se distinguer ? Passer d’un sexe à l’autre permet je trouve de mettre en lumière les avantages et les inconvénients de chacun d’entre eux.
Petit bémol : Camille est décrite comme ayant les cheveux noirs, j’aurai apprécié que la couverture du livre puisse respecter ce point.

Ce thème de l’apparence est complété avec celui de la confiance, de la peur de l’inconnu et du courage. Du courage, il en faudra à Camille. Sa ruse et son audace lui permettront de s’extirper de dangereuses situations. Tout du long de ma lecture demeure le suspense de savoir si Thomas est encore en vie,et si oui, ce qu’il est devenu et si Camille arrivera à le retrouver. Car Camille est une jeune fille forte, stratège, réfléchi et brave, ce qui en fait un personnage attachant et crédible. La précision du faucon s’allie parfaitement avec son fort caractère et sa détermination à retrouver son frère.
La confiance en autrui sera aussi primordiale dans ces ruelles où brigands et gens honnêtes se côtoient tant bien que mal. Vers qui se tourner pour avancer ? Cette confiance est décrite par l’autrice qui utilise la symbolique de la « main » qui arrache ou réconforte, tue ou protège.

Ce roman traite également de la lutte des classes entre les nobles et les paysans et, des différences sociales qu’il existe encore aujourd’hui. J’ai relevé beaucoup d’oppositions de pouvoir dans ce livre que je trouve bien introduites et mises en scène. Elles peuvent souligner l’acquisition douloureuse d’une place de leader au sein d’un groupe mettant en relief ses côtés positifs et négatifs de ce rôle.

J’ai vraiment aimé ma lecture qui soulève beaucoup de points de réflexion intéressants. Wow ! Quel rebondissement de dernière minute !

Le mot de Martine
Un auteur écrit pour son plaisir et quand il en procure à ses lecteurs, c’est sa meilleure récompense : leur offrir le pouvoir de rêver, s’évader en se libérant des contraintes du monde réel, le temps d’une aventure…
Toutefois, sans être une féministe militante, j’ai voulu aussi montrer qu’une jeune fille pouvait réussi au sein d’un univers masculin parfois hostile.
Que mon héroïne se transforme en faucon peut être vu sous un angle allégorique. Il est possible de se surpasser, de surmonter ses faiblesses pour pouvoir atteindre un but même difficile. L’adversité peut donner des ailes !

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Aimeriez-vous vous transformer ? Si oui, en quoi ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’autrice de sa gentillesse et de son authenticité.