Un meurtre étrange

Je lis des auto éditéslogo-dL’étrange affaire Laprades, de l’auteur Jean Jolly, 246 pages officielles, auto-édité en décembre 2018. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon.

 

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Les faits : Qualifiés « d’étranges ». Étrange n.m. : caractère de ce qui est étrange, qui sort des normes. Étrange adj. : qui frappe par son caractère singulier, insolite, surprenant, bizarre. Un avocat anxieux, un industriel arrogant, une épouse infidèle, une adolescente arrogante et passionnée, des policiers équivoques, un commissaire célèbre mais trop discret, un détective désinvolte mais efficace, un antiquaire de renom mal à l’aise, un expert mondain fasciné par l’argent et les femmes, un étudiant en médecine mêlé à un trafic douteux, une concierge aigrie et prétentieuse, un avocat général féroce et borné, des truands dangereux… Un meurtre.

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Dans l’ensemble, j’ai aimé l’histoire et l’enquête où le suspense est marqué. Cependant, même si la plume de l’auteur est fluide, je regrette le manque de descriptions et de précisions notamment pour les personnages et les lieux. Je tiens à préciser que malgré tout, cette histoire se lit très facilement. L’intrigue de l’enquête policière nous est amenée de façon logique et à ce que le lecteur puisse douter et s’interroger sur le ou les coupables. Une tension se créée via l’attente de la révélation finale. Certaines phrases comportent des coquilles mais ces dernières ne sont pas nombreuses. Les chapitres sont courts alternant action, suspense et, description.

La couverture de ce roman me fait penser à un classeur comme on pourrait trouver dans un bureau d’avocat. Le rouge pouvant symboliser la passion (car il s’agit également d’une histoire d’amour dans ce roman), mais également la vengeance, le sang.

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Un policier classique au doux goût du poireau et des tagliatelles aux œufs.

La rivalité entre la mère et la fille Laprades est sous-entendue et pousse le lecteur à s’interroger sur la relation qu’entretienne ces deux femmes. Une notion de vengeance est vaguement présente à l’esprit du lecteur et pourrait servir de motif au meurtre…

Les personnages sont nombreux mais interviennent chacun à leur tour, ce qui évite au lecteur de les confondre. Je n’ai pas été perdue durant ma lecture. Leurs profils sont intéressants mais manquent parfois de ce petit « punch » qui les rendrait davantage attrayants et profonds. Par exemple, j’aimerai que l’accusé Laprades, puisse avoir une personnalité plus affirmée encore qu’une simple façade froide. De plus, j’aurai aimé que ce dernier soit davantage présent durant le déroulement de l’histoire étant donné qu’il est accusé de meurtre. Il me manque ses réactions.

Ce que j’ai le plus apprécié est le duo avocat-détective. L’alliance de la justice et de l’enquête privée apporte à l’histoire un certain dynamisme qui ne se refuse pas. Les méthodes peu orthodoxes du détective dénotent avec celles plus cadrées de l’avocat en charge de l’affaire Laprades. Cette complémentarité basée sur une opposition est fortement bien trouvée et travaillée ici. Mystère et amusement sont donc au rendez-vous.

Du fait que le contexte de l’histoire place les personnages dans un milieu aisé, je note alors un enjeu derrière cette enquête qui pointe du doigt l’ambiguïté de faire front à des personnes haut placées et leurs stratagèmes pour faire apparaître et disparaître des preuves. De plus, elles ont un pouvoir supérieur aux autres, ce qui oblige l’opposition à doubler de précaution ainsi que de prudence. Optimisation et irréprochabilité doivent être de rigueur.

Ce roman montre également la difficulté de mener à bien une enquête tant le champ d’investigation est vaste et qu’il implique beaucoup de personnes. Chaque hypothèse doit être vérifiée, infirmée ou validée. Toutes les personnes impliquées peuvent représenter le coupable idéal. L’auteur aime jouer avec le lecteur et l’emporter vers de fausses directions, ce qui en fait un bon policier classique. Nous ne sommes pas ici dans un polar noir. Des indices sont récoltés au fur et à mesure de l’enquête mais, je doute sur la validité de certains dans la vie réelle car trouvés parfois de façon illégales.

Beaucoup de duos se font face dans ce roman ce qui pourrait signifier une forme de confrontation mais aussi, un combat ou une opposition entre le bien et le mal, la vie et la mort ou encore, entre la justice et le crime. Ainsi, j’aime le binôme avocat-juge d’instruction mais également celui de la mère et de la fille Laprades.

Le hasard ? Il faut savoir l’aider pour qu’il soit favorable.

Le mot de Jean
Intéressé par les nouvelles technologies, j’avais relevé avec confiance et enthousiasme le défi de l’édition numérique en présentant un premier roman policier – « L’étrange affaire Laprades » – à Amazon.
Agréablement surpris et flatté par les critiques élogieuses de nombreux chroniqueurs, j’ai cru naïvement que la partie était gagnée.
En fait, ma vocation tardive pour le roman policier fut rapidement déçue et contrariée. Elle s’est heurtée à une dure réalité : le crime paie encore moins dans l’édition numérique en plein essor que dans l’édition traditionnelle en perdition.

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L’addition, s’il vous plaît

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Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Que pensez-vous de cette dualité ?

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Je remercie l’auteur de mettre en avant la difficulté de se faire publier en maison d’éditions classique. L’ère du numérique n’est pas sans déplaire mais n’est pas gagnant à coup sûr non plus.

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La puissance du savoir

Je lis des auto éditéslogo-dLa Voleuse des toits, de l’autrice Laure DARGELOS, 676 pages officielles, auto-édité en février 2019. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon. Je vous conseille d’aller faire un tour sur ses blogs en cliquant ici et . De très bons conseils d’écriture s’y trouvent ainsi que l’actualité de l’autrice et de ses romans.

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Loi du 31 mai 2019 : Vous vous perdrez à travers le temps en remontant en 1798. Vous ferez la connaissance d’Éléonore Herrenstein (alias Plume), jeune aristocrate, fille de l’Ambassadeur de la ville de Seräen ainsi que d’Élias d’Aubrey, l’un des hommes les plus puissants du royaume, fiancé d’Éléonore. Vous craindrez les règles écarlates et sa ligue. Vous suivrez Plume sur les toits. Vous ne manquerez aucun combat pour sauver votre honneur. N’oubliez pas de percer le mystère de la toile…

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Bienvenue à Seräen. Ça y est, j’y suis, en 1798 je veux dire. Tout a été pensé pour nous faire voyager à cette époque, des lieux aux dialogues en passant par les personnages et leurs façons de s’exprimer. Vraiment, je me prends une grosse claque en pleine face tellement je suis conquise. Je commence donc ma lecture, sous le charme. Mais, très vite, je me rends compte qu’il y a beaucoup de personnages, que je n’arrive pas à suivre comme j’aimerai cette histoire très prometteuse. Pas d’Index présent au cas où notre mémoire nous jouerait des tours. Je commence à perdre espoir, quelque chose me retient de savourer ce roman et j’en suis très peinée. D’autant plus que cela fait longtemps que j’ai ce roman en ma possession. Une idée me passe par la tête : et si je transformais la version brochée en livre audio ? J’ai toujours aimé le fait qu’on me conte des histoires. Alors, ni une ni deux, je traduis le roman (mais je suis le déroulé de l’histoire en même temps que la lecture car, il faut bien que je traque les coquilles, moi qui en fait ^^). Le test est positif : 600 pages de lecture… soit un peu plus de 16 heures de lecture et d’écoute m’attendent. En avant !

Pendant que le fichier charge, je prends un instant pour observer la couverture de plus près. Je la trouve juste sublime, très soignée et travaillée ! Nous comprenons pourquoi une montre à gousset y figure car, c’est un extraordinaire voyage dans le temps qui attend le lecteur.

L’autrice a fait le choix de diviser son roman en trois livres. Le premier nous présente la ville de Seräen et les lois écarlates qui la fondent. D’entrée de jeu, le lecteur est averti : toutes formes d’art sont prohibées. Vous imaginez-vous vivre sans pouvoir exprimer votre créativité ? Je trouve très intéressant de nous plonger dans cet univers car, j’ai eu l’impression d’être en possession d’un livre interdit. Ma lecture est devenue à ce moment-là, une violation de la loi et moi, une hors-la-loi, j’ai les frissons, j’adore !
Le deuxième nous dessine en toile de fond le dessein d’une romance et nous promet un combat entre les sentiments flous du jeune aristocrate, Élias et de ceux d’Éléonore. Un splendide voyage dans le passé aux paysages colorés attend le lecteur. Gare à vous si vous perdez la notion du temps. Je vous conseille de faire attention aux détails qui jonchent votre route (n’oubliez pas la toile mystérieuse…) pour comprendre ce roman.
Enfin, le troisième livre est quant à lui, plus sombre que les deux premiers et, a le goût de la révolte avec en tête de fil, une Éléonore plus déterminée que jamais à renverser le pouvoir. Mais y arrivera-t-elle seulement ?

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Une pause s’impose à base de pâtes au pesto accompagnées de sa salade de roquette : deux aliments qui se marient à merveille comme Éléonore et Élias…

L’autrice, via un style très descriptif et romanico-héroïque (permettez-moi l’invention) permet une certaine fluidité dans le récit et le déroulement d’une intrigue que je trouve cohérente et réfléchie. Cependant, j’ai trouvé certaines descriptions lourdes etn dans ces moments-là, j’ai eu tendance à décrocher un peu. Malgré tout, le lecteur est invité à imaginer toutes les scènes et les nombreuses actions qui composent ce roman. Pour le coup, vous ne serez pas déçus ! Je ne pouvais prévoir aucuns des retournements de situations que j’ai découverts au gré des chapitres, et pour cela, je tire mon chapeau à l’autrice. Car, après tout, quel lecteur n’aime pas être surpris ?

Au fil de ma lecture, je cerne de plus en plus les psychologies et caractères des personnages principaux de ce récit. Je m’identifie aisément à Éléonore ou à Élias. J’irai même jusqu’à dire que je suis un mixte des deux protagonistes.
Le jeu amoureux qui se dégagent d’eux me fait penser à un « je t’aime, moi non plus », où le doute s’installe pour déterminer dans les esprits pour déterminer si Élias est vraiment sincère dans les sentiments qu’il dit éprouver pour Éléonore.
Cette dernière, ayant un caractère très fort, n’aimant pas se laisser marcher sur les pieds, osera plus d’une fois s’interposer et répondre à un aristocrate, drôle de par son cynisme, ses répliques sarcastiques et, son habileté à manier l’épée. J’aime l’introduction d’une rivalité fraternelle entre son frère cadet et lui qui introduit la notion de pouvoir, de force et de contrôle.

La double identité de l’héroïne quant à elle, pourrait être comparée à notre envie d’être libre et à l’apparence soignée que les normes nous imposent.
La complicité qu’entretiennent Éléonore et sa femme de chambre, qui connaît comme le lecteur, le secret d’Éléonore, celui d’être une voleuse courant sur les toits; est très bien décrite et apporte un peu plus de légèreté à ce roman. De plus, cela permet à mon sens, de parler de la notion de loyauté. Plus tard, ce thème reviendra, renforcé par celui de l’amour.
Je comprends que le fait de monter sur les toits pour Plume est avant tout une recherche de liberté. La légèreté de son pseudonyme contraste parfaitement avec la force dont la jeune femme fait preuve. Agile, souple, mais au caractère de plomb (un kilo de plume vaut-il un kilo de plomb ?). Son attirance pour les arts vient à contre sens d’une prohibition de celui-ci et interroge quant à son rôle pour renverser ce gouvernement trop strict. Les arts sont-ils salvateurs ?

L’autrice a fait le choix de ne pas polluer son récit de nombreux dialogues car, même si nous en avons, ils sont placés avec pertinence et dynamisent le récit, rendant  plus que réels encore, les échanges entre les personnages. De plus, le ton employé et le vocabulaire choisi donnent un côté ancien faisant ainsi écho à l’année dans laquelle se déroule l’histoire. Vraiment, j’adore, on y croit ! Je trouve que cette prouesse doit être soulignée car garder ce style pendant près de 700 pages est un énorme talent.

Ce que j’ai apprécié est, l’idée de mettre l’image des galeries souterraines, qui amplifie le mystère qui rode dans la ville. De plus, cette image peut être le reflet de la notion de secret qu’on enfouit sous terre, ou encore, synonyme des mystères qu’abrite une ville et ses habitants. L’introduction d’une toile mystérieuse ne laisse donc pas le lecteur sur sa fin, ceci marquant le début d’une quête de sens autour de cet objet prohibé. Enfin, le troc est un des sujets évoqués dans ce roman qui se marie avec l’époque choisie ajoutant une notion d’échange. Les jeux de pouvoirs entre les habitants des bas-fonds et les aristocrates étant vifs. La visibilité d’une forme de hiérarchie à Séräen est marquée par le statut de l’Oméga représentant Dieu, celui de la ligue écarlate pour l’armée, celui des aristocrates mentionnant la classe supérieure et celui des bas-fonds pour la pauvreté.
La force de la politique et le pouvoir qu’elle exerce sont très marqués dans ce roman et sont révoltants. Cette restriction de liberté des habitants fait exploser la marmite du supportable et fait naître une rébellion secrète jusqu’à la révolte. A ce moment-là, Plume m’apparaît comme Katniss Éverdeen dans Hunger Games : une stratège et combattante hors pair, courageuse défenseure de ses valeurs dont prime celle de la justice. Peut-être pouvons-nous y voir une référence à des révolutions comme mai 1968 ?

Durant ses périples, Plume est protégée par un valeureux, et fidèle courtiers qui prend sa mission très à cœur, bien que son apparence de manipulateur fasse croire le contraire. Enfin, j’aime beaucoup l’introduction de la magie blanche et noire, qui laisse à penser à une forme de lutte contre le Bien et le Mal. J’ai ainsi fait la rencontre folle du Ranaghar pouvant représenter une sorte de Juge et la peur de l’être humain.
J’ai été déchirée, bouleversée, affligée ou heureuse avec Plume des événements qui l’attendent ! Il y a de vrais rebondissements dans ce roman où présent et passé se confondent.

Je note le parallèle entre le bruit et le silence, l’autrice a su instaurer un climat de doute et a su garder le lecteur en alerte (pour la majorité des scènes pour ma part, même si cela m’a parfois un peu coûté). Ce roman représente pour moi un combat entre la vie, la mort et l’immortalité.

Je m’appelle Éléonore Herrenstein, déclara-t-elle, je suis la fille de l’ambassadeur. J’avais huit ans le jour où j’ai compris que dans cette société, il n’y aurait jamais de justice…

Le mot de Laure
Recette de « La Voleuse des toits« 
Prenez un grand saladier et mélangez ensemble :
– trois règles écarlates
– une dictature
– une jeune aristocrate en quête de liberté
– un seigneur de la Ligue
– un groupe de rebelles
– un courtier à l’honnêteté douteuse
– un peintre du passé
– une mystérieuse toile

Saupoudrez avec une pincée de magie, une cuillère à soupe de romance et n’oubliez pas d’ajouter 500 g de voyage dans le temps. Versez la pâte dans un moule beurré et faites cuire au four (180°C) 35 minutes.

À déguster sans modération 😊

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L’addition, s’il vous plaît

La Voleuse des toits - laure DARGELOS.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Aimez-vous la fantsy ?

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Je remercie l’autrice pour sa gentillesse et sa patience, mais aussi de m’avoir fait parvenir son roman en version brochée. De plus, je suis admirative du travail titanesque qu’elle a abattu pour confectionner son histoire ! Enfin, que dire de ce mot de l’auteur, juste parfait ! Un grand merci pour tout.

Mémoire – Technologie – Sécurité

Je lis des auto éditéslogo-dCiao Bella, la vie l’emportera, de l’autrice Mélinda SCHILGE, 200 pages officielles, auto-édité en janvier 2019. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon. Je vous conseille d’aller faire un tour sur son blog en cliquant juste . De très bons conseils d’écriture s’y trouvent ainsi que l’actualité de l’autrice et de ses romans.

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Projet n°145-547B : Une technologie à la pointe, un projet d’envergure, un ingénieur de talent mais un ennemi : le passé. Partagé entre son métier et les dérives possibles des drones, Benjamin, ingénieur, va tenter le tout pour le tout. Parviendra-t-il à recouvrer l’envie de se battre ? En aura-t-il les moyens ? Sera-t-il de taille face à l’ambition démesurée des Français, et à la détermination de Khan à la rancœur tenace ?

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Pourquoi tu n’y retournes pas ? questionna innocemment Stella.
Benjamin ne répondit pas.

A cet endroit s’arrêtait ses rêves. (…)

Et lui, l’ingénieur, il avait gardé le silence.

La peur.

La honte.

Le silence est d’or quand il s’agit d’argent et offre une tension au roman. C’est la première chose qui me saute aux yeux à la lecture et me plonge dans l’univers très sélect et impitoyable de Buleo. Agence qui prône les avancées technologiques à la pointe du réel. Elle reste cependant dépendante de l’intérêt financier d’hommes de pouvoir. Oubliant la notion de sécurité, chaque employé œuvre à la mise en route trop rapide, de nouveaux drones, permettant des prises de mesure sur le terrain et, la surveillance des citoyens.
Nous découvrons ainsi Tanya, chargée de communication du groupe. Une femme exigeante à l’allure sévère et aux décisions tranchées. Elle fait face à Benjamin, un ingénieur globe-trotteur, missionné pour mener à terme un projet de drones autonomes. Seulement, telle une conscience zappée, il est apparemment le seul à avoir peur des dérives possibles de ces engins et tentera de le signifier aux puissants dirigeants, pantins exécutants des ordres. Marque du passé ? Pour appuyer ses propos de manière subtile, l’autrice place le mot « mouton ». Je pense qu’il ne s’agit pas d’un hasard si elle utilise ce mot lourd de sens et parfaitement choisi.  Le symbole des suiveurs est ainsi introduit , et permet une réflexion pour le lecteur quant à la conscience et aux sens de nos actions.

J’ai vraiment aimé l’audace de Benjamin, son côté stratège et sensible. Il lui reste des valeurs malgré un passé dévastateur qui le ronge de l’intérieur. Il tente de s’appuyer sur des alliés même si cela lui coûte beaucoup. Quelques-uns lui sont encore fidèles. Le fait que Benjamin ait un secret que seuls les lecteurs connaissent est une bonne idée. J’ai ainsi l’impression de faire partie de son camp, m’en faisant un allié de taille.
En parallèle, nous apprenons au fur et à mesure, des brides de son passé, dont le suicide de sa tante. Est-ce uniquement parce qu’elle était homosexuelle ? Nous pouvons nous poser la question étant donné le contexte de l’action qui se situe sur les terres musulmanes. Nous connaissons tous les controverses qu’il peut exister dans certaines parties de l’Afghanistan. Alors, lorsqu’il doit faire face à des mésententes et des tensions concernant le nouveau projet dont il est à la tête, son passé resurgit nous montrant ainsi la puissance de la mémoire. Tant que nous n’avons pas fait la paix avec ce dernier, il nous est presque impossible d’avancer. Tel un château de Mikado, tout peut s’écrouler du jour au lendemain : nos espoirs, notre confiance.

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Un roman contemporain pour nous sensibiliser à la notion de sécurité et de contrôle. Cela vaut bien un Mikado au chocolat noir, n’est-ce pas ?

L’autrice évoque également la difficulté de quitter sa terre natale, d’où le puzzle que représente la vie de Benjamin. Ayant moi-même migré, je ne peux que confirmer la peur de l’inconnu qui se mêle à la tristesse de quitter un bout de soi. La désillusion pour certains n’est que le reflet d’un profond désarroi quotidien se traduisant parfois par des formes de discrimination, une fois installé ailleurs. C’est le cas pour deux personnages que nous suivons en arrière-plan : Mahdi et Asima. Des morceaux de destins croisés qu’il nous faudra comprendre et assembler pour déterminer les réelles intentions de Benjamin à être contre ce projet de drones autonomes.

Le sujet central de ce roman est donc la surveillance, par les drones, d’une population exclue de la compréhension totale de ce projet. Les décisions se prennent-elles toujours de façon tyranniques ? Où se situe la démocratie en politique ? Être surveillés constamment, ne reviendrait-il pas à se forcer à montrer une image de soi qui soit toujours propre, sans bavure ?
Cette forme d’esclavagisme est contrastée avec le personnage de Stella, une enfant douce et pleine de vie. Je pense que son rôle est d’apporter à l’histoire un peu de légèreté. Elle pourrait alors représenter l’innocence face à un projet terroriste qui consiste à piétiner la liberté des citoyens. Benjamin et Stella se battent tous les deux contre la vie finalement. Une lutte pour se tenir droite et l’autre pour ne pas (re)tomber. Je trouve ce symbole très poétique et beau. De plus, j’aime l’idée que Benjamin ne sache pas où se trouve sa place, ni quel rôle il peut jouer finalement. Il tente d’apporter son aide en protégeant un secret qui le ronge de l’intérieur, comme s’il tentait en vain de rassembler des parts de lui-même, éparpillées au gré de ses voyages à travers le monde. J’assiste à la mise à nue du doute.

Ce roman parle enfin de justice. Il peut être vu comme un enseignement à la patience et au triomphe de l’espoir sur le noir. Même si l’histoire ne me transporte pas plus que cela, nous sentons à la lecture que l’autrice a su mener à bien des recherches pour nous expliquer avec facilité, une technologies aussi complexes, sans transformer son roman en documentaire scientifique. De plus, elle nous permet de réfléchir quant aux avancées technologiques qui règlent nos vies et parfois la détériorent. J’ai éprouvé un peu de mal à suivre tous les personnages mis en scène. Néanmoins, le sujet est interpellant et peut en intéresser plus d’un.

Le mot de Mélinda
Mon aventure d’écrivaine est portée par une envie de découvrir ; dans ce livre, j’ai exploré le monde des drones, objets controversés, agissant pour le meilleur et pour le pire. Ils m’ont emmenée en Afghanistan, dont on peut parcourir des images et des témoignages magnifiques ; on y trouve aussi une violence extrême, qui se mêle à d’autres dans mon roman : au départ, il devait s’intituler ‘Dans trois ans, ma mère s’est tuée’.
Heureusement, un collègue m’a poussé à lever les yeux au ciel, mon roman s’est lancé vers d’autres horizons, à la limite de l’anticipation.Benjamin, notre ingénieur globe-trotter aux prises à des interrogations contemporaines, se bat certes contre un marasme personnel… mais aussi contre le danger d’un projet pharaonique mal maîtrisé qui pourraient conduire à des conséquences désastreuses.

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L’addition, s’il vous plaît

Ciao Bella, la vie l'emportera - Mélinda SCHILGE

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Que pensez-vous de cette technologie ?

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Je remercie l’autrice pour m’avoir proposé son roman car, je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de livre.

Des lignes de tendresse

Je lis des auto éditéslogo-dLe rosier de Julia, de l’auteur Frédéric DOILLON,  77 pages officielles, auto-édité en 2018. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon.

 

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Résumé : Qu’est- ce que la vie ? Qu’est-ce que la mort ? Qu’est-ce que l’enfance et l’âge adulte ? Frédéric DOILLON tente de nous éclaircir les idées à travers Julia, une jeune fille devenue femme à la sensibilité émouvante.

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Julia grandit vite à travers les mots de l’auteur. C’est un personnage que j’ai l’impression d’avoir connu dans ma jeunesse et, j’ai la sensation que je la croiserai encore dans le futur. Même si l’auteur fait le choix de la faire passer d’enfant à jeune femme, je ne pourrai lui donner un âge, ni identifier physiquement Julia. Elle rejoint la sphère privée des personnages intemporels. Je trouve cela très poétique et fort.
Ce que la plume de l’auteur vient confirmer au bout de quelques pages. Les mots sont choisis avec douceur, générosité et, avec une certaine forme de pudeur. La plume poétique de l’auteur ne m’a embarquée qu’après quelques pages. Il m’a fallu un petit temps pour me mettre dedans. Il est vrai qu’ensuite, j’ai été surprise d’être entraînée dans un flot de mots sensuels et réfléchis. On pourrait croire que les paragraphes s’enchaînent et ne mènent nul part. Or, il y a un vrai cheminement au récit. L’intrigue nous est amenée pas à pas, révélant un peu plus le caractère de Julia à chaque action, une femme forte et fragile à la fois, les frontières étant assez floues en définitif. C’est ce que j’ai préféré dans cette nouvelle : ne pas être coincée dans une boîte, être libre de mes mouvement et, d’avoir le temps de trouver mon propre rythme.
Nous entrons dans l’intimité de Julia, juste assez pour nous faire une idée de son vécu, de ses rêves, mais pas assez pour deviner tous ses secrets. Certaines choses nous échappent et c’est malgré tout un plaisir, après tout, ne préfère-t-on pas être surpris ou décontenancés, bousculés dans nos croyances ? Je pense qu’il s’agit là d’un choix de l’auteur : permettre à chaque lecteur de s’imaginer sa Julia et sa vie.

Je ne pensais pas être touchée à ce point par cette nouvelle car, c’est en premier lieu sa couverture qui m’a attirée et, qui me laisse à penser une certaine initiation aux rêves et au bercement maternel. Les tiges des roses pourraient y représenter les lignes de la main, celles de la vie et des expériences. La quatrième de couverture ne nous en dit pas plus sur ce qui nous attend. Va-t-on être déçu, surpris, touché ou rester indifférent ?

Julia naquit dans un grand rire.

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Vous prendrez bien une part de cake à la vanille pour vous immerger dans vos souvenirs ?

La petite Julia sauve un rosier et nous sommes partis en quête de bonheur, de frisson, d’amour et de tendresse. Tout comme elle, nous traversons des moments de pluie, d’orage et de chaleur solaire. Le décor est coloré et végétal, la nature étant omniprésente et omnisciente dans cette nouvelle. J’ai l’impression d’assister à un accouchement puis, de découvrir les premiers jours d’un être aimant et aimé. Cet être s’en va faire ses propres expériences, recherchant avant tout la sérénité et l’harmonie ainsi que la justesse et l’amour. L’image des larmes de Julia, source de vie-phoenix est vraiment très belle et me force à croire que tout ne peut être noir à vie. Le lecteur chausse ses yeux d’enfant et se sent vite entouré de souvenirs de son enfance et de ses rêves.
De temps à autre, il me faut faire une pause tant la lecture est simple mais puissante, si bien qu’elle en devient vite addictive. Elle me fait me remémorer mon propre vécu et ma propre conception de la vie et de l’avenir, tantôt joyeuse, tantôt angoissante.

L’auteur nous conte, car il s’agit pour moi d’un conte philosophique, en 77 pages, la difficulté d’aimer, de prendre soin de l’autre. Il nous fait nous interroger sur plusieurs points comme : l’autre sent-il l’amour que l’on lui porte ? Comment fait-on face au deuil ? Peut-on s’en remettre qu’à Dieu dans ces moments-là ?

Cette nouvelle m’apprend également que grandir trop vite, c’est risquer de ne plus croire en la magie que la vie nous offre tous les jours. La transmission est un autre thème qu’aborde l’auteur. Savoir doser ses paroles, mesurer ses actes etc., s’apprend tout au long de la vie et est un chemin où de nombreux obstacles sont présents. Ainsi, il nous faudra faire face à l’inconnu, prendre des décisions parfois brutales ou radicales. Mais n’est-ce pas là le but ultime d’une vie : se retrouver face à soi-même ? Partir à la quête de son propre récit de voyage et de sa propre identité ?

Si vous lisez la nouvelle de Frédéric DOILLON, vous vous rendrez compte de l’évidence : Julia est cette petite voix intérieure qui vous guide et qui vous recommande d’oser. C’est la personnification de la vie et de nos choix mais également de la mort et de nos peurs. Jusqu’à l’épanouissement final, ce que l’auteur résume très bien dans : le mot de l’auteur. Merci.

Le mot de Frédéric
J’aime l’histoire racontée dans Le rosier de Julia car elle est intemporelle, universelle, intergénérationnelle. Je crois bien que chacun peut s’y retrouver.
Un univers poétique.
Une nature magnifiée mais aussi la ville, Paris, son quartier latin et son jardin du Luxembourg.

Une forme de conte moderne, qui traite différents passages de nos existences : la transmission entre générations, l’enfance et ses rêves magiques, la résilience, la différence, les relations amoureuses et par-dessus tout, la transformation du corps, de l’enfance à l’âge adulte, ses transformations intimes que nous sommes seuls à découvrir.

Il y a mille fleurs à ce rosier, à chacun, au travers de sa lecture, de butiner celles qui lui parleront le plus.

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L’addition, s’il vous plaît

Le rosier de Julia - Frédéric DOILLON.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous prêts à embarquer dans une boule de tendresse ?

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Merci à l’auteur pour sa douceur et de m’avoir offert l’opportunité de lire sa nouvelle poétique et philosophique.

Deaf : le livre OVNI de la fiction qui respire

Je lis des auto éditéslogo-dDeaf, tome 3, de l’auteur Joseph KOCHMANN,  306 pages officielles, auto-édité en 2018. Disponible en version numérique sur Amzon.

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Résumé : Une pièce de théâtre qui tourne mal, des créatures mystérieuses et squelettiques, un Roi sourd. Autant d’ingrédients vous attendent dans les aventures de quatre personnages principaux : Manon Dauphin, combattante courageuse, Camille, artiste, Edward, un fan de livres et Eric, un fermier pas si branché agriculture. Parviendront-ils à survivre à ce monde étrange et ainsi mettre un terme à leurs sordides histoires ?

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Alors oui, j’ai dû m’adapter au style de l’auteur. Je me suis demandé durant ma lecture si c’est moi qui ne comprenais plus rien ou si l’auteur se jouait de mon intelligence. Je n’ai eu ma réponse qu’à partir de la page 200. C’est juste brillant ! Je suis tombée des nues quand j’ai enfin compris que ce qu’il m’arrivait était décemment voulu par l’auteur. Je crois bien ne jamais avoir été autant baladée par des mots, des émotions contraires et paradoxales.

C’est ça que j’ai compris : on utilise notre ressenti pour parler de choses plus larges.

Je veux utiliser mes émotions pour parler de quelque chose qui touche tout le monde, quelque chose de puissant.

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Une Dark fantasy qu’il vous faudra affronter avec un délicieux verre à café (oui, c’est tordu, comme ce 3e tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise) de Péket à la pomme. Santé !

J’ai tenté, comme beaucoup je suppose, de contrôler ma lecture, à tort. C’est-à-dire que j’ai essayé d’analyser (comme je fais toujours) chaque mot, chaque phrase. J’ai voulu trouver des liens, des réponses, en vain. Et c’est ce que je trouve brillant : je n’ai rien compris à ce livre jusqu’à la toute fin où la révélation finale m’a décroché un rictus nerveux et un rire incontrôlé. C’est ce qui peut vous attendre, si vous entreprenez la lecture du troisième tome de – La Trilogie des Singes de la Bêtise -. Rien que le nom de cette dernière vous met dans un contexte atypique, trash mais également sensible et sincère. Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver perdus pendant votre lecture mais d’adorer ça ? Réveillez le psychopathe qui sommeille en vous !

Parce-qu’au delà d’un univers fantastique violent et noir, qui peut sembler décousu, il y a des thèmes très forts derrière ce livre. Je trouve que l’auteur traduit à sa sauce une sorte de dissertation philosophique avec en introduction : un décor où un Roi sourd, Deaf, est à la tête de la ville de Dantry. Il y décrit les habitants impuissants, meurtris, sous le règne d’un tyran qui aime le sang, le contrôle et, le pouvoir. Un sous-entendu politique qui nous pousse à nous interroger (en ce temps d’élection) sur la face cachée d’une gouvernance démocratique qui serait peut-être à sens unique… J’ai réussi à percevoir une forme de soumission à adhérer à des idées qui contredisent des valeurs profondes. Mais également la discrimination subie par certain. J’ai beaucoup aimé l’image du mur, utilisée par l’auteur pour souligner cette frontière entre les membres du pouvoir et le peuple.

En thèse, nous avons le thème de l’amour qui vient titiller nos propres ressentis et émotions. Le personnage de Camille est juste parfait dans le rôle de celle qui a un cœur sombre, dépressif et une sensibilité comme nul autre. C’est le personnage auquel je me suis le plus attaché. Déjà parce qu’elle écrit mais également parce qu’elle sait voir au-delà des apparences, un peu comme si elle parvenait à lire dans les cœurs des personnes qu’elle rencontre. Sa pièce de théâtre, bien qu’elle fût un fiasco total, sait pourtant permettre au lecteur de s’attacher à sa vision du monde où l’amour est à la fois salvateur et destructeur. L’amitié y tient une grande place. Jouer avec les sentiments des autres, user de manipulation pour parvenir à toucher l’autre sont autant de ressources et de souffrance que nous retrouvons dans la vie quotidienne. Des thèmes en contradiction avec un monde rose auquel on s’attend. Des tragédies venant clôturer le spectacle de ceux qui se risquent à aimer un peu trop. La difficulté d’aimer est donc abordée ainsi que celle de gérer ses sentiments. Le jugement et la critique sont pointer du doigt : comment comprendre ce qui arrive à l’autre si nous ne traversons pas nous-même une telle situation ? Peut-on simplement compter sur l’empathie ?

En anti-thèse, nous retrouvons des actions qui s’enchaînent, parfois avec des rebondissements imprévisibles, des fins brutales et qui ne font pas sens pour moi. Du moins, pas tout de suite. L’auteur y développe des personnages hors du commun mais aux personnalités qui elles, sont bien réelles : altruiste, sincère, vaillant, cruel, manipulateur. Je note que l’auteur aime jouer avec les cinq sens et les utiliser pour mener à bien son intrigue. Une introduction qui nourrit l’histoire et les personnages mis en scène, chacun à tour de rôle. De plus, l’apparition des créatures hybrides mettant à mal la progression des personnages, pourrait représenter la mort de nos envies et de nos projets, l’amertume de l’amour à sens unique, la rancœur éprouvée vis-à-vis de ceux qui ne nous comprennent pas et le stress d’un quotidien trop lourd à porter. En un mot ? Pression. Je trouve que ce symbole est fort de par les sens multiples qu’il offre à chaque lecteur.

En conclusion, j’ai vraiment adoré être malmenée par l’auteur qui instaure un climat décousu, des morts cruelles, agressives et chocs. Ce que je trouve génial, c’est que ce climat de tension et d’incompréhension permanentes qui nous embarque dans une réflexion autour de l’amour, la mort, la haine et le contrôle. L’auteur a su mettre en avant sa capacité à nous retourner le cerveau, jouer avec nos émotions, nous faire douter de notre propre intelligence et finir par nous révéler la supercherie qui n’est rien d’autre que la dissertation sur un thème que nous aimons tous : l’Amour. Merci. N’y aurait-il pas une pointe autobiographique dans ce troisième tome ? La fin en tout cas, en surprendra plus d’un et m’a fait écho aux livres cultes de J.L. STINE, Chair de Poule. Si vous lisez Deaf, vous comprendrez pourquoi. Je n’ajouterai que trois mots : Gloire à l’œil !

 

Le mot de Joseph
Merci beaucoup à Alexandra pour son retour sur le dernier tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise.
C’est une grande aventure en trois actes, chacun pouvant être découvert indépendamment, à travers des univers très différents et pourtant tous liés par leurs personnages, leurs secrets et leur violence.
Il m’a fallu dix ans pour terminer cette saga développant des thèmes qui me tiennent très à cœur, notamment la mort, la justice, la créativité, et, surtout l’amour.
J’espère vraiment que vous aimerez Mute, Blind et Deaf autant que j’ai aimé les écrire.

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L’addition, s’il vous plaît

Deaf, tome 3 - Joseph KOCHMANN.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous philosophiquement barré ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Merci à l’auteur pour sa disponibilité, sa simplicité et son univers atypique.

Le malheur des uns fait-il toujours le bonheur des autres ?

SP reçu dans le cadre d’un concours organisé par Lecteurs.com

Editions Buchet Chastel

Qui a tué l’homme-homard ?, de l’auteur J.M. ERRE,  368 pages officielles, édité en janvier 2019 par les Éditions Buchet-Chastel. Disponible en version brochée et en version numérique ! Toutes les informations essentielles se trouvent ici.

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Les faits : Un village de monstres abrite un tueur qui adore découper ses victimes en petits morceaux (non, il ne les fait pas rissoler, mais c’est tout comme). La première victime n’est autre que celui qu’on nomme : L’homme-homard. Je vous laisse découvrir pourquoi même si la couverture vous donne un sacré indice ! L’adjudant Pascalini accompagné de son stagiaire, Babiloune, tentent d’élucider ce meurtre avec les moyens du bord. Il faut dire que les habitants du village de Margoujols sont un peu… spéciaux. Mais c’est sans compter sur le pragmatisme et l’humour décalé de la jeune Julie, fille du Maire, passionnée de romans policiers, que ce polar pimenté, prend forme. Enfin, il y a ces articles mystérieux, du blog d’une certaine Winona Jane. Tous les ingrédients sont réunis pour vous faire passer un excellent moment tordu.

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Pour une première lecture d’un livre de cet auteur, je ne suis pas du tout déçue ! Enfin si, déçue qu’il n’y ait pas 300 pages en plus car je serais bien restée plus longtemps à enquêter auprès de Julie.
Je ne vous ai pas encore parlé de Julie ? Un de mes personnages préférés de fiction ! Même si je vous avoue que chacun des habitants de Margoujols possède des caractéristiques et une personnalité propre, réaliste et, humaniste, qui les rendent uniques, attachants, mais surtout indispensables pour composer ce village de Freaks !

Mais revenons à Julie. Caractère très fort, sarcastique, dans l’auto-dérision permanente, elle est primordiale au bon déroulement de cette intrigue détaillée et logique. Elle mène avec brio et humour piquant, une enquête pour meurtres auprès d’un inspecteur désabusé et d’un stagiaire pas très futé. Sans elle, le roman pourrait vite devenir plus banal, plus classique. De plus, c’est un angle intéressant que je n’ai pas trouvé ailleurs que de faire intervenir comme narratrice principale et enquêtrice (pas si amateure qu’il n’y parait), une jeune fille handicapée. Cela vous choque ? Il n’y a pas de quoi l’être. Aussi vive que l’éclair, elle impose à sa façon son tempérament à l’inspecteur et son stagiaire. Faut-il préciser qu’elle est tétraplégique et qu’elle se déplace en fauteuil roulant ? Oui ! C’est ce qui rend toutes ses interventions aussi comiques et décalées. Je n’ai pas eu pitié d’elle, ce n’est d’ailleurs pas le but recherché par l’auteur. Elle vit dans un village de freaks autrement dit, de villageois complètement gratinés, atypiques mais tellement drôles. Tout à tour, ils se dévoilent à nous au rythme d’une enquête rythmée et ternie de suspense sur l’identité du tueur.

En déjouant tous les codes de ce qui fait un bon polar classique, l’auteur nous plonge en parallèle dans un univers satirique sur la différence et le handicap. Il met en scène à travers son roman, une représentation de nos peurs dont celle d’être confronté à la différence de l’autre. Peut-être est-ce là une manière de nous sensibiliser au regard que l’on porte sur autrui, à ses ressources et son intelligence ? Quoi qu’il en soit, l’auteur a su y ajouter son style unique et mordant pour ne pas faire de ce roman un appel au don et à la pitié. Au contraire, nous sommes dans un contexte bienveillant malgré les pointes d’humour noir. Mais surtout, il a su pointer du doigts les contraintes que traversent les personnes porteuses d’un handicap (mais pas que) ainsi que les moqueries et les faits dépréciatifs qu’elles subissent plus que des preuves de sympathie. Je trouve alors intelligent de faire de Julie la narratrice principale, contrant ainsi les préjugés et stéréotypes réservés à ces personnes soit-disant inférieures. Car je vous rassure son cerveau fonctionne très bien !

Un polar sert avant tout à mettre en relief des faits de société soit sensibles soit tabous. L’utilisation de l’humour peut être à double tranchant et passer à la trappe jugé trop souple et peu entraînant. Ce n’est pas le cas dans ce roman.  Des sujets sensibles y sont introduits avec précisions, actions délirantes et personnages représentatifs d’une population variée et réelle.
Margoujols. Ce nom me fait penser à « la mare aux joncs » près de chez moi, mare réservée aux grenouilles et crapauds. Pas mal dans le genre, non ? Ironie du sort peut-être ? Coup de poker gagnant pour un décor bien planté laissant libre cours à l’imagination du lecteur.

D’autres thématiques lourdes ressortent nourrissant de réflexions le lecteur. Par exemple, des réflexions portées sur les normes sociétales mais également sur les us et coutumes d’un village. Les normes font références ici à celles de la beauté, de l’intelligence ou encore de la féminité et de la masculinité. Les personnages qui peuplent ce roman ont chacun le rôle de nous rappeler que la beauté est un critère abstrait et subjectif. S’y glisse aussi notre peur de l’inconnu qui nous force à nous conformer aux désirs des autres bien avant les nôtres et, à juger bien trop vite notre voisin. Mais Margoujols peut être désigné comme une invitation à penser différemment concernant le monde qui nous entoure.

La notion de secret vient compléter le tableau d’un sombre village. Au cœur de cette enquête les secrets vont bon train rendant plus complexe encore, son élucidation. Une manière de faire remonter ceux qui composent notre vie et amorcent la création d’imprévus. Personne n’est parfait, si ?

Il est à noter que ce roman quelque part dénonce la recherche d’une vérité que l’on pourrait considérer comme simple, mais qui s’avère renfermer une nébuleuse de complexités. Non, une vérité n’est ni toute noire ni toute blanche. C’est d’ailleurs ce que vient rappeler le genre même de ce roman. Il est nécessaire de prendre en considération le contexte des faits, l’histoire du village où ont eu lieu les meurtres et, les différentes personnalités des âmes qui composent ce joyeux tableau. Cette vérité se teinte également d’ignorance, de médisance et, de jalousie. Nos soupçons du coupable idéal sont propulsés à la vitesse grand V sur ce que l’on oublie de nommer par son vrai prénom : la peur.
Apprendre à se poser les bonnes questions est donc sous-entendu à la suite des réflexions que la lecture de ce roman met en lumière. Les interprétations de chacun des intervenants permettent de semer le trouble dans les esprits les plus rationnels.

Le décor étant planté, les personnages étant déjantés à souhait, parlons des actions à présent. Elles sont prenantes, surprenantes et s’enchaînent si bien qu’on en devient vite accro. Les chapitres courts sont addictifs. J’ai l’impression en lisant d’être plongée dans les pensées de La Vérité, les scènes étant le reflet de ce qu’il se passe dans notre société : ignorance, mépris, cachotteries, contrôle…

Au fil de ma lecture, je me laisse balader par l’auteur avec plaisir ne sachant prévenir le chemin qu’il souhaite me faire emprunter. Une métaphore que je lis comme une traduction romancée de la célèbre expression : Le ridicule ne tue pas. Nous sommes ici en présence d’un roman Cluedo loufoque aromatisé au beurre, que j’ai pris plaisir à déguster avec ce paquet de pop corn crémé… Ce roman se dévore sauvagement et m’a aidé à décompresser grâce à un style cynique et sarcastique de fiction-réalité. Je remercie l’auteur de m’avoir permis de rire de tout, c’est si jouissif !

Qui a tué l'homme homaard  - JM ERRE .jpg

C’est soufflé comme les personnages de ce roman, piquant comme du poivre noir et addictif comme de la crème… Le tout pour seulement 96 calories ! Régime respecté !

A cet instant, vous êtes en train de me plaindre. Action normale qui montre que l’éducation judéo-chrétienne a bien fonctionné sur votre personne. Vous n’êtes pas sociopathe, vous pouvez continuer à émettre vos ondes compassionnelles jusqu’à atteindre un niveau satisfaisant de bonne conscience. Ensuite, vous pourrez opter pour une indifférence gênée et des regards lointains, parce que mine de rien, je bave et c’est dégueu.

Le mot de J.M.
– Menu de l’homme-homard en trois services –
Entrée
Buffet froid de crustacé en capilotade relevé à l’humour noir.
Plat
Assortiment de viandes saignantes sauce aigre-douce et son burlesque de saison.
Dessert
Moelleux lozérien au cœur fondant acidulé, coulis de freaks.
Bonne dégustation !

 

L’addition, s’il vous plaît

Qui a tué l'homme-homard - JM ERRE.jpg

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

D’autres livres de cet auteur à me recommander ?

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Un grand merci à l’équipe de Lecteurs.com en partenariat avec les Éditions Buchet-Chastel pour ce magnifique concours que je suis heureuse d’avoir remporté et un immense merci à J.M. Erre pour son livre à l’humour décalé et au style unique ! Que dire de plus pour ce mot de l’auteur ? J’adore !

Canapé de malheur !

Je lis des auto éditéslogo-dBrooklyn Paradi$ – Saison 1, Chris SIMON,  164 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon et sur le site de la Fnac, auto-édité en janvier 2017. Allez faire un tour sur le site web de l’autrice en cliquant juste ici.

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Dans les épisodes précédents… Un canapé, un trafic de drogue. Parfois il ne faut pas grand chose pour déclarer la guerre et enclencher la descente aux enfers d’une famille. Mais ça, c’était sans compter sur Courtney Burden et sa manie de chiner tout et n’importe quoi dans les rues de Brooklyn. Avait-elle besoin de ramasser ce canapé au petit matin au bord du fleuve et de le ramener chez elle ? Non, mais elle le croyait abandonné sur ce parking paumé. Sauf qu’il ne l’était pas. Et qu’il appartient à des gars pas cools du tout, qui tiennent à leurs affaires… Et que ces gars, super vénères, vont tout faire pour le récupérer.

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Oui, ici nous parlons de saison et non d’un tome. Pourquoi ? Parce-qu’il s’agit d’une série littéraire. Récemment, j’ai eu la bonne surprise de découvrir sur instagram le compte @pitchserie_off, qui n’est rien d’autre que le compte d’une plateforme en ligne qui propose des séries TV… à lire ! Connaissiez-vous ce concept ? Je trouve que l’autrice a su tirer partie d’un mélange des genres et des styles permettant aux amateurs de séries TV qui ne souhaitent pas rester confinés devant des heures devant un écran, de proposer des histoires, des saisons, des épisodes (chapitres) en version brochée. Personnellement j’ai apprécié lire pour la première fois ce style de livre version policier, merci Chris ! Du coup, je ne sais pas trop à quoi m’attendre, alors je me laisse guider et je suis impatiente de découvrir les aventures de Courtney et de sa famille.

Première chose qui me saute aux yeux : il y a beaucoup de dialogues. Et qui dit dialogues dit nombreux personnages. Je précise qu’il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour reconnaître chacun des personnages mis en scène dans cette série. Je trouve néanmoins que les dialogues sont bien construits et très vifs car je n’ai pas eu de mal à me plonger dans l’histoire par la suite. Les dialogues sont courts et animés par des personnages ayant chacun un trait de caractère distinctif qui les rend attachants, loufoques, déjantés et pour certain, sombres. Puis, si vous êtes perdus à un moment, l’autrice à penser à insérer la liste des personnages en début de son ouvrage (comme si on pouvait voir défiler les noms des acteurs en début d’épisode ^.^).
Le personnage auquel je me suis le plus attachée est celui de Courtney qui est complètement dingue et d’un naturel simplet !^^ Sa manie de chiner tout et n’importe quoi est bien trouvé. Je vais la jouer psy du dimanche, mais cette manie ne viendrait-elle pas tenter de combler un manque d’amour ? Il faut dire que son mari n’est pas souvent présent à la maison… Calmer ses angoisses quotidiennes d’être une femme d’affaires active et respectée et une mère dévouée passerait-il par ce TOC ? Quoi qu’il en soit, je trouve que l’autrice déjoue avec subtilité les codes d’un policier classique où l’enquête se transforme en un conflit de rires. Ici point d’enquête minutieuse mais une invitation à réfléchir quant à des sujets politiques, polémiques et sombres.

Niveau ambiance, contexte, je suis servie avec en toile de fond des méchants qui organisent la récupération de ce fameux canapé. Ce que j’ai apprécié, ce sont les nombreux rebondissements auxquels je ne m’attendais pas et qui rythment avec humour et décadence ce roman. Leurs mots sont crus et apportent du piquant à l’histoire à la manière de cette sauce pimentée qui relève mes noix de saint-jacques et mes légumes sautés au wok.

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A défaut d’avoir des balles, un wok pimenté aux noix de saint-Jacques fera l’affaire et m’aidera à patienter pour lire la saison 2 de ce policier déjanté.

Certains stéréotypes sont accentués ce qui donne un côté comique mais réel à l’histoire. Derrière cet aspect se cache des thématiques assez lourdes comme la lutte des différentes classes sociales dans la société mais également des faits divers morbides comme des morts suite à des règlements de compte, des trafics de drogues etc.Je vous rassure, point de côté sanglant dans ce livre.

De plus, chiner dans les rues peut sembler anodin mais ici n’est pas synonyme d’un moment shopping. Cette introduction souligne selon moi et avec justesse, les lois de la rue : premier arrivé, premier servit. Des règles dures qui témoignent d’une dimension autre que ce que la réalité nous offre à voir si on ne fait pas partie de ceux qui survivent ainsi. Les trocs, les vols, les arnaques et les négociations sont risqués. En témoignent la traque que des gangsters vont engager pour récupérer leur drogue auprès d’une famille qui semble bien sur tout rapport.
Cette dimension est accentuée par le trafic clandestin qui se joue en parallèle avec l’un des fils de Courtney. Nous pouvons alors nous interroger sur la difficulté ressentie par les parents quant aux fréquentations et aux faits et gestes de leurs enfants. Mais lorsqu’un parent devient complice malgré lui d’une destructuration des liens, comment réagir par une telle situation ?

– Mes enfants ne prendront jamais de drogue.
– Sûr. Mais à quel prix ? Ils vivent en dehors de la société, en dehors du réel. Autant passer sa vie en prison.
– Il n’y a qu’une réalité : Dieu.
Mike reboucha son tube de crème méticuleusement.
– Tu surveilles. J’fais une petite sieste. Tu me réveilles uniquement si le merdeux apparaît.
Dan entama une longue prière par j’ai pêché non intentionnellement devant Toi…

Enfin, la barrière de la langue est également un aspect que pointe l’autrice en faisant intervenir du personnels de maison aux accents forts. Comment se faire comprendre par l’autre qui ne parle pas la même langue que nous ? Peut-on compter sur des traductions à la sauce de Google traduction ? Les liens familiaux, amicaux et professionnels ne s’en trouvent pas ainsi malmenés ? Quel sens leur donner ? Autant de questions qui se cachent derrière cette première saison policière qui somme toute, peut vous sembler légère à première vue.

Le mot de Chris
Brooklyn Paradis est ma deuxième série littéraire. Je n’aime pas les fins, et pourtant, il me faut l’admettre, même les meilleures séries ont une fin.
D’abord publiée, chez un éditeur qui a fermé, c’est ma spécialité (2 en 7 ans), j’ai décidé de reprendre mes droits et de la continuer en l’auto-éditant.
L’idée de départ combine un fait divers que j’ai lu, il y a une quinzaine d’années dans le New York Times et un scandale pharmaceutique récent aux États-Unis (vous avez peut-être entendu parlé de cet anti-douleur, l’Oxycodone ?). Je voulais écrire un polar humoristique sans enquête, sans testostérone, j’ai donc mis une femme au centre de l’histoire qui ne soit pas dans la police, erreur, même les femmes à talons ont de la testostérone.
J’ai inventé Courtney Burden, je l’ai plongée dans un monde de trafiquants par accident. J’aime divertir tout en instruisant mon lecteur. J’aime traiter de sujet grave avec une certaine légèreté et de l’humour. Le rire est une attitude zen contre la noirceur du monde. Le roman noir social et l’humour sont deux outils très puissants pour éclairer sur l’économie mondiale actuelle et l’ambiance sociale qui en découle. Qui sont les trafiquants ? Des individus isolés sans foi ni loi, des laboratoires pharmaceutiques, des investisseurs peu scrupuleux ?
Pourquoi New York ? Parce que j’y ai vécu la moitié de ma vie et que j’avais envie de faire de cette ville un peu la vôtre.
Brooklyn Paradis en 4 tomes met en scène deux mondes différents à travers une jeune femme, mère, riche et protégée de tout jusqu’au matin où elle trouve un canapé sur un parking de Brooklyn…
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L’addition, s’il vous plaît

Brooklyn Paradi$ - Saison 1 - Chris SIMON.jpg

 

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Connaissez-vous d’autres séries littéraires ?

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Je remercie Chris SIMON de m’avoir permis de lire pour la première fois une série littéraire. Je ne regrette pas mon choix et espère en découvrir d’autres !

Un polar comme on en fait plus !

bitmoji-20190427111825Livre reçu dans le cadre de l’opération Explorateurs du Polar 2019 avec Lecteurs.com !

Editions denoël, explorateurs du polar 2019 avec lecteurscom

Une affaire comme les autres, Pasquale RUJU, 286 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon et sur le site de la Fnac, publié en 2019 par les Éditions DENOËL.

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En lisant ce titre j’ai pensé tout de suite à un banal feuilleton policier dans lequel l’auteur joue la carte des stéréotypes italiens à fond. Une affaire banale, presque celle de trop. Mais je n’y étais pas du tout !

Tout de suite, je plonge dans une cellule d’interrogatoire, toutes mes autres pensées s’effacent. Tout comme celles d’Annamaria, veuve et suspectée de meurtre, seule face à son raisonnement interne. Quand elle doute, nous doutons avec elle. Quand elle s’interroge, nous nous interrogeons également. Dois-je craquer, pleurer ? Qui est le bon flic, le mauvais ? Voici les questions auxquelles doit faire face la veuve, qui ne perd pas son sang-froid une seule seconde. Je pressens au loin un retournement de situation qui me bouleverse, cette carapace ne me semble pas naturelle. Vais-je avoir raison ?
Ici débute le plus long interrogatoire que j’ai lu, sentant chaque seconde peser comme le ferait l’épée de Damoclès au-dessus d’une tête.

En tant que lectrice, je suis suspendue à ce que Annamaria va bien vouloir nous livrer. L’histoire elle l’a connaît, personne d’autre. Et c’est ce qui met le lecteur sous tension. C’est énorme !

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Un Polar noir mêlant meurtres, silence et amour à l’image du saumon cru délicat et addictif. Assiette composée au Wok Garden à Seraing.

Je ressens une certaine forme de pudeur dans la façon qu’à d’Annamaria de se confier. Comme une fragilité qu’elle tente tant bien que mal de camoufler derrière une rigidité et une froideur durant l’interrogatoire.

Je suis vraiment en adoration devant le style de l’auteur qui sait manier sa plume pour me faire ressentir cette tension qui se joue à chaque page et qui ne s’essouffle pas à chaque chapitre. L’ambiance pesante du huis-clos s’est refermée sur moi. Je perçois de la perversion, de la brutalité et du narcissisme dans les descriptions des faits et les silences d’Annamaria. J’apprends en même temps que Sylvia est la procureure adjointe en charge d’interroger la suspecte. Une femme aussi froide qu’Annamaria, qui me donne l’impression d’une attitude en miroir, c’est-à-dire que chacune à leur tour sera l’interrogatrice de l’autre, la victime et la coupable. En ça, la tension est remarquablement bien menée.

Puis, je découvre à pas de loup, la naissance de l’histoire d’amour entre Annamaria et Marcello, un homme qui inspire tant le respect que la crainte. Il y a beaucoup de mystère autour de cet homme ce qui est très prenant et titille volontiers ma curiosité. L’amour que ressent Annamaria envers Marcello est très fort voire passionnel. S’adonner de la sorte à cet homme dont elle semble n’échanger que des relations sexuelles est troublant. Rien ne vient perturber son amour pour cet homme dont elle ne connaît pas les réelles activités. Elle lui est simplement dévouée. Puis, vint le temps où l’amour s’essouffle pour laisser place à une forme de tendresse maternelle.
Carmela, une amie du couple, me fait penser à une menthe religieuse qui joue un double jeu. Elle paraît fourbe mais sait quelle stratégie adopter. Elle m’impressionne un peu pour tout vous avouer. Serait-elle manipulatrice ?

Petit à petit, l’illusion sur la banalité de l’histoire rend le suspense haletant. Les chapitres sont courts et très addictifs ! Ma lecture est très fluide et vive. Chaque mot me donne envie de savoir la suite. Le silence devient une violence sourde et un jeu de pouvoir, le machisme aidant à se mettre dans l’ambiance.
Les notes de la traductrice en fin d’ouvrage sont très appréciables pour les lecteurs qui, comme moi, ne connaissent en rien l’organisation des clans mafieux italiens. Je perçois un monde très dur et violent.

Ce livre parle outre la dureté de l’organisation mafieuse et de ce business souterrain florissant et sanglant, des relations familiales. Des enfants « utilisés » comme gage d’une réussite, d’une fierté. Ce lourd héritage familial est source de tension au sein des familles. Je ressens la difficulté de prendre son envol et de devenir véritablement « soi » au sein d’une famille qui ne pense qu’à faire un maximum de profit. Profit au détriment d’un amour chaleureux, de relations tendres pour le compte d’un monde violent et dangereux. Les nombreuses activités mafieuses sont partout et ce roman nous le montre bien. Comme une toile d’araignée que l’on aurait tisser sur le monde. A la manière dont elle recouvre le raisonnement d’Annamaria qui vit dans la crainte d’être rejetée par son mari. C’est terrible.

C’était comme cela, désormais, et s’adapter à la situation semblait être la meilleure des solutions pour tout le monde.

La place et le poids du regard sont très symboliques dans ce roman car ils désignent le pouvoir et le contrôle sur l’autre. Demander l’approbation pour agir est courant au sein de ces fratries. C’est impressionnant la manière dont tous rendent compte à un seul homme qui pourrait être comparé à « Dieu ». Cette forme de hiérarchie nous invite à prendre conscience de l’enchevêtrement de la mafia et de la difficulté qu’ont les forces de l’ordre à trouver l’homme ou le groupe d’hommes à la tête d’un seul clan. Le pouvoir est argent, l’argent s’achète en vies. Chaque personnage remplit son rôle à merveille nous faisant basculer dans une cruauté extrême, mais toujours silencieuse. Le silence est ce qui m’a le plus marquée dans ce roman et qui rend la lecture captivante. Je regrette seulement qu’il n’y ait pas de traduction pour certains mots en anglais.

Mais est-ce que je m’attendais à cette fin ? Mon dieu ! Non !!

Le mot de Pasquale (traduit de l’italien rien que pour vous^^)
Ma formation a été celle d’un cinéaste indépendant, puis d’un scénariste, en particulier de bande dessinée.
« Une affaire comme les autres » est née en 2008 en tant que court métrage, réalisé avec un groupe d’amis acteurs et cinéastes et une magnifique protagoniste, Stella Bevilacqua, qui malheureusement n’est plus présente. Le roman lui est dédié, développant l’idée de base et les personnages des protagonistes de ce petit film. Il y a des personnages et des histoires qui vous tourmentent l’esprit, même des années après les avoir remises dans le tiroir. Et l’histoire d’« Une affaire comme les autres » avait besoin d’être racontée de manière plus articulée. Pour compléter le roman, au cours des années suivantes, j’ai effectué un long travail de documentation.
L’histoire d’Annamaria et de Nicotra est évidemment inventée, mais le contexte criminel dans lequel ils vivent et travaillent est malheureusement très réel. Et toujours profondément enracinée dans de nombreuses communautés du nord de l’Italie, ainsi que dans celles du sud. Comme le disait l’écrivain Massimo Carlotto et mieux que moi, le noir peut être un outil très puissant pour éclairer certains aspects obscurs et opaques de notre société, venant parfois à l’appui du journalisme d’investigation, de plus en plus rare dans les médias contemporains. Ce que tu lis dans un bon noir reste à l’intérieur de toi, même longtemps. Et parfois, pourquoi pas, cela vous fait prendre conscience de la réalité qui vous entoure. Des choses que vous avez peut-être choisies de ne pas voir jusque-là. Les mots génèrent des pensées et les pensées donnent la force de changer. C’est pourquoi nous ne pouvons pas renoncer à la lecture, tout comme nous ne pouvons pas renoncer à la culture. Toutes les mafias, se nourrissent de l’ignorance. Vous ne pouvez pas contrôler un peuple qui peut penser par lui-même. Essayer d’écrire sur la mafia, dans ce roman, a été ma petite contribution à cette bataille.

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L’addition, s’il vous plaît

Une affaire comme les autres - Pasquale RUJU.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Jusqu’où iriez-vous par amour ?

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Je remercie l’équipe de Lecteurs.com pour l’opportunité de faire partie de l’opération « Explorateurs du Polar 2019 ». Un grand merci aux Éditions DENOËL pour leur générosité. Enfin Mille merci à l’auteur pour sa gentillesse et ce mot qui me touche particulièrement, sa réactivité et son militantisme.

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publishroomlogo-dLignées, Sophie ZIMMERMANN, 337 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon et sur le site de la Fnac, paru en 2019 via la Maison d’Auto-Editions pour auteurs indépendants, Publishroom Factory.

Résumé de la fusion : Contacts corporels inexistants. Émotions atténuées. Composition d’un monde de Lignées d’individus. Bienvenue dans la fusion cellulaire. Ava L., Ligneuse et professeure, sera celle qui se battra pour que le monde ne bascule pas dans l’horreur. Pour cela elle devra choisir son camp. Mais à qui faire confiance ? Entre secrets, manipulation, espionnage, ce roman d’anticipation ne vous laissera pas une minute de répit. Et si vous lisez ou avez lu ce livre, alors vous saurez déchiffrer mon titre… curieux ?

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Je n’en suis qu’aux premiers chapitres mais je suis déjà captivée par l’histoire. Le résumé me promet une belle intrigue. La plume de l’autrice me donne envie d’en savoir davantage. Elle est simple mais fluide malgré les petites coquilles repérées. Je m’arrête un instant pour reprendre mon souffle et regarder la couverture. Je trouve intéressant cet effet miroir qui me fait penser à deux faces d’un même monde. Une visible et une seconde laissant imaginer un projet souterrain volontairement secret. Cette couverture peut aussi faire penser à une symétrie au niveau des personnages semblable au Ying et au Yang. Suis-je dans la bonne direction pour comprendre ce livre ? 

Très vite, je découvre que la population est divisée en plusieurs lignées. Chaque personnage est doté de caractéristiques propres à chacun, qui permet de les distinguer facilement et de ne pas perdre le fil de l’histoire. Le concept est excellent car différent des univers que nous connaissons bien aujourd’hui comme Hunger Games, Divergente ou Mortal Engines. Chaque lignée a une fonction définie. Ce qui diffère d’avec ces autres livres de science-fiction, est que l’autrice y intègre l’absence de contacts corporels et l’essence même du projet Conceptio. Je ne peux pas vous en dire davantage sur ce que contient ce projet sans vous spoiler ! Je m’arrête donc ici, mais ce qui est sûr, c’est que vous serez très surpris !
Je me demandais comment l’autrice allait intégrer ce manque de contacts corporels et ces émotions atténuées. Et bien, je ne suis pas déçue, car chaque détail est soigné. Je suis embarquée dans un monde que je connais mais qui ici, est obsolète. J’aime beaucoup cette capacité de savoir camoufler ses émotions et de ne pas les extérioriser. Cela me renvoie à une forme d’automatisation. De nos jours, il pourrait s’agir de la robotique (mais c’est sans compter les avancées technologiques qui poussent à doter les robots de sentiments et de pensées humaines…).

C’est sans temps mort que je découvre Ava L. professeure-ligneuse, deux êtres non-issus de la fusion et un projet : Conceptio. Un mystère se noue autour de ce projet dont on ne sait rien. Ce mystère me pousse à en savoir plus et rend chaque action utile au bon déroulement de l’intrigue, que je trouve vraiment bien ficelée. De découverte en découverte, je navigue en terrain inconnu, à la recherche d’indices sur ce fameux projet. Le thème du mensonge est très présent dans ce livre, et peut être interprété comme suit : mentir à un ami sur ses réelles activités et mener une double vie. Le mensonge a donc les traits de la protection.

Ce mode de vie futuriste a pour avantage de ne pas montrer sa faiblesse devant les autres, et de garder son sang-froid en toutes circonstances. L’inconvénient, est que les personnages issus de la fusion, peuvent être vus comme des êtres dépourvus de cœur. Je trouve donc super intéressant que l’autrice mêle à la fois ces êtres issus de la fusion en décalage complet avec d’autres qui n’y sont pas. Ainsi, la notion de différence et de marginalité sont sous-entendues, mettant en débat les questions sensibles des normes tolérées ou non par la population. Comment accepter ces règles de vie ? Tout le monde est-il capable de s’y adapter et s’y conformer ?

Je perçois chaque différence dans les comportements, pensées et mots, de chaque partie (être issus de la fusion et les non-issus de la fusion). L’autrice réussit donc à nous rendre accessible ce nouveau monde à travers les yeux d’Ava L. Ce personnage emprunte les traits d’un être hybride à mes yeux. Ses doutes, peurs, pensées… sont très bien décrits et rendent ce personnage réel, dynamique, fort, attachant, orgueilleux, déterminé et intelligent. Cette héroïne est décrite de manière, à ce que le lecteur traverse chaque étape de sa vie avec elle. Elle est le témoin et l’incarnation d’une construction identitaire (amour, haine, joie…), j’adore ! L’amour devient un concept abstrait et complexe.
A travers Ava L., l’autrice nous fait réfléchir quant à notre propre rapport au corps, au touché et à la capacité à aimer et ressentir des émotions. Bien que ce soient des notions très subjectives, le lecteur se retrouve aisément dans ses propres réactions. Je retrouve par exemple la pression exercée pour se connecter à une autre personne, que l’on pourrait comparer au mariage. Rien n’est donc laissé au hasard et est transformé en version futuriste qui pourrait faire peur si nous devions vivre ainsi. Ava L. ne sortira pas indemne de ses différentes rencontres…

Les questions liées à l’attachement qu’on retrouve dans le domaine de la psychanalyse et de la psychologie (en majorité), sont remises en question dans cet ouvrage, lourd de sens. Comme il n’est pas coutume d’être élevé par ses parents, les questions d’héritage familiale (des gênes, des ressemblances avec tel et tel parent, des souvenirs chaleureux, d’albums de famille…) ne se posent plus. Cela peut être perturbant pour nous qui avons besoin de ressentir les choses pour les matérialiser. Le seul point qui correspond à notre époque est le secret de famille (pas étonnant qu’on en dise qu’il a la dent dure ^^). Cette notion donne encore plus d’attrait au livre et renforce d’autant plus l’intrigue et l’énigme qui l’entourent.

Avec les autres personnages, dont je tais volontairement les caractéristiques pour ne pas vous casser le suspense très bien construit ici, l’autrice appuie sur l’importance d’être une équipe pour faire face au danger. Cette intelligence collective est très importante tout au long de l’histoire car elle permet le dynamisme des actions contre la partie adverse qui bien sûr est toxique. Des amitiés se nouent, des alliances se complètent pendant que des trahisons prennent forme.

Même en stéréotypant les comportements et en promouvant la place utile de chaque être humain dans notre environnement, nous avions sous-estimé la part de noirceur de l’humanité qui, telle une maladie chronique, resurgissait au fil de notre évolution.

Pourra-t-on s’en défaire un jour ?

Ce que j’ai par dessous apprécié, est l’univers créé par l’autrice. Tout est lisse, sans faille, propre, blanc à la manière d’un plat monochrome. Chaque élément qu’elle apporte à son histoire permet une compréhension du projet Conceptio et n’est pas abandonné. Si je devais imager l’univers de ce livre, il ressemblerait à ça :

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Un Futuriste qui s’accompagne en transparence et sans superflu par les premières fraises de la saison.

 

Vous saurez tout en temps voulu. J’ai adoré n’être pas maître de la situation. Impossible de ne pas être surpris de découvrir, que ce qu’on pensait savoir, n’est qu’une miette, comparée à ce qui se trame dans les coulisses, tant il y a de rebondissements imprévisibles. Le suspense est maintenu pendant 337 pages ! Toutes mes stratégies et plans étaient bien loin de la vérité ! Le lecteur est mené en bateau, dans le sens où on ne s’attend pas à ce qui va se passer.

Le mot de Sophie
J’ai eu la chance qu’Ava me guide pour raconter son histoire.
A travers ses yeux, j’ai découvert une société qui pourrait être une des versions possibles de notre futur. Je l’ai vue évoluer au gré de ses rencontres et de ses découvertes.
J’espère que vous prendrez autant de plaisir que moi à partager ses aventures.

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L’addition, s’il vous plaît

Lignées - Sophie ZIMMERMANN

 

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Seriez-vous capables de vivre sans montrer vos émotions ?

 

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’autrice de sa gentillesse, sa réactivité et sa simplicité. Voilà un roman qui devrait être davantage connu mes gourmands !

L’aventure c’est extra ? Chronique d’un départ

! Avant-Première !

Je lis des auto éditéslogo-dParenthèse nomade, récit de voyage à quatre mains par Carine et Nicolas POIRIER, 287 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon, publié le 13 avril 2019.

 

Résumé de l’aventure : Quitter travail, maison, habitudes, amis… c’est le pari que s’est lancé Carine et Nicolas, accompagnés de leurs deux enfants. Un an de voyage en famille ça fait rêver non ? Et pourtant, ils ont combiné mésaventures et désillusions mais aussi moments drôles et paysages inoubliables, à travers 326 jours de voyages en camping-car. Prenez le large, partez à l’aventure avec eux.

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Carine et Nicolas POIRIER, deux aventuriers des temps modernes et leurs deux moussaillons, ont décidé de partir pour un périple de 326 jours en camping-car. Dingue ? Pas tant que ça ! D’emblée, je ne sais pas si j’aurai eu les crans de le faire. Alors, j’ai souhaité découvrir cette aventure par procuration, et partir à la découverte des États-Unis, du Canada et du Mexique à leurs côtés. Le temps de m’armer de mes tablettes de chocolats préférées, je m’installe pour quelques pages d’évasion…

Un récit de voyage familial unique à déguster en savourant chaque miette des tablettes de chocolat fait maison Le chocolat de poche !

Dès le début de ma lecture, je repense à cette phrase qu’on se dit souvent pour se motiver « Quand on veut, on peut ». Et bien elle se concrétise avec ce récit de voyage. Prendre la décision de tout laisser pour un an, est-ce possible ? Oui, répond la famille POIRIER. J’aime ce début de lecture où ils nous décrivent la préparation et la concrétisation de leur de projet de prendre la route. Souvent, on enfouit ses rêves par peur de l’inconnu ou par manque financier. Cependant, il est possible, en organisant son départ, de plonger dans le grand bain. J’aime cette audace et ce culot de partir en terres inconnues. Un des sujets principaux de ce roman est selon moi, cette quête de liberté qui passe par cette envie d’ailleurs, cette soif d’aventure et de nouveauté, de cette volonté de donner un autre sens à notre vie. J’aime beaucoup la façon dont le voyage s’annonce et prend forme. Nous suivons pas à pas les préparatifs qui génèrent beaucoup de stress. J’ai l’impression que les auteurs se sont, l’espace d’un instant, mis dans la peau de managers d’entreprise. Puis, je trouve assez comique et osé, l’idée de se retrouver à quatre dans un espace si restreint.

Le fait que leurs deux enfants les suivent dans cette aventure (condition sine qua non), apporte une dimension familiale qui enrichit la notion de partage et qui me fait rêver. Cette parenthèse nomade ne pouvait se faire sans l’accord de tous les membres de la famille. Dans cette parenthèse se confond alors partage, convivialité, amour et permettrait de resserrer les liens familiaux. Ce fort accent familial me fait me poser diverses questions comme : comment définir l’espace de chacun dans un environnement réduit ? Le fait de rester à quatre, collés les uns aux autres, contribuent-ils à préserver le jardin secret de chacun ? Puis, en tant que parents, peut-on uniquement compter sur les divers paysages pour divertir nos enfants ? Que partage-t-on réellement avec nos enfants durant ces longs mois ? Quels apprentissages en ressortent ? Comment trouver un équilibre entre ma liberté et les obligations parentales qui m’incombent (devoirs, autorité, épanouissement et développement personnel, inimité…) ?

Et nous restons là une journée de plus, à profiter du temps qui passe et du temps qu’il fait, à observer l’environnement qui nous entoure, à écouter les chants des oiseaux, à sentir le parfum de l’automne, à goûter aux joies de la vie de famille, à toucher du doigt le bonheur d’être là.

A toutes ces questions, le récit de Carine et Nicolas, tente de donner des esquisses de réponses. Bien sûr, il s’agit de leurs perceptions et de leurs ressentis que je trouve très bien décrits. Car, peut-être l’avez-vous deviné, il s’agit d’un roman écrit à quatre mains ! J’adore le concept ! Nous trouvons ainsi deux visions et deux plumes différentes. Au fil de ma lecture, j’apprends que Nicolas est doué pour réparer le camping-car et le diriger et que Carine a un rôle rassurant auprès des enfants et une bonne intuition (girl power oblige ^^). L’un est fan de basket ball, l’autre victime d’insomnies. Ce sont ces petits détails que j’aime découvrir dans un récit de voyage car ils donnent une authenticité au récit et ils nourrissent aussi notre curiosité. J’ai ainsi retrouvé la liberté d’expression (une des nombreuses formes de la liberté qu’aborde le couple), les deux plumes étant très fluides, singulières et poétiques. Je note une touche de virilité et de rigidité dans celle de Nicolas, mais qui ne m’a pas dérangée.
J’ai apprécié retrouver une partie de moi dans ce roman où il est question de penser simplement mais néanmoins, en retrouvant une touche de complexité féminine. L’envie de profiter de l’instant présent, de persévérer pour atteindre ma liberté, l’organisation des itinéraires. De plus, le nombre 18 (ici synonyme du début du voyage familial) est important pour moi, car il signifie le début de ma propre aventure. Une organisation préalable presque aussi longue que pour qu’un bébé se forme dans le ventre de la future mère. Ce projet de voyage m’apparaît alors comme une naissance, celle d’un renouveau, l’amorce d’une nouvelle vie.

Il est vrai que l’on pourrait trouver plutôt « lourd » les nombreux passages où les mauvais côtés du voyage sont évoqués. Comme les recherches d’une place de campement, les désillusions qui se font sentir malgré les recommandations des guides touristiques…, mais je trouve que les auteurs ont bien fait de les intégrer à leur récit tant ces mésaventures font aussi parties du jeu. C’est en ce sens que j’apprécie que les auteurs ne nous vendent pas du « rêve », en nous disant simplement que tout est beau et magique, car ce n’est pas le cas dans la réalité, nous ne sommes pas non plus à Disneyland.

J’apprécie donc la sincérité du récit qui n’est pas enjolivé avec uniquement les jours où tout se passaient pour le mieux. Il ne s’agit pas ici d’un voyage idyllique mais de faits qui se sont réellement déroulés et qui peuvent aider à rationaliser l’aventure sans en enlever le côté magique.
Voyager hors des sentiers battus peut s’avérer payant. Ici, j’aime l’apprivoisement de l’inconnu. Les décisions se prennent en famille, dans le respect des envies de chacun, c’est appréciable. La difficulté que soulèvent les auteurs quant aux emplacements à trouver, aux barrières de la langue, au lâcher prise et au fait de s’autoriser à ne rien faire est très intéressant. Ils relatent ainsi les obstacles auxquels il faut se préparer et les stratégies à mettre en place, changeant parfois nos habitudes bien rodées. Puis n’aimons-nous pas cadrer notre vie au maximum ?

J’ai apprécié la lecture fluide de ce récit de voyage authentique que je ne trouve pas lourd, mais riche en apprentissages, parfois en désaccord avec les conseils des guides touristiques. Paradoxalement, je trouve ma progression de lecture lente. Étape après étape, on m’offre un voyage sans bouger de mon lit, j’adore ! Peut-être que je m’accorde ce temps de calme pour savourer mon aventure littéraire. Être confronté à un paysage différent chaque jour est à la fois source de bien-être mais également peut s’avérer déstabilisant ou « blasant ». Mais, quelle meilleure source d’apprentissage que le monde lui-même ? Cela doit être merveilleux d’apprendre le monde à travers des sorties grandeur nature et pas seulement via la description d’un livre d’histoire. En apprendre davantage sur les différents us et coutumes de chaque village, population ou tribus est une vraie mine d’or. J’ai vraiment adoré voyager et découvrir le quotidien d’une famille de nomades pour un an. Parce qu’outre les paysages à couper le souffle, il est aussi question d’inégalités sociales préservées du fait de la vente illusoire d’une authenticité qui abordent davantage les traits de la pauvreté (fait que les auteurs expliquent très bien dans leur livre) et d’une vision déformée que l’on se fait d’un pays et de leurs règles via des publicités presque mensongères des guident touristiques.

Enfin, j’adore l’idée du blog qu’ont créé les auteurs, à travers lequel ils nous exposent l’organisation de leur voyage, leurs rencontres et l’écriture de leur roman. Je vous conseille fortement d’aller y jeter un coup d’œil pour compléter votre lecture, en cliquant juste . Bravo à eux pour ce travail !

Le roman Parenthèse Nomade ce sont des moments de stress, d’angoisses, de peurs, mais aussi de joie, de souvenirs immortels, de moments de partage et de convivialité. Ce sont des rencontres inoubliables et des paysages à couper le souffle. Je remercie les auteurs pour m’avoir fait voyager à travers leurs plumes, de ne pas m’avoir vendu du « rêve » mais au contraire d’avoir relaté leurs aventures avec ses côtés merveilleux et moins roses. Je me dis à la fin de ma lecture, que tout est possible. Le mieux est encore de concrétiser ses rêves et de partir à la découverte du monde qui nous entoure pour nous forger notre propre opinion de ce dernier. Une vraie remise en question de nos habitudes est traduite dans ce roman aux allures de journal de bord, sans le côté « redondant » des dates et la forme plutôt « stricte » que peut avoir ce journal. Si je devais juste donner un petit conseil, j’aurais aimé trouver quelques photos pour illustrer les étapes clés de ce récit. Mis à part cela, j’aime ces plumes honnêtes et drôles. Parenthèse Nomade m’a offert un moment suspendu de rêve et me pousse à oser quitter ma routine.

Le mot de Carine & Nicolas
Quelques mois après le retour de notre Parenthèse nomade, la rencontre avec Alexandra et ses papiers mâchés est, en quelque sorte, la cerise sur le gâteau pour des grands gourmands comme nous.
Nous sommes ravis qu’Alexandra n’ait pu résister à la tentation de notre résumé. Que sa critique soit douce ou piquante, son enthousiasme débordant aura sans doute été l’artisan d’une savoureuse présentation de notre récit de voyage.
Nous espérons, chers lecteurs, qu’Alexandra vous aura mis l’eau à la bouche et que notre histoire étanchera votre soif de découverte, le temps d’une lecture.

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Sommes-nous fait pour voyager en nomade pendant un an ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie les auteurs pour leur style unique et leur merveilleux récit de voyage. J’adore discuter avec eux tant leur authenticité et leur simplicité m’ont touchée. Merci encore pour ce mot de l’auteur qui ne se veut pas commercial mais qui respire la joie de vivre et le partage.

La métamorphose au service de la bravoure

Je lis des auto éditéslogo-dlabel wibibook

 

 

 

La Fille Faucon, de l’autrice Martine BATICLE (autrice auto-éditée du label Wibibook), 337 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon, publié en mars 2018.

Résumé : Camille, une jeune adolescente au pouvoir surprenant de métamorphose va vivre un périple surprenant et croiser sur sa route, des brigands qui n’ont pas peur de tuer. La jeune fille, séparée de son frère à la naissance, va devoir user de toutes les ruses pour leur échapper. Y arrivera-t-elle ?

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Quelques pages après avoir commencé ma lecture, j’énonce la formule suivante :

Horus, Falcon Dei, dominum, me siscipit. Luro ministrae propter iustitiam.

Dieu Faucon, accueille-moi. Je jure de toujours servir la cause de la justice.

J’aime beaucoup d’entrée de jeu, le côté mystique, incantation qui se dégage de ce livre. L’année concorde parfaitement avec ce type de pratique, ce qui rend cette action crédible. De plus, j’adore ce côté « magique » qui apporte à l’histoire un côté mystérieux. Je déduis qu’il sera question de justice dans ce livre. Je me demande alors si cette justice tendra vers le bien ou vers le mal ?
Puis, très vite, je n’ai pas le temps de me questionner davantage. Se déroule un combat. Une scène d’action bien menée qui permet parallèlement de mettre en scène et de porter à la connaissance du public, plusieurs personnages dont l’héroïne : Camille, à ce moment-ci, bébé. Une brutale séparation d’avec ses parents et son frère jumeau, Thomas, s’ensuit.

A l’adolescence, j’apprends qu’un secret lie Camille à sa nourrice qui l’a protégée pendant de nombreuses années. Le mystère continue donc. J’aime beaucoup l’entrée en matière du don de métamorphose dont est capable Camille. La symbolique de l’envol de la jeune fille me fait penser à une quête de liberté souhaitée : voler de ses propres ailes. De plus, j’ai retrouvé les facultés du faucon à travers le personnage de Camille, ce qui est fort appréciable tant la connexion entre son animal totem et elle est complémentaire. La symbolique du mot « vol » est, en plus du sens premier qui est « liberté, prendre son envol », est également travaillée sous le sens de « voler, chaparder ». Lorsque Camille devra apprendre à voler les autres, elle sera alors confrontée à la valeur de la justice qu’elle défend depuis toujours. Arrivera-t-elle à tenir sa promesse de départ : servir toujours la justice ?

La fille Faucon - Martine BATICLE

Tavernier ! Une Redoutable pour accompagner mon roman d’anticipation !

Bravo à l’autrice dont je trouve le style poétique avec un soupçon de magie. Ses mots sont choisis avec justesse. Le suspense est présent du début à la fin. Les actions s’enchaînent sans grand temps mort, ce que j’apprécie beaucoup. Ma lecture est donc rapide et fluide. J’aime le fait qu’il n’y ait pas de description inutile mais qui sert, au contraire, à la logique du déroulement de l’histoire. Malgré que j’aurais aimé un peu plus de description lors de la métamorphose, je ne reste pas sur ma faim car, chacune d’entre elles est décrites avec différents mots, ce qui évite une redondance qui pourrait être ennuyante ou de l’ordre du « déjà vu ».

J’apprécie l’abord du jumelage humain mais surtout le flou créé volontairement par l’autrice avec la notion d’apparence. A la fois homme, femme, animale. Ce flou se retrouve lorsque Camille s’habillera en garçon lors de son périple pour retrouver son frère. Ce mélange des genres appelle selon moi, une réflexion quant au regard que l’on pose sur le physique. Une scène où les passants n’osent s’interposer entre un brigand et Camille (avec l’apparence d’une fille) est flagrante de sincérité car c’est ce que l’on peut observer de nos jours. Ce côté machiste non révolu est bien mis en action. Est-ce uniquement un moyen de se reconnaître ? Serait-ce également une manière de se distinguer ? Passer d’un sexe à l’autre permet je trouve de mettre en lumière les avantages et les inconvénients de chacun d’entre eux.
Petit bémol : Camille est décrite comme ayant les cheveux noirs, j’aurai apprécié que la couverture du livre puisse respecter ce point.

Ce thème de l’apparence est complété avec celui de la confiance, de la peur de l’inconnu et du courage. Du courage, il en faudra à Camille. Sa ruse et son audace lui permettront de s’extirper de dangereuses situations. Tout du long de ma lecture demeure le suspense de savoir si Thomas est encore en vie,et si oui, ce qu’il est devenu et si Camille arrivera à le retrouver. Car Camille est une jeune fille forte, stratège, réfléchi et brave, ce qui en fait un personnage attachant et crédible. La précision du faucon s’allie parfaitement avec son fort caractère et sa détermination à retrouver son frère.
La confiance en autrui sera aussi primordiale dans ces ruelles où brigands et gens honnêtes se côtoient tant bien que mal. Vers qui se tourner pour avancer ? Cette confiance est décrite par l’autrice qui utilise la symbolique de la « main » qui arrache ou réconforte, tue ou protège.

Ce roman traite également de la lutte des classes entre les nobles et les paysans et, des différences sociales qu’il existe encore aujourd’hui. J’ai relevé beaucoup d’oppositions de pouvoir dans ce livre que je trouve bien introduites et mises en scène. Elles peuvent souligner l’acquisition douloureuse d’une place de leader au sein d’un groupe mettant en relief ses côtés positifs et négatifs de ce rôle.

J’ai vraiment aimé ma lecture qui soulève beaucoup de points de réflexion intéressants. Wow ! Quel rebondissement de dernière minute !

Le mot de Martine
Un auteur écrit pour son plaisir et quand il en procure à ses lecteurs, c’est sa meilleure récompense : leur offrir le pouvoir de rêver, s’évader en se libérant des contraintes du monde réel, le temps d’une aventure…
Toutefois, sans être une féministe militante, j’ai voulu aussi montrer qu’une jeune fille pouvait réussi au sein d’un univers masculin parfois hostile.
Que mon héroïne se transforme en faucon peut être vu sous un angle allégorique. Il est possible de se surpasser, de surmonter ses faiblesses pour pouvoir atteindre un but même difficile. L’adversité peut donner des ailes !

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Aimeriez-vous vous transformer ? Si oui, en quoi ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’autrice de sa gentillesse et de son authenticité.

Un faux air de Pretty Little Liars…

Je lis des auto éditéslogo-dLe Programmeur – Tome 1, de l’autrice Marguerite BLANCHARD, 347 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon, publié en août 2018.

 

Résumé : Quatre jeunes adolescentes vont être la proie de celui ou de celle qui se fait appeler « Le Programmeur ». Des défis s’accompagnant de la révélation d’un de leur secret en cas d’échec, vont se succéder. Chacune devra jouer le jeu machiavélique de ce programmeur, si elles souhaitent avoir la chance d’être épargnées. Vont-elles y parvenir ?

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A première vue, le résumé m’intéresse fortement car, il me fait penser à celui de la célèbre série Pretty Little Liars imaginée par Sara SHEPARD. Je m’emballe et, je commence à élaborer des plans dans ma tête ^^. En revanche, ici pas de mort annoncée, je ne retrouverai donc pas le côté policier qui me plaît beaucoup dans PLL. Mais qu’à cela ne tienne ! La promesse est belle, alors je me lance !
Premier chapitre, première incohérence. Aie. L’âge des personnages change en quelques lignes, me laissant dans le doute. Dans un premier temps, il est question d’aller à l’université, le lycée terminé, puis, dans un second temps, les adolescents entament une année de lycée. Je ne comprends pas, cela me perturbe et m’agace un peu d’être brouillée dès le début. Puis, arrivent les fautes d’orthographe. Je peux concevoir qu’il puisse demeurer encore une faute ou deux, mais ce livre en comporte plus d’une dizaine ! Je doute qu’il ait été relu plusieurs fois, comme l’autrice l’a annoncé en d’ouvrage. Soit. Je continue de lire, à regret, car, j’ai l’impression de me forcer. Je n’aime pas cela, mais une partie de moi me dit que je serais peut-être étonnée par la suite grâce à un rebondissement inédit. Je poursuis donc. Cependant, à part quelques actions, que je trouve bien construites, je ne suis pas enchantée. Je peux prédire ce qui va se passer, ce qui ma gâche l’effet de surprise. Les actions sont, dans l’ensemble, trop brèves et peu détaillées.

De plus, je trouve que les personnages des adolescentes prises en chasse, n’ont pas chacune, un caractère bien définit. Nous savons que ce sont de vraies pestes, mais leurs actions ne sont pas assez marquées pour les qualifier ainsi, je pense. Par exemple, j’aurais aimé que le personnage de Véronica, soit davantage empreint de colère, de rage avec un vocabulaire plus « assassin ». De plus, j’aurais aimé que les dialogues soient mieux construits car, je les trouve un peu « bateau » par moment et peu empruntés au vocabulaire adolescent, qui est une vraie mine d’or. Malgré cela, j’aime d’entrée de jeu être confrontée à un inconnu, ce qui impulse une note de mystère. Je me demande s’il va avoir un rôle à jouer par la suite. Ce garçon est aussi invisible que la décoration de sa chambre, ce qui est bien vu comme image ! Avec cela, l’autrice marque le thème du harcèlement scolaire, dont sont victimes beaucoup d’enfants et d’adolescents.

J’aime beaucoup l’idée de règles à respecter (il n’y en a pas trois comme annoncé mais quatre). Les adolescents ont besoin d’être entourés d’un cadre et, ce cadre passe en partie, par un certain nombre de règles, pour harmoniser les relations. C’est donc bien vu pour ce point. La notion de secret, vient parfaire le contexte et, renforce la période adolescente. Ces secrets vont-ils uniquement se baser sur les relations amoureuses ? Les différents niveaux du jeu créés par le programmeur, vont-ils être de plus en plus intenses ? Le sous-entendu d’un duel entre le mensonge et la vérité est présent dans cette histoire. Le tout me fait penser à une forme de lutte contre le contrôle par le pouvoir. De plus, j’aime l’idée de se « racheter » une conduite, il s’agit d’une deuxième chance qui est accordée aux personnages. Une seconde chance qui doit être « payée » via une vérité. Je pense que l’autrice souhaite mettre en avant, que les erreurs de jeunesse puissent servir de monnaie d’échange, ce qui est bien vu et renforce le message « tôt ou tard, tout se paie ». D’où l’importance de penser aux conséquences de ses actes.

Les chapitres sont relativement courts. Pour ma part, il ne s’enchaînent pas assez vite (car ma lecture ne me plaît pas). Je trouve qu’intégrer des flash-back est une bonne idée, mais ici, ils ne sont pas assez marqués, ne s’harmonisant pas assez avec le récit au temps présent.

 » Une invitation unique t’es envoyée t’incitant à jouer à Populars Secrets. Tu n’as pas été choisie au hasard et ce n’est pas un divertissement comme les autres. On va dire que c’est un jeu à réalité augmentée car toi et tes amies avaient été mauvaises l’an dernier. Vous avez utilisé votre popularité pour vous croire au-dessus de tout le monde et le karma s’en souvient toujours. Ce jeu se présentera comme votre purgatoire et vous pourrez y échapper qu’une fois que vous aurez terminé l’ensemble des niveaux. Il y en a quinze. A chaque niveau, une joueuse parmi vous quatre est désignée afin d’accomplir la mission qui lui sera confiée. Gare à vos secrets si vous refusez… Je reviendrais vers vous.
Bonne chance les filles car vous en aurez besoin.

Le programmeur « .

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Comme une invitation flash à jouer à un jeu malsain, un menu Big King XXL s’impose pour ce livre. Merci Burger King !

Cependant, beaucoup de sujets sont abordés par la suite comme : l’humiliation qu’on subit et qu’on fait subir, mais aussi, les regrets de s’être mal comporté par le passé et, le fort besoin de se comparer aux autres, prouver que l’on est le meilleur, que l’on fait partie du camp des « populaires ». Je trouve intéressant que cette histoire mette en scène des adolescents, car, en pleine construction et renforcement de leur personnalité et de leur identité, ces thèmes sont plus sensibles à cette période et, peuvent faire l’objet de bouleversements jouant de bascule vers une attirance vers le bien ou, vers le mal.

Finalement, je suis déçue par ma lecture… Fautes d’orthographe, tournures de phrases maladroites, personnages non-attachants et pas assez travaillés à mon goût, secrets tournants autours d’un thème en particulier. Je ne retrouve pas le « sociopathe-vengeur » que j’avais imaginé, il y a des incohérences au niveau de la suite logique des évènements et des détails du contexte. Une plume peu facile à lire jusqu’au bout. Je ne suis pas du tout embarquée et transportée par cette histoire, que je trouve écrite avec peu de suspense. Je ne tiens pas à accuser l’autrice car, si j’ai choisi de lire ce livre, c’est que l’intrigue me plaît beaucoup. Or, je n’ai pas assez ressenti l’angoisse d’être une potentielle cible du programmeur et, la peur de voir un secret révélé. Certaines descriptions alourdissent la lecture et desservent le suspense qui se fait long à arriver et furtif une fois présent. Le rythme de lecture est donc en dent de scie tout du long. Je ne pense pas lire le deuxième tome.
Si l’autrice procède à un re-travail de son livre, je pense qu’il peut être prometteur. Je regrette que la promesse de départ ne soit pas respectée car, l’autrice a tissé une intrigue non-cadrée et mal ficelée. Je vous invite cependant à lire cet ouvrage afin de vous faire votre propre opinion sur la question car, j’ai constaté que d’autres personnes ont apprécié ce livre. Comme on dit souvent, il en faut pour tous les goûts 🙂

Le mot de Marguerite :
Le programmeur est une histoire qui est proche de la réalité tout en ayant son taux de fiction. Elle ne vous laissera pas insensible, chacun s’y reconnaîtra.
Je remercie Alexandra de s’y être intéressé et toute autre personne qui compte le lire.

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Seriez-vous capable de protéger vos secrets ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’autrice de sa gentillesse et de sa réactivité.

L’insolente douleur du corps

Je lis des auto édités

logo-dLament Lake, de l’autrice Jo RILEY-BLACK, 284 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon, publié en décembre 2018.

Résumé : Que savez-vous de la dépression et de ses vices ? Êtes-vous sensibles à l’isolement, la folie, la déchéance totale ? Jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour renaître de vos cendres ? Voici le récit de Maisie, sa vie, sa destruction, sa ville pourrie, ses amis… Plongez avec elle dans l’enfer de la dépression. Questionnez votre propre vie, vos propres regrets, en lisant cette dark romance.

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Je commence pour une fois, ma chronique avec une bouteille de vieux rhum, quelques allumettes, des rails de coke, des morceaux de pizza… Si vous ne comprenez pas pourquoi, attendez de lire le drame qui se joue durant les 284 pages du roman.

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Un Sanglot qu’il vous faudra déguster avec des parts de la pizza Chilly Cheese de chez Domino’s Une bonne bouteille de Rhum ne sera pas de refus… histoire de pimenter la soirée.

Dès les premiers mots, un début de débauche, de lâcher-prise morbide qui me donne mal au ventre et mal à la tête. Un maigre espoir d’une quête de liberté intense, éprouvée par le seul désir de se détruire, de se déposséder de son enveloppe corporelle et de son âme. Voilà ce que m’évoque le début de ce roman. Je perçois une terrible souffrance. Elle se répand dans mon intérieur comme un serpent en traque, non loin de cette atmosphère pesante qui agrippe Maisie, une jeune lycéenne, dépressive.
Car oui, si vous ne l’aviez pas encore compris, l’autrice aborde avec ses mots et ses émotions, la douloureuse maladie de la dépression, de la perte d’une jeunesse et d’une vitalité promise, mais également, l’anorexie, qui n’est pas prônée ici mais qui vit tapis dans l’ombre de Maisie. J’apprends à la connaître. L’abandon de son corps a débuté depuis de nombreuses années maintenant. C’est étrange, comme je me sens mal à l’aise de lire ces lignes. Non pas parce que je n’apprécie pas le style de l’autrice mais au contraire, car elle me fait vivre une mort lente mise en mots, tous plus trash les uns que les autres. L’autrice ne maquille pas et ne mâche pas ses mots pour améliorer ce quotidien ternis par le rejet parental, l’abandon de soi, la disparition du moindre souffle de vie. Si bien, que ma lecture me laisse, l’espace de plusieurs chapitres, sans voix, avec un sentiment d’écœurement, tant la description du mal qui ronge Maisie, est détaillé avec précision et tragisme.

J’ai donc fait la connaissance de Maisie, une jeune fille en perte de repères, abattue, et, de son groupe d’amis, tout aussi mal en point, abritant au fond d’eux remords, regrets et envie d’ailleurs.
Notre personnage principale entretient des relations plus que toxiques avec sa mère, absente et détruite. Ces personnages sont plus que réels, et expriment une forme de rage qui fait sens.
James, le frère jumeaux de Luke, qui est aussi le meilleur ami de Maisie, cache un lourd passé qui le pousse également à s’auto-détruire. Son côté « bad boy » fait de lui un garçon attachant et intriguant, malgré le fait qu’on puisse par moment lui trouver un coté agaçant, tant il s’énerve vite contre Maisie, dont j’apprécie le franc-parler. James, comme Maisie sont des personnages très solitaires et mystérieux. Ils sont à eux deux, la personnification de « l’agir » c’est-à-dire qu’ils préfèrent, lorsque l’émotion est trop forte, la fuite et la casse. Frapper leurs corps et les corps, aussi fort qu’ils le peuvent pour laisser s’échapper ce trop-plein de vie en eux.
James et Luke entretiennent des relations tendues en mode – Je t’aime, moi non plus- que je trouve assez curieuse. J’aime que l’autrice souligne la difficulté d’être jumeaux avec un autre qui vous ressemble, mais qui s’oppose à tout ce que l’un aspire. Ce lien fragilisé par la distance de personnalité et de caractère, est parfaitement mis en scène du début à la fin.

Cette distance/amour/haine se traduit également autour des liens familiaux distendus, chaotiques et déstructurés pour tous les personnages de ce roman. L’absence de repères, d’autorité, de fragilité parentale est renforcée par l’image d’un père abandonnique et pervers.

Je ressens des frissons à la lecture de certains passages tranchants avec le silence de la souffrance qui s’extirpe du souffle de Maisie. C’est intolérable, je suis là, en train de lire, pendant que de l’autre côté de ces pages se joue des drames. C’est indécent la manière dont la violence des scènes est décrite de façon aussi fluide, presque simplement et avec une distance qui m’inquiète et me fascine à la fois. Un grand bravo à l’autrice qui réussit à me faire aimer cette violence silencieuse par ses mots et une certaine douceur, car il me prend l’envie par moment, d’enlacer et de réconforter Maisie. Peut-être suis-je un peu psychopathe ? Les scènes sont d’une décadence totale qui parfois me mettent mal à l’aise tant elles sont animales. C’est si paradoxal de dire que l’autrice décrit avec émotion l’écœurement…

Sa tête était lourde, mais son esprit était vide. Ça bourdonnait dans ses oreilles. Une vague de chaleur. Puis la nausée. Au-revoir le chaud. Bonjour le froid. Tout était immobile. Sauf elle. C’était asphyxiant. Elle aurait voulu crier mais le son resta bloquer à la lisière de ses lèvres. Elle s’adossa alors à un arbre, et ne se concentra plus que sur l’écorce acérée labourant son dos. Les larmes percèrent des tranchées entre ses paupières closes. Elle inspira. Dieu que ça faisait mal.

Il est également question d’une confession latente de Maisie. Tout au long de la lecture je me demande ce qu’elle cache à ses amis. J’apprécie le lien fait avec la difficulté de confier tout haut son mal être à ceux qui sont censés nous être proche. Cet apprentissage de la vie pour Maisie et ses amis se fait sans nul doute, dans la douleur. Une amitié sauvage, brutale et fragile lie tous les personnages de ce roman. L’autrice utilise des mots durs voire violents pour peindre des émotions torturées. Une amitié comme famille. Qu’en pensez-vous ? Est-ce possible ?

De plus, il y a beaucoup de désir sexuel pour Maisie. Est-ce seulement le travail des hormones adolescentes ou est-ce que le goût du sexe lui permet de combler une sorte de manque affectif ? Quoi qu’il en soit, un combat se joue quelques pages plus loin entre les liens du sang et les liens de l’amour. Un duel pervers. Qui en sortira gagnant ? Qu’y a-t-il à gagner ?

Le pardon est un des nombreux thèmes que l’autrice met en mots également. Mais taire des actes odieux ne ferait-il pas que de nous en rappeler le traumatisme ? Pardonner les autres est déjà un pas énorme, mais se pardonner soi, de se faire subir l’impossible, est-il moins douloureux et plus facile ? Je ne pense pas.
J’ai songé à un moment où ce pardon serait posé et serein, mais il n’en ai rien De nombreux rebondissements viennent contre balancer mes plans à la vitesse grand V ! La fuite devient un échappatoire correct. Mais pourquoi ? J’ai cette image de l’envol d’un papillon qui quitte le cocon qui lui tenait chaud pour mieux s’épanouir. Il n’en est rien ici. Un arrêt d’urgence est dressé quelques lignes plus loin. Comme un frein à mes propres aspirations d’un « Happy-End ». J’ai l’impression que l’autrice nous peint une forme de renaissance, comme s’il fallait pour vivre, mourir une fois. J’aime cet instant de retour à la vie, ce combat par intraveineuses.

Voici un roman dont la douleur a rythmé ma lecture tant il s’agit du récit d’un drame de vie. Un pur concentré de vérités en ce qui concerne la difficulté de vivre, la peur d’avancer et la descente cruelle aux enfers. Un combat entre le bien et le mal, l’amour et la haine. Mais surtout, une épuisante lutte contre soi. Un peu comme dans le livre de Paul COELHO, « Véronika décide de mourir ». Connaissez-vous ?

Wow !! J’aime cette fin. Mon dieu ! Je ne m’attendais pas du tout à ça !!

Le mot de Jo :
Tout d’abord merci à Alexandra d’avoir pris le temps de lire et de faire une chronique de mon roman.
Merci à ceux qui l’ont déjà lu ou qui maintenant, ont envie de le lire.
Et surtout, si vous écrivez vous aussi, ne laissez rien ni personne se mettre entre vous et vos rêves. Ne laissez personne vous faire croire que ce que vous faites ne compte pas et ne vous comparez à personne d’autre qu’à vous-même.
Vous êtes votre seul obstacle, votre seul rival, mais aussi votre plus grand ami et votre plus bel allié.
Croyez en vous et prenez du plaisir dans tout ce que vous faites.

 

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Est-il douloureux d’aimer ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Un grand merci à l’autrice pour sa plume, sa réactivité et sa gentillesse.

 

La quête d’une liberté version Rock ‘n’ Roll

 ! SERVICE PRESSE – avant-première !

Le vol de l’autruche, de l’autrice Crysten SULLIVAN, 360 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur le site de la Fnac et Amazon (liens en bas de la chronique), publié aux Éditions Carnets Nord, le 5 avril 2019.

Maggie vous résume ce livre : Je suis grosse, autant ne pas y aller par quatre chemins. Je n’ai pas de travail, du moins pas encore… Ma mère m’écrit tous les jours pour me rappeler à quel point ma vie est minable et, que je ne fais aucun effort pour améliorer ma situation. En amour, je croise la route de boulets, plus cons les uns que les autres, qui ne voient en moi qu’une fille grosse et moche. Puis un beau jour… Miracle ! Je décroche un job, dans une entreprise jeune et branchée, où travaillent de jeunes geeks. Est-ce un piège ? Que va-t-il encore m’arriver ? Arriverai-je à survivre ?

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Le titre du roman me plaît beaucoup et m’intrigue. J’aime le décalé entre le fait qu’une femme aux formes généreuses, soit représentée sur la page de couverture, et que le titre indique qu’une autruche peut voler. Dans les deux cas, cela me semble impossible. L’autruche est un oiseau connu pour se cacher en cas de danger. Je fais donc le lien entre Maggie, femme trop réservée et limite agoraphobe, et le titre. Le mot « vol » me fait écho à un envol, une métamorphose, un changement de cap. Seules les choses ou personnes légères peuvent voler ? Voyons ça de plus près…

L’autrice nous propose un témoignage où Maggie, son héroïne, parle en « Je ». J’ai beaucoup aimé cette forme de récit, que je ne vois pas très souvent. Cela n’est pas écrit de façon journal intime, ce qui me plaît car, cela pourrait vite tourner « adolescente en crise », sujet pas très atypique.
Il s’agit donc d’un témoignage mettant en mots, les maux de Maggie, une jeune américaine obèse.
Un remake du film « l’Amour extra-large » de Peter et Bobby FARRELI ou, une version de différentes séries que vous pouvez retrouver ici ? Pas du tout à mon sens ! Ici, l’autrice souhaite souligner la possibilité de s’aimer, en mettant en scène un personnage, non pas renfermé sur lui, mais une femme ronde qui avance et est dynamique. Maggie tente (à travers les mots de l’autrice) de nous faire prendre conscience de la difficulté d’être obèse et, des évènements néfastes (regards, critiques, difficulté de décrocher un emploi…) qui en découle.

Alors comme Maggie, je ne vais pas y aller par quatre chemins. J’ai juste adoré ce roman ! Maggie est un personnage haut en couleur, au franc parler à pleurer de rire, elle y va cash ! Elle a un tempérament de feu, ce qui fait d’elle un personnage attachant et dynamique. Son côté trash et décalé a su maintenir mon attention, dès le début de ma lecture. J’aime son côté rebelle et Rock & Roll, un peu moins son côté pessimiste et victime de ses kilos en trop. Son mal être a tendance à la rendre agressive avec tout le monde.
Je vais vous faire une petite confidence… comme elle, j’adore m’empiffrer de glace. Pas vous ?

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Un True qui accompagnera vos soirée déjantées et « remonte-moral » façon Ben & Jerry’s

La mère de Maggie est l’incarnation de l’angoisse. Une personnification maternelle, qui n’arrive pas à couper le cordon avec sa fille. Elle est « hors-sujet » la plupart du temps, mais, son humour et son amour maladroits m’ont amusée. Elle s’inquiète comme c’est le « rôle » d’une mère de le faire, quant à l’avenir de son enfant. La distance géographique qui les sépare, ne font qu’amplifier ses interrogations sur l’avenir de sa fille. Va-t-elle enfin vivre une vie saine et sereine, se demande-t-elle.
Jason, le meilleur ami de Maggie, est un personnage attachant, qui aurait pu s’appeler aussi « m’as-tu vu ? ». Néanmoins, son discours transpire la sincérité quand il renvoi à Maggie son côté « victime de la vie ». Il sait très bien lui demander d’arrêter de pleurer sa vie minable et de se bouger. Je trouve quand même qu’il a un discours un peu « bateau », par exemple, dire à Maggie d’assumer ses kilos en trop pour se sentir mieux dans sa peau. Mais comment Maggie peut-elle faire cela ?
Enfin, nous avons Bouddha, l’ami obèse de Maggie, dont le prénom, je pense, n’est pas choisi au hasard. Il pourrait représenter une forme de conscience de l’instant présent, permettant à Maggie de reprendre confiance en elle. Ses paroles son sensées et positives, malgré sa propre situation.

L’entraide amicale est, un des thèmes évoqués à travers ces pages. Je constate qu’il a quand même ses limites. Comment un ami peut nous aider à chasser le mal qui nous ronge, si lui-même ne vit directement pas ce que l’on traverse ? Cette entraide se retrouve aussi via les réseaux sociaux, qui de nos jours, permettent à beaucoup de dialoguer sur des sujets sensibles. Ici, il s’agit de mettre en avant la difficulté de s’assumer, de se regarder dans un miroir, de s’aimer.  Les diktats d’une société pèsent beaucoup sur les conditions et les actes des personnes qui s’y confrontent chaque jour. Ils empêchent de se réaliser et d’être pleinement soi. Le regard des autres sur soi et son parcours est un autre thème abordé dans ce roman. J’aime qu’il représente le poids qui pèse sur une personne et, la façon dont il nous conditionne et nous catégorise.
Enfin, étant donné qu’il s’agit de l’abord du surpoids dans ce roman, l’autrice souligne également, le fait que toutes les méthodes pour perdre du poids, être heureux etc. ne sont pas adaptées à tous, et, qu’elles peuvent faire plus de dégâts, qu’aider.

Au tribunal physique, aucun défaut n’est innocenté. Tout doit être accusé, jugé, condamné, expié. Les bons avocats se font rares et ne triomphent que rarement. Les prisons finissent par être bondées de criminels seulement coupables d’être ce qu’ils sont.

Et puis, ça y est, Maggie entre dans une multinationale. Elle y fait la rencontre de Louis-Valentin, le médecin de l’entreprise. Je l’avoue, tout au long de ma lecture je n’ai pu m’empêcher de penser que Louis Valentin se moquait de Maggie (mais ça doit être mon côté trop parano). C’est si étrange qu’il soit mielleux avec elle sans attendre en retour le moment où il l’achèvera… Un grand rebondissement se joue par la suite auquel je ne m’attendais pas du tout ! J’adore !
J’aime la relation qui s’installe entre Maggie et Louis-Valentin. La façon dont les deux personnages se cherchent, se rapprochent, s’éloignent. Cela me fait penser à une danse, où chacun apprend à connaître l’autre, ses peines mais aussi ses espoirs.

Qui dit travail, évoque malheureusement le côté sombre de la rivalité et de la jalousie. C’est ce qu’incarne le personnage de la boss – La RENARD-. Rien que son nom ne présume rien qui vaille. Il m’évoque la ruse, la jalousie et les plans foireux, pour voler la vedette aux autres. Pourquoi cette femme jalouse autant Maggie ? Je dois bien avouer que j’ai beaucoup constaté l’existence d’une forme de rivalité dans le travail et, l’autrice a su mettre en scène un personnage à la hauteur de cette dernière. C’est gagné ! Je suis révoltée par l’attitude de la boss !

Ce livre m’a fait réfléchir également sur le thème de la confiance en soi, qui regroupe selon moi, plusieurs facettes comme : l’enveloppe corporelle (le physique, la beauté …), mais aussi l’audace (toutes ces petites choses à demander à son boss pour travailler dans de meilleures conditions). L’apprentissage de cette confiance et de cette estime de soi est selon moi, une forme de liberté, qui nécessite certains sacrifices comme, se confronter à ses peurs ou à ses doutes. Ce que Maggie apprend à la suite de ses nombreuses expériences. J’ai beaucoup aimé sa remise en question et sa détermination. J’aime le fait que Maggie souhaite exister dans le regard d’un autre, mais pas à n’importe quel prix. Cette notion de confiance, est à mettre en lien, selon moi, avec celle de l’honnêteté dont il est question également. Être honnête envers soi -même et envers les autres.
La remise en question progressive de Maggie envers sa vie, la met sur le chemin de l’excentrique Gabriele. J’ai adoré ce personnage quoiqu’un peu excentrique ^^. Ce moment de rencontre n’est pas une improvisation, et je remercie l’autrice d’y glisser le symbole d’une renaissance, d’un rachat, d’une demande de pardon, pour mieux aller de l’avant et tout recommencer.

Le titre du roman soulignerait donc une préparation physique et mentale, pour s’envoler du nid, être seul maître à bord de sa vie, être suffisamment solide, pour affronter sans l’aide de ses parents, les obstacles de la vie. Ce roman aborde aussi en toile de fond, les relations compliquées entre parents et enfants, qui n’imaginent pas l’avenir de la même façon et, dont les envies se heurtent parfois à l’incompréhension ou au rejet.
De plus, ce livre me fait prendre conscience de la difficulté de vivre au quotidien pour une personne obèse. Le mal être et la souffrance que ces personnes retiennent en elles, les poussent à s’isoler du monde, se couper de tout lien, anesthésiant par la même occasion les sentiments. On ne peut s’empêcher de comparer notre souffrance à celle des autres et, de mesurer leur impact sur notre quotidien, si bien, que par moment, on n’est plus à l’écoute de l’autre, mais en résonance avec ses propres maux. Maggie apprendra a apprivoiser sa propre culpabilité et sa colère.

Ce roman aborde donc les normes sociales liées à un poids idéal. Ce livre parle aussi d’immigration. Je me sens touchée ayant immigrée de France en Belgique. Comme Maggie je ne regrette pas un pays pour un autre car ce que j’y trouve me ravie. Cette lecture nous offre la vision d’une possibilité de s’aimer, de changer le regard que l’on porte sur nous-même, pour le transformer en quelque chose de positif qui vient booster notre productivité et notre confiance en soi. Je me risque à associer une perte de kilos à l’envol des soucis qui nous pèsent au quotidien. Un formidable témoignage qui devrait donner du courage à beaucoup de personne tant le style est léger, drôle et l’écriture fluide et addictive.  Le grand plus de ce livre est sans nul doute sa couverture qui me donne du peps et transpire la vitamine D ! On sent un côté Rock & Roll qui me plaît bien. Peut-être aurait-il fallu traduire les mots et expressions utilisés en anglais, pour permettre à tous de comprendre ? Cependant, je trouve que l’utilisation de l’anglais, de temps en temps, renforce l’authenticité du personnage de Maggie, la rendant plus « authentique ». Cette utilisation donne également plus de cachet et de crédibilité au récit. Le style est fluide, ma lecture addictive et pleine d’humour. Les dialogues sont très bien construits je trouve. Maggie s’envole-t-elle ? Découvrez-le en lisant « Le Vol de l’autruche ».

Le mot de Crysten :
Quand j’ai pensé à écrire Le Vol de l’Autruche, j’étais étudiante à Londres et j’avais l’âge de Maggie, l’héroïne du livre.
Dans l’une des chambres de mon couloir de résidence étudiante vivait une jeune femme, J., qui était obèse. À chaque fois que je la croisais, je sentais qu’elle allait mal. Son regard me fuyait, elle rasait les murs. Nous ne nous parlions pas souvent ensemble, mais elle me touchait.
Un soir, j’ai parlé d’elle à ma meilleure amie de Londres, étudiante en psychologie. Je ne sais pas pourquoi, mais après quelques minutes de discussion, j’ai promis à cette amie qu’un jour, j’écrirais un roman ayant pour héroïne une jeune femme en surpoids, comme J. . Des années après, en souvenir de cette promesse, je me suis attaquée à l’écriture de ce livre. Je voulais que ce roman :
. soit à la fois touchant et enlevé
. qu’il redonne le sourire à des personnes souffrant d’une mauvaise image d’elles-mêmes à cause de leur poids
. qu’il sensibilise les personnes ne rencontrant pas de problème de poids

 

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Quelle est votre propre définition de la beauté ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Un grand merci à l’autrice pour sa bonne humeur et sa gentillesse ainsi que d’avoir fait le lien avec sa ME, bienveillante et au top, m’ayant permis de lire ce magnifique roman en avant-première.

Pour vous procurer ce roman allez visiter le site web de la ME juste . Vous pouvez aussi vous rendre sur Amazon ou sur le site web de la Fnac.

Un Huis-clos à l’intelligence artificielle

Je lis des auto éditéslogo-dThe Prison Experiment, de l’auteur Éric COSTA, 680 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon. Publié en 2018.

 

Le résumé de votre mission : 13 hommes dont une femme, vont devoir se rendre incognito, dans ce grand dôme obscur et invisible de tous surnommé « l’Œuvre«  par son créateur, Dédale. Dans cet immense labyrinthe ont été enfermés 5300 détenus volontaires. Aujourd’hui livrés à eux-mêmes, personne ne sait ce que sont devenus ces détenus, ni-même ce qu’il s’y passe exactement. Aurez-vous le courage de réaliser cette mission ?

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Bienvenue dans un univers aux évocations mythologiques me dis-je à moi-même. Juste le temps de m’armer de mon P90 et je vous livre mes impressions…

Je me dis que ce pavé, écrit relativement petit va passer entre mes mains. Je suis excitée par ma future lecture et j’aime ce sentiment d’impatience qui m’envahit.
L’intrigue me promet d’être transportée dans un univers apocalyptique et d’être guidée par un commando d’exception. Que vais-je rencontrer sur ma route ? En lectrice organisée et prudente, je prends soin de lire les recommandations que l’auteur a glissé à notre attention, à la fin de son ouvrage. C’est vraiment une très bonne idée car il y a énormément de personnages dans son roman. J’ai apprécié m’y reporter quelques fois pour être sûr de ne pas confondre un personnage avec un autre. Bien pratique !

En parlant de personnage, celui d’Elena, que l’on peut voir sur la photo de couverture est juste génial ! Je m’identifie à cette femme courageuse, réservée et très intelligente (sans vouloir me vanter^^).

Premières pages, premières impressions. Une tuerie ! Wow ! Ce roman m’a bouleversée, bousculée, angoissée, paniquée, car il s’agit d’un véritable massacre au niveau de cette expérience qui mène inévitablement à la mort… Comme Elena, membre du commando, j’avance à pas de loup dans un univers hostile et angoissant. J’ai littéralement peur de trouver un piégeur derrière ma porte alors je n’ose pas décrocher de ma lecture en restant au chaud dans mon lit, tant pis pour la dernière commission du soir lol. Ma lecture est incroyablement addictive ! L’auteur a une plume en or, tellement fluide et détaillée que je n’ai pas de mal à m’imaginer faire partie de ce commando. Oreilles en alerte, j’aime la tension qui me tient pendant ces 680 pages ! Âmes sensibles, suivez-moi.

Pour survivre dans cet état de mort sociale dans laquelle je m’enfonce, il m’est nécessaire de ne pas penser, ou de tenter de penser le moins possible au monde qui fut le mien jusqu’à ma chute. (…) La liberté dites-vous ? Où se trouve la véritable liberté ? Où est la prison ? (…) Vous êtes-vous déjà demandé qui a le véritable contrôle sur votre vie ? Vous êtes-vous déjà posé cette question, la plus importante à mon sens : quelle illusion préférez-vous ?

L’auteur nous embarque donc dans une réflexion autour du contrôle et de la manipulation mentale, jusqu’à épuisement des forces physiques et psychologiques, jusqu’à un semblant de victoire sur l’autre. Je sens comme un besoin de prouver sa force, sa supériorité face à un autre être humain. Tension, épreuve de force ont rythmées ma lecture avec en toile de fond, une illusion d’espoir. Comment raisonner si on vous prive de votre capacité à entrevoir une porte de sortie ? J’ai beaucoup aimé cette idée d’avoir en permanence une surveillance à l’intérieur du dôme, des yeux qui voient tout à l’image d’un modèle de prison panoptique, comme si un intrus avait pénétré votre intimité. Vient alors un face à face avec le vide et, c’est à qui répondra en premier.

The Prison Expériment - Eric COSTA (2).jpg

Un Sanglot synonyme de massacre qui me laisse le ventre vide. Peut-être mon pc me sauvera-t-il …

Qui dit commando, dit chef. Qu’est-ce qu’il peut m’exaspérer ce Basileus, j’ai peur qu’il les fasse tous se faire tuer ! J’aime sa hargne mais je n’aime pas son individualisme et son égocentrisme envers les hommes (et la femme) qui l’accompagnent pour cette mission. Je note que l’auteur a pris le soin d’attribuer à chacun, des caractéristiques uniques qui les rendent réels. Les soldats ont du courage car moi, je ne sais pas si je serais entrée dans l’Œuvre.
Les prisonniers quant à eux, du moins pour les survivants, sont parfois comparés à des créatures, des bêtes, comme un mal qui nous ronge de l’intérieur, la naissance d’une folie aggravée. Les détails sont saisissants et bien écrits. Ce que j’ai beaucoup apprécié c’est que souvent, les scènes se déroulent dans le noir ou dans des conditions climatiques périlleuses, ce qui n’a fait qu’amplifier la tension ressentie de par l’imagination débordante qui s’active.
J’aime beaucoup l’idée de suivre l’évolution du commando mais également d’autres personnages en parallèle, tous autant traumatisé par cette expérience. Je n’ai pas eu de mal à suivre l’évolution de tous les personnages. Chacun a un rôle à jouer plus ou moins important. Le récit d’un des détenus qui nous parvient me plonge en Enfer. L’ambiance est à glacer le sang. Cette expérience me fait penser à celle de STANFORD (que l’auteur évoque également), bestiale, violente avec un gros plan sur le voyeurisme et la folie de l’homme. Et c’est bien de cela dont il est question : jusqu’où l’homme peut-il aller pour survivre ? Quand la folie remplace la raison ? A quel moment se déclenche la perte de contrôle de soi ? Enfermés dans une espèce de forteresse, les prisonniers sont livrés à eux-mêmes. La construction sécurisée de la prison, permet-elle de ne laisser s’échapper personne ou de ne faire entrer personne ? Malgré la dureté des conditions, de véritables paysages colorés se succèdent. Je me surprends à me demander comme Agellos, si ce que j’imagine est bien réel ou seulement un mirage. J’admire la faculté de l’auteur à nous faire perdre tous nos repères spatio-temporels, la folie nous guettant peu à peu. N’est-ce pas là une volonté de nous signifier que le cerveau humain est un labyrinthe dont on part en exploration chaque jour ? Je trouve que l’auteur sait nous donner un aperçu des risques de l’isolement et des effets qu’elle procure au cerveau. J’avais l’impression en lisant, d’être en exploration de mon âme au purgatoire.
Comme dans la vie réelle, il demeure des clans dans cette prison. Certains poussent la cruauté à son apogée, d’autres au contraire tente de vivre une vie « normale ». Les questions de vie, de mort, de liberté et d’enfermement sont très présentent dans ce roman. Quelles définitions y apposer ? Comment y accéder ou l’éviter ? Il semble que le désespoir soit une tentative de réponse que l’auteur met en avant.
J’aime que l’auteur face illusion au thème de la déviance, ici suite logique à un projet inhumain qui tourne mal. Tout le monde, je pense, peut se reprocher un fait dont il n’est pas fier et, qui l’a poussé à commettre quelques fautes.
L’évocation de l’intelligence artificielle est plus que d’actualité parmi les avancées technologiques qui bouleversent notre quotidien. C’est dingue de pouvoir aujourd’hui, recréer, imiter la vie ! Je me questionne alors sur l’équilibre entre l’inné et l’acquis, le bien et le mal. Une évocation mystique et biblique avec le nombre « 13 », me renvoie en échos la malchance qui plane autour du commando, composé de ce même nombre.
J’aime beaucoup ce jeu d’énigme entre le créateur et les « joueurs », qui dynamise ma lecture et qui complète bien cette notion de « labyrinthe » dont il faut trouver la clé. Le poids du silence est pesant, pourtant, l’auteur a su y mettre des mots qui résonnent comme l’Ange de la mort venant chercher son festin.
Comme dans la vie réelle encore une fois, l’auteur a pris le soin de poser en toile de fonds, l’organisation d’une société avec ses côtés positifs (entraide, amour, amitié) mais également ses travers (meurtres, vengeance, folie). L’activation d’un besoin de survie met à mal notre côté rationnel et altruiste. Nous retournons à la base de la création de l’univers avec la représentation des quatre éléments, dont les nombreuses épreuves de force contraignent l’acquisition.

J’ai vraiment adoré ma lecture ! J’ai ressenti angoisse et peur du début à la fin. Quelques fois, j’ai aperçu au loin un mirage d’espoir. Il y a énormément d’actions et de suspense dans ce roman. L’auteur a su accentuer et mettre en évidence nos plus profondes peurs, les menaces qui nous pèsent au quotidien dans un huis-clos extrêmement bien pensé et écrit. Lorsque je pensais que tout allait se terminer et que je pourrais sortir, l’auteur vient bouleverser et renverser ce peu de réconfort et d’espoir. Il met des mots précis sur la peur, la vie et la mort. Étant encore bloquée dans cette prison, j’attends avec  impatience que le commando d’Elena vienne m’en délivrer… Rendez-vous bientôt pour le tome 2 !

Le mot d’Éric :
Entrer dans l’univers de  » The Prison Experiment », c’est comme plonger dans le déluge, sous un vent de tempête, dans un froid polaire, pour ressortir trempé, éperdu et tremblant sous un soleil de plomb.
Je ne le conseillerais pas à mon pire ennemi, à part s’il est drogué aux émotions.

 

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Avez-vous survécu à votre lecture ?

Avez-vous trouvé la sortie ?

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