« Les chemins escarpés de la mémoire »*

*extrait de la dédicace de l’auteur dans mon exemplaire.

Je lis des auto édités

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La source S, de l’auteur Philippe RAXHON, 397 pages officielles, disponible en version brochée et électronique sur le site de Librinova mais aussi sur celui de la Fnac, paru en 2018.

Résumé d’une source anonyme : Le lien entre : plusieurs meurtres, un historien et une jeune chercheuse, ce qui lie : Paris, Rome ou encore Palerme, la réalité et la fiction ; s’avère n’être que la Source S. Mais qui ou quoi se cache derrière ?

BarreSeparation

Je commence ma lecture avec une citation de Sénèque. Je ne peux laisser échapper le fait que l’auteur ne l’ai pas choisie au hasard et que j’en découvrirai la raison au fil de ma lecture. Quelques pages prenantes plus loin, je commence à percevoir un début d’explication, ce qui me ravie. Pari gagné !

Les premiers chapitres sont justes addictifs si bien que pour m’arrêter de lire, je ne cède que lorsque mon corps me lâche et tombe de fatigue. L’auteur a su capter mon attention et ce dès le départ, c’est juste génial ! Ma curiosité ainsi titillée, je relève déjà qu’il a fait plusieurs recherches pour nourrir son ouvrage. Bon, il faut dire aussi qu’il travaille dans le milieu de la recherche en histoire^^. La façon dont me sont amenés les éléments, me laisse à penser qu’il s’agit d’une fiction mais qui va paradoxalement, au-delà d’une simple imagination.

J’ai l’agréable impression d’être présente à chaque scène, à chaque étape de la recherche avec Laura et François, deux historiens reliés par la traque d’une vérité historique.
J’ai beaucoup lu en avis, que ce roman est un remake du livre de Dan BROWN « Da Vinci Code », mais ce n’est pas mon impression. L’auteur se distingue non pas par les lieux, mais par une histoire inédite (bien plus prenante que celle que nous conte Dan BROWN, si vous voulez mon avis). Mais également par la façon dont il nous triture le cerveau avec des faits historiques et les mystères qu’il glisse au fil de son histoire, remettant sans cesse nos certitudes. Le lecteur devient le seul juge de sa vérité.

C’est vraiment le roman le plus complet historiquement mais aussi le plus ardu que j’ai lu pour le moment sur l’histoire de la naissance du Christ. L’image du téléphone arabe me vient en tête lorsqu’il s’agit de faire passer un message à son voisin, ici de conter et de faire voyager l’Histoire. Message déformé, sublimé ou tronqué, à vous de choisir car chacun est libre de sa propre interprétation. En effet, l’auteur nous emmène avec brio là où nous sommes prêts à aller et à remettre en questions nos croyances, nos certitudes et nos doutes. J’aime ce respect qu’il a de ne pas nous imposer sa vision des choses.

Je déduis, après la lecture de ce roman, que la mémoire peut alors signifier deux choses. La première est le fait de garder en tête, l’histoire de son héritage culturel et religieux. La deuxième pourrait se prêter davantage à l’action de « rendre hommage » en diffusant un message personnifié sur une entité religieuse. L’auteur mêle remarquablement bien ces deux visions historiques, pour nous livrer une cavale à couper le souffle, à travers le monde, jonchée de nombreux obstacles. Cette cavale signifie selon moi, qu’il faut parfois courir pour trouver la vérité et qu’elle n’est pas juste sous notre nez. La vérité n’est donc pas détenue à un endroit précis, mais un peu partout, car chacun possède une pièce du puzzle à construire.

J’aime beaucoup les deux personnages mis en scène. Il y a un vrai jeu de séduction entre les deux qui pourraient nous renvoyer à l’apprentissage de l’autre en douceur, outre son image plus professionnelle ou médiatique. Laura a un fort caractère mais aussi une passion dévorante pour l’histoire qu’elle entrevoit avec force et intelligence. J’aime l’image de sa peur de l’avion qui pourrait signifier la difficulté de s’attacher à un homme, de quitter ses peurs. Quant à François, il est attachant pour sa curiosité, son culot, ses relations professionnelles et surtout son coté épicurien. Entre deux escales, je me réserve le droit de me poser pour savourer mes délicieux croque-monsieur. Jugez plutôt …

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Un Sang qui s’accompagne de croque-monsieur à la bolognaise, au saumon et au jambon de parme. Rendez-vous chez Messieurs à Liège pour en déguster les saveurs. Demandez conseil à François ou Laura pour choisir votre vin !

Après m’être restaurer, l’image des deux historiens pourrait alors se confondre avec celle des voyageurs qui diffusent ces messages à travers le monde. Retracer des pans de l’histoire est une tâche très ardue qui mènera François et Laura à se faire des ennemis. En même temps, quand on touche à des personnages emblématiques comme le Christ ou Napoléon, il y a de quoi s’attirer la convoitise et la haine de certains, qui ont tout intérêt à ce que le monde reste sur ses certitudes et non une forme de possible canular.

J’aime beaucoup le passage de la grotte qui me fait penser à une sorte d’introspection. La recherche de la Source S peut ainsi sous entendre une quête de vérité sur soi mais aussi sur la vision du monde que nous nous en faisons. J’aime l’irruption du mot « fourberie » qui fait allusion au mensonge enterré. Le symbole de la séparation entre Laura et François me renvoie  à un déchirement historique entre la vérité et le mensonge.

Ce livre bouscule toutes mes croyances. Il peut être dérangeant dans le fait qu’il a la capacité à nous faire nager à contre-sens de notre logique. Je prends conscience de la difficulté à annoncer une vérité à autrui. Cet exercice reste délicat et le « bon moment » peut ne jamais arriver. J’aime alors le fait que François et Laura se promettent d’être toujours sincères l’un envers l’autre. Cette question de la vérité amène celle de l’honnêteté. Honnêteté envers ses valeurs, ses croyances, celui ou celle que l’on aime. Protéger par amour est aussi en toile de fond de ce livre.

Ce livre, en plus de toucher à la religion, fait l’abord de la Franc-Maçonnerie, sans rentrer dans les détails mais nous montre bien que plusieurs groupes secrets sont à la recherche de cette fameuse Source S, ce qui témoigne de sa puissance. L’incitation au silence est alors demandée, mais pourquoi ? Pour ne pas bousculer l’Histoire ? Pour ne pas perdre un intérêt ? Pour contrôler les esprits ?

Enfin, la question de l’héritage familial ou historique est présent dans ce roman. Les 5 couches d’un cercueil mentionné, pourraient faire penser à la célèbre matriochka qui représente la mère et ses enfants. Ici, un vrai lien unie Laura et sa mère.

Une chasse aux trésors, voilà ce que m’a offert ce roman. La faim de savoir et la soif de connaissances. Ce roman m’enseigne également que la vérité est partout et nul part à la fois et qu’il n’existe que sa propre définition de celle-ci. Tout est décrit avec le souci du détail, même les numéros de chapitres sont des chiffres romains !

Le Christ, Sénèque et Napoléon étaient réunis par le secret que François cherchait à découvrir. Les trois hommes n’étaient pas unis par une illusion, mais par une vérité. Et on ne cherche pas une vérité comme on déniche une illusion. (…) Or ces sociétés oublient aussi, et même bien davantage que les sociétés d’écritures, parce qu’elles n’ont pas d’archives de référence et les versions d’un évènement courent un plus grand risque d’être effacées par les versions des générations suivantes.

La fin me laisse littéralement bouche bée !

Alors, je laisse le soin à Philippe RAXHON de vous livrer quelques mots…

« Au fond, la Source S est une invitation à réfléchir sur la manière dont nous nous représentons la réalité, et nous-mêmes dans cette réalité. La Source S, en la matière, donne le vertige, c’est évidemment voulu ».

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous certains de vos certitudes ?

Merci beaucoup à Philippe RAXHON pour sa simplicité et sa réactivité. Sa plume est unique ! Je vous recommande de le suivre sur les réseaux sociaux et d’aller dévorer son livre !

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

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