Laura Zante et François Lapierre, de nouveau réunis !

! SP ! En collaborations avec  Librinova et la brasserie belge - belgicus.

La Solution Thalassa, de l’auteur Philippe Raxhon, 358 pages officielles, publié en 2019. Son deuxième roman (et le premier) sont disponibles en versions brochée et électronique sur le site de Librinova mais aussi sur ceux de la Fnac et d’Amazon.

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La Solution Thalassa c’est… un séminaire sur le thème de la Shoah donné par François Lapierre, un voyage dans les Ardennes belges pour le rapatriement du corps d’un soldat chaperonné par Laura Zante, des mensonges et des vérités, des esprits critiques, de la manipulation, un soupçon d’intelligence artificielle… Êtes-vous prêts ?

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Mon épopée gourmande a commencé lors de la séance de dédicaces de notre cher auteur belge, Philippe Raxhon, dont le premier livre, La Source S, a su bouleverser ma vision du passé et du travail colossale de la mémoire. Nous y avions suivi les aventures mouvementées de Laura Zante et de François Lapierre, tous deux historiens. Pour vous rafraîchir la mémoire, lisez ou re-lisez ma précédente chronique gourmande complète juste .

Je me permets de prendre une petite pause dans les locaux de La Brasserie Belge, en compagnie de l’auteur (et des très belles rencontres – de droit à gauche : Me ^^, Muriel, Stéphanie, Philippe & Christine), de Michel, créateur de La Belgicus, nouvelle bière qui vaux le détour soit dit en passant (si vous allez sur Liège, rendez-vous ici, pour en déguster un verre et repartir avec votre pack).

IMG_20190621_1917165Me voici avec mon livre sous le bras et un verre de Belgicus Gold, avec laquelle j’aurai pu associer ce second tome. Cependant, après ma lecture, je me suis vite rendue compte du ton plus sombre qu’emploie l’auteur dans la Solution Thalassa. Il me manquait une saveur particulière pour le mettre en relief. Un met plus fort, plus chocolaté, plus sombre…

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Tartufo pour un thriller plus sombre…

Voilà qui est mieux n’est-ce pas ?

Je me retrouve donc en compagnie de Laura et de François, un duo qui fonctionne à merveille, tant leur complicité et leur amour pour l’Histoire et la mémoire sont fortes. A nouveau, les chapitres sont courts, ce qui facilite ma lecture et rend le suspense plus qu’haletant. Une grande fluidité émane de cet ouvrage qui peut se lire d’une seule traite si le lecteur ne peut s’empêcher de connaître le fin mot de l’histoire.

Grande surprise et vraiment agréable selon moi, le ton de l’auteur est plus sombre, plus énigmatique, bien que fluide et humoristique à petites doses, ce qui élève ce livre au rang de véritable thriller historique noir. Nous sommes plongés dans un contexte plutôt ordinaire (un séminaire) mais dans une ambiance qui glace le sang et donne la chair de poule : la Shoah. L’auteur mêle à la question de la mémoire collective contemporaine, l’insatiable question de l’intelligence artificielle, qui provoque de nombreux débats cérébraux. J’adore ! Je ne sais pas où je vais, mais ce qui est sûr, c’est que dès le début de l’histoire, un mystère plane autour de la Source Thalassa et de ses enjeux dont on apprend la dangerosité. Me voilà nerveuse à souhait et sur mes gardes. Quelque chose ne tourne pas rond et se veut menaçant, et je compte bien sur Laura et François pour le découvrir !

Dans ce roman, pratiquement toutes les actions et conversations se déroulent dans l’ombre ou via internet. Que reste-t-il de la notion d’humanité, de communication en face à face ? Ce qui nous sensibilise à l’évolution de nos communications et du pouvoir qu’à la toile quant aux différents trafics qui s’y jouent chaque jour.

Les deux compères vont vivre deux moments étranges, en parallèle, dont l’enjeu est encore bien plus grand qu’auparavant, car il concerne cette fois-ci, l’avenir de l’humanité. Une question nous vient alors à l’esprit : jusqu’où peut aller l’homme ? Pour tenter d’y répondre, cette histoire est pimentée de manipulation psychologique, de mystérieux correspondants et d’un homme redouté comme redoutable. Qui tire les ficelles de qui ? Je me suis posée cette question tout du long de ma lecture, tant on ne sait plus à qui faire confiance. Qui dit la vérité ? qui ment ?

On croit que la vérité est nécessairement audible, on se trompe, qu’elle est intelligible, on fait erreur. La saveur du mensonge peut être une liqueur bien plus douce au palais que l’âcreté de la vérité.

Les personnages qui gravitent autour des deux protagonistes sont plus vicieux, plus cruels que dans le tome 1. La manipulation est un de leur point commun. Redoutable comme la peste, ellen a de quoi effrayer et questionner. Quelles intentions sert-elle ?

Voici une belle démonstration de l’application de la critique historique pour déceler le vrai du faux mais aussi, pour comprendre les intentions d’autrui, que nous livre l’auteur. J’apprécie que dans cette ouvrage, il y explique des notions historiques et technologiques, parfois complexes, mais avec encore plus de simplicité que dans le premier tome. Les novices apprécieront le geste !

J’ai néanmoins quelques points de repères auxquels me raccrocher, à commencer par le côté gaffeur et naïf de François et son amour débordant pour sauvegarder son statut prestigieux d’épicurien en chef. Également, une complicité à toutes épreuves entre les deux amoureux de la mémoire. Enfin une Laura aussi vive et impulsive que dans la Source S et dont la fougue nous donne force et persévérance.
Je tiens à vous rassurer que, comme le souligne l’auteur, certaines allusions sont faites vis-à-vis de La Source S, mais elles n’entravent en aucun cas, la compréhension du deuxième roman. Je vous conseille cependant, de lire les deux, pour apprécier la différence de ton et la diversité des thèmes abordés.

Ce second roman m’a fait réfléchir quant à l’évolution plutôt déconcertante et angoissante des avancées technologiques dont l’intelligence artificielle semble mener la partie. Un défi pour les historiens mais quelque part, une promesse d’aller encore plus loin dans leurs recherches. S’appuyant sur la logique de la critique historique, ce roman questionne la place de la vérité, son rôle et ses supports de communication et de diffusion. Il se veut être une démonstration d’une réflexion possible sur les dérives futures. Y mêler des faits de terrorisme, y mentionner des termes comme Dieu ou contrôle, rend paranoïaque, quiconque cherche à s’extirper d’un avenir terrifiant et incertain. Pouvons-nous encore parler de Droits de l’Homme ?

Je laisse à Philippe, le soin de vous glisser quelques mots…
« La Solution Thalassa pose la question de notre avenir, de ses défis, mais aussi des manipulations qui entourent les scénarios projetés dans le futur, dans un monde désemparé où la peur réjouit les manipulateurs.
Cette fois-ci mes deux historiens vont utiliser la critique historique non pas pour comprendre le passé et comment ce passé nous constitue, mais ils vont tenter de contrecarrer ces manipulateurs dans leur vision de l’avenir.
J’ai voulu La Solution Thalassa comme une suite de La Source S, parce-que les deux héros poursuivent leurs aventures, mais j’ai conscience que ce nouveau roman est différent du précédent, y compris dans sa ligne narrative. C’était un risque volontaire de ma part, mais nécessaire je pense, pour rester ouvert à la diversité de l’écriture romanesque.
Il est probable qu’un troisième opus éventuel s’inscrive dans une démarche de renouvellement analogue ».

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L’addition, s’il vous plaît

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Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Regardez-vous toujours votre avenir du même œil ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Merci beaucoup à Philippe pour sa générosité, sa plume et les questionnements qu’il introduit à travers ses romans. Je vous recommande de le suivre sur les réseaux sociaux et d’aller dévorer son livre !

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A l’origine étaient les nombres…

Hellow les lecteurs gourmands ! 🙂

Aujourd’hui, je vous retrouve pour faire le point du livre :

– 100 infos insolites sur les nombres, les ordinateurs et les codes-

Ce livre est disponible depuis avril 2019, en version brochée sur le site des Éditions Usborne mais également sur celui de la Fnac et Amazon.

J’ai remporté un exemplaire de ce livre via 🙂

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Je remercie toute l’équipe de Babelio en partenariat avec les Éditions logo-usborne. Merci pour ce magnifique concours 🙂

De quoi ça parle ?

Les nombres imaginaires existent-ils vraiment ? À quand remonte l’invention de la webcam ? Quelle était sa première utilisation ? Les esprits curieux trouveront la réponse à de nombreuses questions dans ce livre original et instructif, illustré avec humour et riche en anecdotes et en informations insolites. Des liens Internet renvoient le lecteur à des clips vidéo, à des activités et à des jeux pour en savoir plus et tester ses connaissances sur les chiffres, les ordinateurs et la programmation.

Ce que j’en ai pensé…

Je suis certaine que vos enfants ou ceux que vous avez rencontrés ont toujours mille et une questions à vous poser. Pas de panique ! Ce livre est fait pour eux et pour vous ! La première chose qui me frappe en commençant ma lecture est le langage adapté à la cible (c’est-à-dire aux enfants âgés d’au moins huit ans). En effet, les termes sont choisis avec simplicité et sont facilement manipulables pour des enfants. Le ton est donc personnalisé et le tutoiement de rigueur.

Les couleurs sont vives et attractives, ce qui donnent envie de se plonger dans cette lecture. Je trouve que ce livre est très ludique et permet d’expliquer des faits et moments clés de l’histoire complexes parfois de façon claire et amusante. De plus, la couverture rigide ne craint rien entre les mains d’enfants les plus aventuriers !

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De nombreux schémas simplifiés guident notre lecture. Une manière de mieux cerner l’information, que l’on soit plutôt visuel ou textuel.

C’est de façon constructive et divertissante que ce livre nous fait découvrir l’histoire des nombres, des ordinateurs et des codes, depuis leurs créations jusque nos jours. Un guide d’apprentissage complet qui invite son lecteur à être également acteur de son éducation. En effet, le petit plus de ce livre est sans doute les nombreux liens qui renvoient soit vers des vidéos soit vers des activités à faire seul ou en famille, ainsi que des jeux. Une belle manière d’enrichir sa culture générale autour d’un bon goûter !

Nous pouvons penser que ce livre ne suit pas une chronologie évidente, mais je pense que le but est de puiser ce que l’on veut au moment où on l’a décidé. Chaque sujet traité correspond à un numéro de fiche, ce qui nous laisse à penser que ce livre est divisé en plusieurs périodes, indépendantes les unes des autres. Ce qui peut être très pratique pour catégoriser les différents points dans le domaine des sciences de l’informatique.
Chaque fiche est plutôt courte, ce qui permet à l’enfant de ne pas s’ennuyer trop rapidement ou d’être vite lassé. Pour parfaire le tout, les espaces de textes et d’images n’occupent soit qu’une page complète soit qu’une double page, mais est plutôt bien géré. Le côté créatif du livre aide donc à tourner aisément et rapidement les pages, sans rester bloquer sur un terme ou un sujet.
A la fin de cet ouvrage vous y retrouverez une frise chronologique, un glossaire, un index ainsi que les liens internet présents au sein de cet ouvrage.

Que l’on soit simples curieux ou passionnés, ce livre recèle de métaphores, d’images et d’anecdotes humoristiques, pour passer un bon moment de lecture. A la fois éducatif et abordable, il permet aux parents un support plutôt attractif. Enfin, son prix compétitif (12.95€) a de quoi en séduire plus d’un !

Ce livre traite des nombres, ordinateurs et codes, comme son titre l’indique mais il informe également sur d’autres matières pour en expliquer certaines notions comme l’histoire, la géographie et même les mathématiques en passant par le français ! De plus, il articule plusieurs messages comme la bienveillance, l’importance de travailler sa mémoire ainsi que la vigilance.

Si vous interrogez un enfant, il vous dira que ce livre est :

Trop cool !

Et même qu’il…

apprend pleins de trucs sur les nombres !

En bref, je pense qu’ils ont adoré…

regarder les vidéos avec papa et maman !

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L’addition, s’il vous plaît

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Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Envie d’en savoir plus sur l’histoire de l’informatique ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Le livre indispensable de l’été !

Je lis des auto édités

Journal intime d’une parfaite imparfaite, de l’autrice Marie-Laure Étienne, 321 pages officielles, auto-édité en 2019. Son roman est disponible en version brochée et en version électronique sur Amazon. L’autrice est présente sur Facebook et Instagram 🙂

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Cher journal… : Je m’appelle Anaé, j’ai trente-ans, je suis d’origine antillaise. Mon cœur est à prendre (que le futur père de mes enfants se manifeste ! Je me meurs !). Si vous passez outre mes côtés gaffeuse, naïve et tête en l’air, je crois que nous pourrions aller nous éclater sur un son de Beyoncé ! Puis, ça m’aidera à oublier mon ex, et peut-être même le fait que mon job craint un max… Attendez de connaître les membres de ma famille, vous allez les adorer !

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Un grand merci à Marie-Laure pour son roman qui apporte un vent frais et pétillant avec lui ! J’ai passé 321 pages à pleurer de rire ! Entre une histoire entraînante, des personnages débordant d’énergie positive (pour la plupart car je déteste son ex !), j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture ! Une histoire simple qui fonctionne et reprend les grandes lignes d’un quotidien que nous traversons tous.

Ce livre se lit en peu de temps (j’ai dû ralentir ma lecture). Comme j’ai été triste de l’avoir terminé… Car, tout a été conçu pour nous faire oublier nos problèmes et faire une trêve à la déprime. En effet, les chapitres sont courts et addictifs, je me suis rendue compte de la difficulté que j’avais à m’arrêter de lire, tant l’histoire est légère et prenante. L’écriture fluide, en gros caractères, et la plume humoristique et vive de l’autrice sauront vous rassasier. En parlant de manger…

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Un chick-lit qui, accompagné de St-Jacques au vin blanc, se savoure en un rien de temps !

Parce-que, la nourriture tient une place importante dans ce roman, ce thème souligne avec subtilité l’importance d’un bon repas comme remède, surtout dans les esprits des antillais.

Si je reviens au livre, au début, j’ai été un peu surprise du résumé (qui comme vous pouvez le constater sur la photo de la 4e de couverture, est une fiche d’identité. Assez atypique pour un chick-lit. Peut-être qu’une autre forme pourrait davantage souligner le côté drôle et léger de ce livre ? Quoi qu’il en soit, ma curiosité a été titillée à bon escient. Très vite, je me retrouve en compagnie d’Anaé, une trentenaire qui a la pèche et qui va devoir affronter les aventures d’un quotidien qui se veut proche de notre réalité. Entre un ex qui ne lui lâche pas la grappe, son boss et son collègue qui lui mènent la vie dure, elle n’a pas vraiment de quoi se réjouir et être heureuse. Pour contre-balancer ce contexte un peu maussade et sombre, les personnalités et caractères des autres personnages qui gravitent autour d’elle,  à savoir sa mère, sa grand-mère, sa collègue et sa meilleure amie ; sont plus que nécessaires. Des personnages hauts en couleur qui abordent chacun un style loufoque et amical, voire antisocial pour un.

Je souligne l’effort de l’autrice de simuler un accent antillais en remplaçant les « r » par des « w », ce qui fonctionne très bien ! Petit bémol, de temps à autre, certains « r » ont été oubliés. De plus, souvent, le « e » pour marquer le féminin est absent. Cela n’a pas pour autant terni mon envie de poursuivre ma lecture.

J’apprécie qu’au fur et à mesure de ses rencontres et mésaventures, Anaé puisse changer de point de vue et mûrir. Certains de ses raisonnements peuvent sembler un peu puérils, mais je trouve qu’elle prend du poil de la bête et revêt une armure plus affirmée en fin d’ouvrage. Et puis, la roue tourne ! Comme quoi, il faut toujours croire en son destin, tôt ou tard, tout finit par arriver. Car, il faut avouer qu’Anaé semble attirer le mauvais œil, ce qui fait de ce personnage, une personne touchante et sensible. Son peps et son énergie mettent du baume au cœur.

Anaé est une personne sociable et aimée, ce qui souligne et introduit l’importante notion de réseau social qui gravite autour d’une personne et nous rappelle utilement, la nécessité de pouvoir compter sur des amis ou avoir le soutien de sa famille en cas de doute, de souhait d’abandon ou d’échec.

Des moments de suspense et de doutes viennent au gré de notre lecture, peaufiner certains détails importants, et engendrent des réflexions utiles concernant les choix que nous devons effectuer et les dilemmes que nous sommes amener à croiser sur notre parcours.

J’apprécie que ce livre traite le côté professionnel qui impacte beaucoup notre vie privée. En effet, ne pas aimer son travail, vivre au moins huit heures par jours avec des collègues imbuvables n’est franchement pas aidant à l’épanouissement personnel. Nous le voyons clairement dans ce roman. La difficulté apparaît au moment de faire des choix de vie, d’avoir la force de quitter ses habitudes pour l’inconnu. Car, par ironie du sort, c’est bien connu, cet inconnu fait peur, mais peut être source de liberté en fin de compte.

Une joie sans pareille planait dans l’air.

Je retiens de se roman qu’il nous dit d’oser, de ne pas abandonner en chemin. Un livre qui nous rappelle également que les imprévus font partie intégrante de notre vie et qu’il ne faut pas les combattre au risque de s’épuiser, mais au contraire les accepter même s’ils sont douloureux, car ils nous aident à mûrir nos réflexions. Un message fort et puissant abordé avec légèreté et humour ! Un mélange parfait, non ? Ce roman est tout simplement une personnification de la joie de vivre.

Le mot de Marie-Laure
Parce-que nous avons besoin de sourire.
Parce-que nous avons besoin de rire.
Parce-que nous avons besoin de croire en nous, en nos rêves, et en notre avenir.
Belle lecture !

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L’addition, s’il vous plaît

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Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous à la recherche d’un livre pour l’été ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie Marie-Laure d’être venue me présenter son livre et de m’en avoir offert une version brochée. J’ai adoré ma lecture estivale. Merci pour ton humour et ta joie de vivre !

Les mathématiques peuvent servir…

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La Route Hors Du Monde, Tome 1 : entre les chiffres, de l’autrice Charlie Clé, 146 pages officielles, auto-édité en 2015. Son premier tome est disponible en version brochée et en version électronique sur le site de la Fnac et sur TheBookEdition.com. Pour plus d’informations, allez faire un tour sur le site web de l’autrice (attention, certains articles comportent des spoils !) ! Elle est également présente sur les réseaux sociaux !

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1605104721250510181295646306101916961949631051005061059 : Antoine, un adolescent de quinze ans, est envahit par cette suite de chiffres. Depuis huit ans, il ne parvient pas à en comprendre le sens. Grâce à l’aide de ses amis, il va mener une enquête pour tenter de percer le mystère mathématique qui se cache derrière.
Très vite, la bande est prise dans des évènements, tous plus étranges les uns que les autres. Inquiétude, mystère, peur… rythment ce roman !
Jusqu’où les conduira cette liste ? Est-ce vraiment une bonne idée de vouloir lire entre les chiffres ?
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J’ai dû faire durer le plaisir de lire le premier tome des aventures d’Antoine, un jeune garçon à qui la chance n’a pas souri. Élevé par une mère aimante mais un père tyran, très tôt,  il doit grandir plus vite que les autres. 
À cela s’ajoute un tourbillon de nombres qui s’invitent constamment dans son cerveau. Un tourne disque incessant dont il ne comprend rien. Du moins, pas tout de suite… Une longue route attend Antoine et ses amis. Je regrette un peu qu’il ne soit pas davantage mis sur le devant de la scène étant donné que c’est lui que les chiffres, harcèlent. Peut-être est-ce une volonté de l’autrice pour faire de la place à toute sa bande d’amis et aux membres de sa famille ?
Le lecteur est pris dans une spirale infernale cadencée par le doute, avec d’un côté le mystère lié à ces nombres et de l’autre, les actions qui se déroulent tout au long de ce court roman.
Il est vrai que les actions s’enchaînent à un rythme soutenu et ont du sens, car chacune à leur niveau, nous transmet un indice supplémentaire quant à la compréhension de cette suite de chiffres.
L’autrice y dépeint avec style, différents tableaux, différents morceaux de rêves, comme elle nous l’apprend dans des articles de son site web. L’ensemble est plutôt cohérent et donne à cette histoire un côté fantastique, qui lui colle bien à la peau !
Ce roman est assez spécial dans le sens où il met en scène des personnages aux quotidiens plutôt ordinaires avec une tendance pour les histoires trash ou sombres (un dont la mère est dépressive, un autre qui se fait battre par son père…) et les transporte dans un monde extraordinaire, proche de la science-fiction ! J’aime beaucoup. Deux opposés qui fonctionnent très bien ensemble. Nous avons donc une réalité à la limite du noir que vient combler un univers fantastique.
Ce roman court mais percutant, définit à lui seul, la fine et fragile frontière entre le rêve et la réalité.
Les chapitres sont courts et nous laissent parfois perplexes quant à la suite de l’histoire. Mais, c’est sans compter la plume vive, humoristique de l’autrice qui ne nous laisse aucun répit !
Cette intrigue est assez ambiguë dans le sens où elle empreinte les codes et usages de divers genres littéraires, pour nous embarquer dans une vision fantastico-réelle du monde, sur les traces d’un chemin parallèle.
Cependant, malgré peut-être le manque de descriptions à certains passages du livre, ce roman se lit comme on engloutit une bouchée de pain ! Le plus banal des objets (comme une voiture par exemple) devient absurde et le sujet de nombreux rebondissements, c’est génial !
J’apprécie que l’autrice y aborde le thème central de l’amitié. Dans ces moments de doutes, de peur et d’incompréhensions, que traverseront chacun, la solidarité dont ils témoignent les uns envers les autres, est très touchante. L’image d’une union entre tous donne une certaine cohérence à l’intiguen et est primordiale au bon déroulement de cette histoire assez tordue, il faut se l’avouer. Ce que j’ai le plus apprécié, est que chacun grâce à ses compétences et connaissances, apporte sa pierre à l’édifice et ensemble, ils parviennent à avancer sur cette route hors du monde. Leurs liens se renforcent au fur et à mesure, à l’instar de les couper de la réalité petit à petit. J’aime beaucoup le personnage sceptique du père qui nous rappelle qu’en chacun de nous demeure une part qui veut y croire et l’autre qui se refuse toutes croyances ésotériques. Va-t-il y croire dans le tome 2 ?
Plus j’avance dans ma lecture et plus toute cette histoire me semble insensée ! Je ne sais plus si je dois rire ou stresser tant la tension est drôlement bien menée et conduit le lecteur à poursuivre sa lecture malgré les incompréhension qui le gagnent. Selon moi, il s’agit d’un roman young-adult qui met en avant la quête du sens, la difficulté de croire en des choses qui relèvent de l’imaginaire, l’esprit de famille et l’amour que l’on porte aux autres que ça soit en amitié ou en amour.
Que veulent signifier ces chiffres ? Ont-ils une suite logique, une histoire, un début, une fin ? Pourquoi telle personne est concernée ? Beaucoup de questions se suivent dans mon esprit.

Jouer le mystère avec la carte des chiffres est très bien pensé. Après tout, qui n’est pas devenu dingue en regardant le film « Le Nombre 23 » de Joel Schumacher ? Les chiffres ont ce don de nous être familiers mais de nous faire peur également.Les introduire dans un roman favorise l
e suspense haletant comme en témoigne ce roman.
Mon cerveau d’enquêtrice s’active. Le pari est réussi pour ce premier tome, car malgré toutes mes théories, aucune ne me dira pour l’instant ce que représentent ces chiffres…
La notion de temps est très présente dans ce premier tome. L’adage « Tout vient à point à qui sait attendre », vous est peut-être familière ? Et bien, je trouve qu’elle résume parfaitement l’ambiance assez mystique de ce roman. En effet, il aura fallut huit ans à Antoine pour amorcer une explication à cette suite de chiffres. De plus, les personnages sont forcés d’avancer pas à pas, énigme après énigme, pour résoudre cette enquête. Tout comme il faudra une seconde partie au lecteur pour découvrir (peut-être) le fin mot de cette histoire.
« Longue sera la route, mais ce n’est pas une raison pour se presser. Au carrefour prenez le temps de vous arrêter. »
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Et je me suis arrêtée pour déguster ces fameuses Bruschetta à la tomate ! Merci Giovanni ❤

Rendez-vous pour le tome 2 prochainement…
 
Le mot de Charlie
Yeats a écrit :
« Marche doucement car tu marches sur mes rêves. »
Pour La Route hors du Monde, ce sont plutôt mes rêves qui m’ont marché dessus !
Pas ceux que l’on fait éveiller, que l’on espère réaliser, que l’on travaille à accomplir, mais ceux qui viennent de nulle part, qui surgissent dans notre esprit quand le sommeil le rend vulnérable. Vulnérable et réceptif.
Ce sont ces rêves-là, qui semblent parfois n’avoir aucun sens, qui sont les fondations de cette trilogie.
Bonne lecture…
BarreSeparation
L’addition, s’il vous plaît

La route hors du monde tome 1 - charlie clé

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Devenez-vous obsédés par les chiffes ?

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Je remercie Charlie pour cette découverte surprenante et agréable mais également pour sa gentillesse. Vivement le tome 2 🙂

C’est cadeau ! L’autrice vous propose de découvrir un extrait de la trilogie « Âmes Soeurs ». Je vous mets le lien du site web, actuellement en construction.

J’ai rendez-vous avec Moi.

Je lis des auto édités

! SP
Suivre les vagues – Tome 1 : A contre-courant, de l’autrice Anaïs W., 260 pages officielles, auto-édité en mai 2019. Son roman est disponible en version brochée et en version électronique sur Amazon. Je ne peux que vous encourager à suivre l’actualité de l’autrice, en vous inscrivant à sa newsletter juste ici. Vous êtes auteur et vous avez besoin d’un conseil ? L’autrice vous aide à vivre de vos romans ! C’est par ici.

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L’appel des vagues : Imaginez-vous loin de tout, loin de vos repères, des personnes auxquelles vous tenez. Mettez-vous dans la peau d’une personne en mal de vivre, en perte totale d’ambition et de projet de vie. Maintenant imaginez-vous au bord de l’eau et laissez-vous porter par les murmures des vagues qui tentent de redonner corps et vie à votre âme… C’est l’ambiance dans laquelle nous plonge l’autrice avec son dernier roman. Il met en scène Eléa, une femme en quête d’un épanouissement futur et une ambiance marine. Là où vos pieds vous emmènent, vous serez au bon endroit pour apprécier la lecture de ce fabuleux roman de développement personnel.

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Un livre de développement personnel ? Oui, mais pas que… Il ne s’agit pas d’un énième livre qui vous dira comment allez mieux (pour faire court), mais bien d’un témoignage romancé qui vous invite à la réflexion personnelle, à l’auto-analyse. Et c’est ce qui en fait un très bon livre, en témoigne la fluidité de sa lecture ! J’ai apprécié ne pas perdre mon temps, ne pas lire des phrases toutes faites qui n’ont pas de sens pour moi. Ce que j’ai trouvé dans ce roman, c’est une ouverture d’esprit, une plume réfléchie, sincère et enthousiaste ; des touches de poésies et une expérience salvatrice.

Partir seul. Pour se retrouver avec soi-même ? Partir loin. De tout. Entreprendre un voyage afin de retrouver sa nature profonde cachée sous des couches de goudron. Affronter ses peurs, même les plus sombres. Mais doit-on nécessairement partir pour se retrouver ? Pas toujours, mais c’est le choix d’Eléa, une jeune femme en demande d’ouverture, de liberté. Une envie de faire taire ses angoisses et ses questionnements qui l’ont enfermée dans une boîte et mise au placard trop tôt.

J’aime l’idée que chacune de nos rencontres ne se fait pas par hasard. C’est le cas de celle d’Eléa et de Farès, un jeune homme impulsif, secret, brut, mais vrai. J’admire la relation que les deux protagonistes vont entretenir. Tous deux sont enveloppés de gênes, de silences qui mettent parfois le lecteur en tension douce. Peu de dialogues rythment leur apprivoisement, mais je traduis ce choix comme une béquille pour attirer notre attention davantage sur les bienfaits de la présence de l’autre, sa chaleur qui parfois suffisent à nous faire nous sentir bien et à notre place.
Apprivoiser l’autre, sa personnalité, ses réactions, ne sont pas des actions si simples, en témoigne ce duo atypique mais complémentaire. En effet, la peur de l’inconnu est un sujet fort et très présent dans ce roman. La fougue de Farès semble être un levier pour qu’Eléa traverse au mieux les émotions qui vont la bouleverser tout au long de son périple. Je me surprends à en avoir parfois des frissons tant ce duo décrit des faits réels et non fictifs.

En partant, Eléa va apprendre à dompter sa solitude. Une lourde entreprise qui nécessitera pour elle et son entourage, de se plonger à l’intérieur de ses pensées. Pensez-vous que l’on en soit capable ? Certainement, oui. Mais à quel prix ? Apprendre à vivre seule est l’objectif qu’elle se fixe. L’autrice glisse le joli symbole de l’apprentissage de la vie avec la scène où Eléa et Farès se retrouvent à cuisiner ensemble, avec dans le rôle paradoxal de l’enseignante, Eléa, la novice en matière de liberté et de regard bienveillant posé sur soi.

Rien n’est perpétuel, tout change. Il suffit d’observer ce qui se passe et de laisser faire.

Apprendre à s’aimer passe par l’autorisation que l’on se donne, d’aimer son image. J’aime que l’autrice souligne subtilement le rôle divertissant de la TV, qui nous empêche quelque part, de nous regarder dans le miroir. Un objet dynamique qui ne reflète qu’un corps inerte qui le fixe. Que cherche-t-on à faire avec cette activité ? Tromper sa solitude ? Avez-vous remarqué comme le « l » de ce mot se supporte à lui seul ?
Je relève l’abord de la notion des apparences qui peuvent étouffer notre coté naturel. Pourquoi dans le fond, aurions-nous besoin de le faire passer au second plan ? Cette recherche vaine d’une image parfaite nous fait passer à côté de beaucoup de choses… en commençant par s’accepter tel que l’on est, et le temps perdu à penser à des stratégies pour changer. L’estime de soi et la confiance en soi sont mises à mal au profit du costume de Mr Tout Le Monde.

Je ne peux m’empêcher de ressentir, au fil de ma lecture (merci à la publicité et aux normes sociétales et sociales…), une gêne lorsqu’Eléa se retrouve seule sur une plage et qu’elle tente de nouvelles expériences. Ce qui me gêne est cette permission à se montrer, se mettre sur le devant de la scène. C’est vrai non ? Peu de monde de nos jours, ose, se montre sans maquillage, enlève ce masque social qui sourit bêtement, ne camoufle pas ses émotions derrières celles que les autres souhaitent voir. Mais quelle fierté lorsqu’on y parvient !

Pendant cette remise en question, loin de son quotidien habituel, Eléa se questionne autant que je peux le faire. Ne pas avoir peur du silence, d’être en compagnie de soi-même est un long travail comme le mentionnent ces passages du roman. J’ai l’agréable sensation que ce livre résume ma quête du bonheur et les différentes phases de doute, de joie, de culpabilité, de fierté, d’acculturation… qui l’accompagnent. Suivre les vagues c’est un peu comme prendre le temps de s’écouter. Je soupçonne une part de l’autrice dans le personnage d’Eléa, une part souhaitant se libérer de non-dits, de ce sentiment de trop-plein. Je me questionne sur la difficulté de s’accepter en tant que femme, sensible dont les émotions peuvent nous faire vaciller en quelques secondes.

Une petite pause. Je suis prête à déguster à la bonne franquette, cette omelette à base de basilique pour entrevoir la romance à travers ces pages, de poivron piquant rouge pour vous donnez le peps nécessaire, cette impulsion de vie ; de lardons pour bâtir de solides fondations, et de fromage pour arrondir les angles des imprévus de la vie.

Suivre les vagues - Anaïs W.jpg

Il suffit parfois d’un peu de simplicité pour entrevoir la porte de sortie…

J’ai vraiment aimé ce roman, proche de mes sensations et questionnements actuels. Un livre qui peut nous accompagner dans l’acceptation de soi. De plus, il pointe du doigt la difficulté de faire des choix personnels, de prendre des décisions importantes qui modifient notre vie. Peut-on s’autoriser à lâcher prise ? est la question transversale de ce livre. Peut-on avancer sans les diktats de la mode ? est également un point sensible. Comment trouver le soutien nécessaire à cette entreprise ? Car même si l’on souhaite être seul pour se recentrer sur soi, un ami n’est pas de refus, comme un point de repère pour ne pas perdre le nord. A l’image de l’amitié distante mais complice qu’entretiennent Eléa et Cathy. Ce roman décrit parfaitement la réalité. Une réalité que l’on n’ose pas s’avouer de peur d’en être déçu, de vaciller, mais qui pourtant est un excellent point de départ avant de prendre rendez-vous avec Soi.

Le mot d’Anaïs
Dans ce nouveau roman, le développement personnel est clairement mis en avant. Je souhaite que les réflexions de mon personnage, les outils qu’elle utilise (la méditation, les affirmations…) soient une source d’inspiration concrète pour mes lecteurs, bien plus que dans mes précédents livres.
Je vous souhaite une belle lecture !

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L’addition, s’il vous plaît

Anais W - Suivre les vagues.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Entendez-vous résonner en vous, le bruit des vagues ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie sincèrement Anaïs pour m’avoir permis de découvrir et d’adorer son dernier roman ! Mais également, pour sa plume honnête et amicale qui me donne l’opportunité de me questionner toujours plus…

« Dans la vie, on peut être qui l’on veut »*

* Phrase extraite du thriller – L’inconnue de l’équation – de l’auteur Xavier Massé.

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L’inconnue de l’équation, de l’auteur Xavier Massé, 238 pages officielles, publié en mai 2019 par les Éditions Taurnada. Son roman est disponible en version brochée et en version électronique notamment sur Amazon et la Fnac.

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Le problème est le suivant : Prenez A, un drame familial exposant gain au loto. Notez que B est une enquête de police, exposant 4h pour la résoudre. Ajoutez que A’ est une flic qui expose une version des faits en salle d’interrogatoire 1 et que B’, une grand-mère qui expose les mêmes faits en salle d’interrogatoire 2, et que X est le meurtrier. Admettons que A est une scène calcinée et que B piétine et doit trier les informations de A’ et de B’. Qui est X ?

Vous n’avez rien compris ? Attendez de lire le dernier thriller de Xavier Massé…

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Pouvons-nous vraiment être qui l’on veut ?
La réponse (simplifiée) d’un professeur en psychologie : non mais peut-être.
La réponse avant la lecture de ce roman : ça serait dingue !
La réponse après la lecture de ce roman : mon dieu… oui.

Bon, j’ai tout simplement cru que j’allais faire une crise d’angoisse, puis une crise cardiaque, pour finir six pied sous terre, et remonter illico presto pour avoir le fin mot de cette enquête.
La tension et le suspense sont intenses dans le second thriller signé par Xavier Massé. Que dire de sa plume à la fois tranchée, addictive, familière, excentrique, fourbe, malicieuse et de cette intrigue imaginée avec tant de complexité que même le mot « complexe » ne suffit pas à planter le décor ?

L’inconnue de l’équation est un roman machiavélique qui ne vous laissera pas dormir ! Il soulève beaucoup d’interrogations sur divers thèmes forts comme, la peur de l’inconnu, le désir de changement, l’envie tout plaquer pour vivre une vie rêvée ou parfaite… Mais tout peut-il seulement se réaliser parce qu’on l’a décidé ? N’y a-t-il pas à laisser une place à l’imprévu, l’inconnu ?
Bien sûr, ce besoin de prendre l’air est également entravé par le rejet, l’abandon des personnes censées nous aimer plus que tout, la désillusion face à la vie, les choix de vie parfois extrêmes que l’on se doit de suivre malgré nous, la folie qui guette chacune de nos cellules… en sommes, toute une série de blessures psychologiques empêchant le processus de résilience de s’enclencher. C’est ce que cherche à nous montrer l’auteur à travers ce polar déjanté.

Je remarque que souvent, les thèmes abordés sont en lien direct avec le questionnement de notre identité, de notre personnalité. J’ai adoré me plonger dans la tête de l’auteur pour comprendre et résoudre cette enquête. Mais n’était-ce pas une entreprise périlleuse ?

Il est vrai que je me suis perdue plusieurs fois en chemin tant le parcours pour découvrir la vérité est fastidieux. J’admire la détermination de l’auteur a nous pousser dans nos limites et nos retranchements, si bien que l’on en vient à douter de sa propre logique et de sa propre intelligence. La recherche de la vérité peut s’avérer relever d’une course contre la montre, au détriment de lucidité, et de l’analyse consciente des preuves dont on dispose.

Les morts parlent, racontent et nous entraînent ici dans la manipulation mentale et la fuite. Les enquêteurs ont du pain sur la planche pour démêler le vrai du faux, le vrai du peut-être et le faux du pourquoi. Et les fruits de mer, peuvent-ils vous aider ?

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Un thriller psychologique à prendre avec des pinces et des pincettes…

Je vous annonçais qu’une des composantes de cette enquête est un gain au loto d’une somme faramineuse ! Est-ce qu’il pourrait s’agir d’un mobile ? Oui. Est-ce qu’il pourrait ne pas s’agir d’un mobile ? Oui. Le personnage qui tient le rôle du matérialiste est assurément Juliette, la femme de François, le futur millionnaire. Enfin futur… dois-je vous rappeler A, la scène calcinée ?

Il n’y a pas que la mort dans ce roman, son adversaire redoutable qu’est la vie, armée de son armure d’amour est aussi au rendez-vous. Dans ce roman, vous approcherez la notion d’empathie. Du moins la version dérangée de celle-ci : l’obsession. Pour rendre plus crédible ce sujet, l’auteur a travaillé ses personnages de façon détaillée. Tous les acteurs dans ce roman ont de réelles intentions, une puissante intelligence et pour un d’entre eux, une âme désirant la vengeance plus que tout. Une vengeance aux contours étrangement doux et affûtés.

Je reste néanmoins un peu frustrée et partagée par la fin de ce polar. Une partie de moi reste sur sa fin, une autre est en admiration totale de la démarche qui se cache derrière qui est vraiment, mais alors vraiment bien travaillée ! Surtout si je tiens compte que la recherche d’identité et de liberté sont deux notions qui m’interpellent fortement !
A la réflexion, ce roman me rappelle vaguement le célèbre livre de Patrick Süskind, « Le Parfum« . Nous avons ici affaire à des esprits torturés mais brillants. Je jubile dans ma tête car…

Il n’y a rien de plus jouissif que de voir quelqu’un croire qu’il sait tout, alors qu’il n’a aucune idée de ce dans quoi il a mis les pieds…

Bon, c’est bien beau mais qui est X alors ? Nous comprenons seulement à la fin la signification du titre de ce thriller. Je vous laisse trouver la solution en lisant ce livre. Tâchez de ne pas devenir fou… lecture addictive !

Le mot de Xavier
Lire…c’est voyager.
Écrire…c’est transporter.
Perso, j’espère vous balader…
«Résoudre une équation consiste à déterminer les valeurs que peut prendre la variable,
La variable est aussi appelée inconnue … » 
Simple !…non… ?
Merci à Alexandra et ses papiers mâchés

Bonne lecture J

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L’addition, s’il vous plaît

L'inconnue de l'équation - Xavier Massé

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Avez-vous réussi à trouver cette inconnue ?

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Je remercie sincèrement Joël Maïssa, directeur de publication aux Éditions Taurnada, pour m’avoir proposé l’œuvre de Xavier Massé ! Merci également à l’auteur pour sa gentillesse et sa patience mais surtout pour son excentricité et ce cerveau diabolique ^^.

L’alexandrin des temps modernes

Je lis des auto éditéslogo-d

Écueils de poésies, du poète Alexandre Majorczyk, 122 pages officielles, auto-édité en 2018. Son écueils est disponible en version brochée sur Amazon.

 

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En vers et en rythme : Alexandre vous invite dans son univers poétique, entre amour et mélancolie, joie et tristesse. Il ne vous reste plus qu’à découvrir sa poésie parfois brute, parfois tendre, traduction d’une sincérité touchante, à son image.

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Des rimes enchantent mon cœur et lui impulsent leurs douces mélodies. Tantôt passionnelles, tantôt dépressives, l’auteur ou devrai-je dire le poète, comme je le nommerai ici, m’a fait voyager à travers ses mots et ses émotions. Comme un tableau de natures mortes, Alexandre m’a emmenée au fin fond de mon imaginaire, pour me faire repenser le monde qui m’entoure.

Je suis ravie de renouer avec la poésie, moi qui n’est pas l’habitude d’en lire, du moins plus vraiment depuis les bancs de l’école. Alexandre a su me refamiliariser avec cet art, base de la littérature selon moi, car il permet créativité, rythmique et mélodie, comme un avant-propos à la prose. Une façon différente de poser son regard sur le monde, qui m’interpelle de par sa forme atypique.

J’y relèvent des sonorités courtes, percutantes, floues par endroit, qui m’ont apportées une immense joie et beaucoup d’étonnements. Parfois, je me suis sentie concernée par différents sujets (amour, projet personnel, maladie…) que le mélomane aborde. A d’autres moments, ma place de simple spectatrice m’a pleinement satisfaite tant les mots choisis par ce dernier ne mettent pas à l’écart le lecteur. Au contraire, ils nous invitent à entrer dans la danse, c’est ce que j’ai le plus apprécié durant ma lecture qui s’est faite en plusieurs séquences.
Comment lire un écueil entier de poésies en une seule fois ? Y arrivez-vous ? Vous êtes-vous déjà posé la question ? Pour ma part, il m’a fallu plusieurs moments (sélectionnés au gré de mon humeur) pour découvrir l’univers d’Alexandre.

Il partage avec nous ses interrogations, ce qui fait sens ou non pour lui, nous livre sans tabous ses ressentis et, je me surprends à en faire de même, à être davantage attentive aux sons, au touché, à tous ces petits riens qui font un tout. Je vis des moments de profondes réflexions personnelles et j’alterne avec des phases de méditations ! Qui a dit que la poésie devait être plate ?

Tes yeux écarquillés

Grimacent à n’en plus finir

Ferme les maintenant

Touche cet instant

J’ai été heurtée par la solitude qui se dégage des vers posés par Alexandre. L’incompréhension parfois du monde qui nous entoure dans sa globalité, dans son fonctionnement et les personnalités qui le peuplent.
Allant de la rage, à l’effondrement en passant par la compassion, c’est un panel d’émotions qui abrites ces 122 pages.
Au-delà de ce panel se dresse en toile de fond, la notion de rêve et d’avenir. Une peur projetée par le poète sur les lecteurs, qui laisse mon regard suspendu dans le vide tant je sens le gouffre de la colère tâcher d’encre noire ces écueils…

Alexandre Majorczyk - Ecueils de poésies.jpg

Carpaccio de bœuf et sa salade d’herbe à la fleur d’oranger et son verre de vin rosé pour accompagner la délicatesse de ces poèmes…

J’ai navigué entre amertume, bonheur, coup de foudre et mort effroyable et cruelle de ce couple dont l’auteur nous conte l’histoire en fin de livre. Cela commence par une rencontre, qui peut-être ne devait pas se faire… Un périple aux prix de deux vie pour épancher un amour sincère.C’est tout simplement beau à lire et fluide, comme l’ensemble des poèmes d’ailleurs.


Inévitablement, je suis touchée par la prouesse technique de coordonner l’ensemble de ses pensées et de les traduire en vers et en rimes. Pas une seule fois, je n’ai pas apprécié me plonger dans ces poèmes.
Ce qui me fascine est la simplicité avec laquelle Alexandre sait nous transporter, il nous fait croire en la facilité illusoire d’écrire des poèmes. Or, derrière ce faux-semblant, je perçois un travail de recherches de traduction d’émotions authentiques, et pour cela, je ne peux que vous inciter à regarder, ne serait-ce qu’un instant, dans la même direction que lui, pour le plaisir de partager des moments de complicité, de doute, de peur, de joie.

Le mot d’Alexandre
Soyez convives de mes écueils
Remplis de vers en mille-feuille
Enrobés d’un humble ramage.
J’aimerais vous en faire le partage.
J’y ai nacré mes émotions
D’assonances caramélisées
D’une cassonade ensablée
De passion d’allitérations
J’ai mijoté des jeux de sons
Dès jeux de mots assaisonnés
De cerfeuil à l’arôme secret.
Je vous lance cette invitation :
Asseyez-vous dans ce fauteuil
Feuilletez, feuilletez ce recueil
Garnies de rimes à chaque étage.
Perdez vous au fil de ses pages !
Amicalement,
Alexandre Majorczyk
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L’addition, s’il vous plaît

Ecueils de poésies - Alexandre Majorczyk

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous sensibles à la poésie ?

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Je remercie Alexandre pour sa bienveillance, sa présence discrète et sincère, sa gentillesse et ses confessions.

L’amour mystérieux est courbé…

Je lis des auto éditéslogo-dLa Contemplation des Lignes, de l’autrice Isabel Komorebi, 248 pages officielles, auto-édité en mars 2019. Son roman est disponible en version numérique et en version brochée sur Amazon.

Je vous conseille d’aller faire un tour sur son site web pour vous tenir informés de son actualité : cliquez !

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En résumé, le magnifique Moodboard d’Isabel !

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©Isabel Komorebi

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Le vieux Max m’a toujours soutenu que rien n’arrivait jamais par hasard. Que tout avait un but, que tout avait un sens. Que, même si notre vie ne nous appartenait pas, il y avait un chemin qui était tracé devant nous, telle une ligne, parfois droite, parfois arquée, qui devait nous mener quelque part, là où est notre place. Là où on nous attend.
Mon impression globale sur le roman d’Isabel est un mélange d’étonnement, d’égarement, de mystère, de réflexion personnelle et d’émerveillement. Je suis littéralement troublée par ma lecture qui me laisse presque sans voix, tant j’ai apprécié lire, observer, me jouer des lignes qu’elle décrit avec force, courage, persévérance, sincérité, amertume et passion.
Je suis surprise par l’idée de développer de façon architecturale presque, les paysages qui nous entourent mais également ses émotions. En effet, l’autrice se place telle une dessinatrice, une architecte à la fois de l’amour mais également de notre projet de vie. Cette idée de lignes verticales et horizontales vient presque à nous obséder tant sa démarche est troublante et percutante ! Je n’ai jamais lu pareil roman auparavant.
C’est vrai, tout ce que nous rencontrons, créons,  n’est pas toujours droit. Chaque imprévu est déformé par ces courbes, ces lignes, entendues au sens d’évènements, de rencontres qui bouleversent notre quotidien.
Un mot vient peindre et résumer l’ambiance atypique de ce roman : contemplation. J’y lie une forme d’adoration de mise à nu, de sensibilité, d’admiration envers autrui. Un abandon presque total de nos craintes.
Au fil de ma lecture, je découvre deux protagonistes à la fois complémentaires mais si opposés ! Cet étrange sentiment que deux êtres sont faits pour être ensemble malgré leur décalage ne m’a pas lâchée durant ma lecture. Je ne peux que me demander d’où vient la colère du garçon (Ethan) et la délicatesse de la fille (Lily). J’émets un seul bémol, je n’ai pas accroché au fait que soit redondant la mention du mauvais caractère d’Ethan. Mais je ne peux nier le sentiment plus que réel qui m’habite quand je pense à ce garçon et cette fille, qui par des chemins tortueux, vont se rapprocher.
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Une romance qui s’accompagne d’une pizza parma-basilique, maison bien sûr !

J’aime beaucoup l’intrigue qui se joue à travers les histoires des deux protagonistes. Des allusions à la colère ou encore à la peine et à la peur sont présentées. Un vrai mystère s’installe et me pousse à poursuivre page après page, mes découvertes. J’ai hâte de découvrir le dénouement de cette histoire.
La façon dont les corps se désirent mais s’interdisent de vivre pleinement un amour pourtant réciproque, m’interpelle. Cette contemplation des âmes relève presque du religieux, de l’adoration sacrée. Une sorte de dévotion à l’autre. L’autrice dépeint un véritable coup de foudre qui relève du domaine du mystique.
Je trouve remarquable l’enchaînement des deux points de vue dans les chapitres courts et intenses : celui d’Ethan et celui de Lily. C’est une prouesse que de passer de l’un à l’autre sans en perturber la lecture et embrouiller le lecteur. L’autrice nous invite dans sa tête et parvient à transmettre les émotions que les deux personnages principaux ressentent chacun à tour de rôle durant le même instant.
Beaucoup de mystères sont présents au sein de ma lecture qui me pousse à m’interroger sur plusieurs points. Que s’est-il passé ce fameux jour pour Ethan ? D’où viennent les horribles cicatrices de Lily ? Que représentent ces lignes qui nous hantent ?
Au-delà de la recherche de l’amour vrai, ce livre traite aussi des relations entre frères. Un savant mélange entre protection et rancœur. Mais également de la mémoire : intangible, infaillible. L’un se souvient de cet amour pour cette femme, l’autre ne se souvient de rien…
Ce roman parle aussi du temps qui défile et qu’on ne maîtrise pas. Entre passé et présent, le futur est mis à mal et sans cesse redessiné. La notion du temps s’efface pour laisser place à un souvenir à la fois douloureux mais salvateur. Une survie pour une vie. Un passé en commun qu’on ne peut mesurer qualitativement ou quantitativement.
Pour alléger ce texte lourd de sens, l’autrice a judicieusement glissé le symbole de la liberté à travers les chevaux, la passion d’Ethan.
Peut être que mes mots vous paraissent flous, mais ce sont les sentiments que je tire de ma lecture. Je ne vois qu’un horizon fait de lignes droites pourtant l’autrice sait nous emmener au-delà du réel, à la frontière du concret.
Les émotions décrites sont à la fois courtes, intenses, douces et brutales. Comme une expiration trop légère ou une inspiration trop profonde.
Ce roman me trouble. J’ai l’impression qu’une partie de sa compréhension m’échappe.  C’est indéniablement ce qui en fait sa force !

 

Le mot d’Isabel
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©Isabel Komorebi

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L’addition, s’il vous plaît

La contemplation des lignes- Isabel Komorebi.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Que pensez-vous de cette étrangeté de l’amour ?

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Je remercie l’autrice pour sa patience, sa gentillesse et son originalité qui me permet d’ajouter une touche de fantaisie dans la présentation de ma chronique.

Un meurtre étrange

Je lis des auto éditéslogo-dL’étrange affaire Laprades, de l’auteur Jean Jolly, 246 pages officielles, auto-édité en décembre 2018. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon.

 

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Les faits : Qualifiés « d’étranges ». Étrange n.m. : caractère de ce qui est étrange, qui sort des normes. Étrange adj. : qui frappe par son caractère singulier, insolite, surprenant, bizarre. Un avocat anxieux, un industriel arrogant, une épouse infidèle, une adolescente arrogante et passionnée, des policiers équivoques, un commissaire célèbre mais trop discret, un détective désinvolte mais efficace, un antiquaire de renom mal à l’aise, un expert mondain fasciné par l’argent et les femmes, un étudiant en médecine mêlé à un trafic douteux, une concierge aigrie et prétentieuse, un avocat général féroce et borné, des truands dangereux… Un meurtre.

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Dans l’ensemble, j’ai aimé l’histoire et l’enquête où le suspense est marqué. Cependant, même si la plume de l’auteur est fluide, je regrette le manque de descriptions et de précisions notamment pour les personnages et les lieux. Je tiens à préciser que malgré tout, cette histoire se lit très facilement. L’intrigue de l’enquête policière nous est amenée de façon logique et à ce que le lecteur puisse douter et s’interroger sur le ou les coupables. Une tension se créée via l’attente de la révélation finale. Certaines phrases comportent des coquilles mais ces dernières ne sont pas nombreuses. Les chapitres sont courts alternant action, suspense et, description.

La couverture de ce roman me fait penser à un classeur comme on pourrait trouver dans un bureau d’avocat. Le rouge pouvant symboliser la passion (car il s’agit également d’une histoire d’amour dans ce roman), mais également la vengeance, le sang.

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Un policier classique au doux goût du poireau et des tagliatelles aux œufs.

La rivalité entre la mère et la fille Laprades est sous-entendue et pousse le lecteur à s’interroger sur la relation qu’entretienne ces deux femmes. Une notion de vengeance est vaguement présente à l’esprit du lecteur et pourrait servir de motif au meurtre…

Les personnages sont nombreux mais interviennent chacun à leur tour, ce qui évite au lecteur de les confondre. Je n’ai pas été perdue durant ma lecture. Leurs profils sont intéressants mais manquent parfois de ce petit « punch » qui les rendrait davantage attrayants et profonds. Par exemple, j’aimerai que l’accusé Laprades, puisse avoir une personnalité plus affirmée encore qu’une simple façade froide. De plus, j’aurai aimé que ce dernier soit davantage présent durant le déroulement de l’histoire étant donné qu’il est accusé de meurtre. Il me manque ses réactions.

Ce que j’ai le plus apprécié est le duo avocat-détective. L’alliance de la justice et de l’enquête privée apporte à l’histoire un certain dynamisme qui ne se refuse pas. Les méthodes peu orthodoxes du détective dénotent avec celles plus cadrées de l’avocat en charge de l’affaire Laprades. Cette complémentarité basée sur une opposition est fortement bien trouvée et travaillée ici. Mystère et amusement sont donc au rendez-vous.

Du fait que le contexte de l’histoire place les personnages dans un milieu aisé, je note alors un enjeu derrière cette enquête qui pointe du doigt l’ambiguïté de faire front à des personnes haut placées et leurs stratagèmes pour faire apparaître et disparaître des preuves. De plus, elles ont un pouvoir supérieur aux autres, ce qui oblige l’opposition à doubler de précaution ainsi que de prudence. Optimisation et irréprochabilité doivent être de rigueur.

Ce roman montre également la difficulté de mener à bien une enquête tant le champ d’investigation est vaste et qu’il implique beaucoup de personnes. Chaque hypothèse doit être vérifiée, infirmée ou validée. Toutes les personnes impliquées peuvent représenter le coupable idéal. L’auteur aime jouer avec le lecteur et l’emporter vers de fausses directions, ce qui en fait un bon policier classique. Nous ne sommes pas ici dans un polar noir. Des indices sont récoltés au fur et à mesure de l’enquête mais, je doute sur la validité de certains dans la vie réelle car trouvés parfois de façon illégales.

Beaucoup de duos se font face dans ce roman ce qui pourrait signifier une forme de confrontation mais aussi, un combat ou une opposition entre le bien et le mal, la vie et la mort ou encore, entre la justice et le crime. Ainsi, j’aime le binôme avocat-juge d’instruction mais également celui de la mère et de la fille Laprades.

Le hasard ? Il faut savoir l’aider pour qu’il soit favorable.

Le mot de Jean
Intéressé par les nouvelles technologies, j’avais relevé avec confiance et enthousiasme le défi de l’édition numérique en présentant un premier roman policier – « L’étrange affaire Laprades » – à Amazon.
Agréablement surpris et flatté par les critiques élogieuses de nombreux chroniqueurs, j’ai cru naïvement que la partie était gagnée.
En fait, ma vocation tardive pour le roman policier fut rapidement déçue et contrariée. Elle s’est heurtée à une dure réalité : le crime paie encore moins dans l’édition numérique en plein essor que dans l’édition traditionnelle en perdition.

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L’addition, s’il vous plaît

L'étrange affaire Laprades - jean Jolly.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Que pensez-vous de cette dualité ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’auteur de mettre en avant la difficulté de se faire publier en maison d’éditions classique. L’ère du numérique n’est pas sans déplaire mais n’est pas gagnant à coup sûr non plus.

La puissance du savoir

Je lis des auto éditéslogo-dLa Voleuse des toits, de l’autrice Laure DARGELOS, 676 pages officielles, auto-édité en février 2019. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon. Je vous conseille d’aller faire un tour sur ses blogs en cliquant ici et . De très bons conseils d’écriture s’y trouvent ainsi que l’actualité de l’autrice et de ses romans.

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Loi du 31 mai 2019 : Vous vous perdrez à travers le temps en remontant en 1798. Vous ferez la connaissance d’Éléonore Herrenstein (alias Plume), jeune aristocrate, fille de l’Ambassadeur de la ville de Seräen ainsi que d’Élias d’Aubrey, l’un des hommes les plus puissants du royaume, fiancé d’Éléonore. Vous craindrez les règles écarlates et sa ligue. Vous suivrez Plume sur les toits. Vous ne manquerez aucun combat pour sauver votre honneur. N’oubliez pas de percer le mystère de la toile…

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Bienvenue à Seräen. Ça y est, j’y suis, en 1798 je veux dire. Tout a été pensé pour nous faire voyager à cette époque, des lieux aux dialogues en passant par les personnages et leurs façons de s’exprimer. Vraiment, je me prends une grosse claque en pleine face tellement je suis conquise. Je commence donc ma lecture, sous le charme. Mais, très vite, je me rends compte qu’il y a beaucoup de personnages, que je n’arrive pas à suivre comme j’aimerai cette histoire très prometteuse. Pas d’Index présent au cas où notre mémoire nous jouerait des tours. Je commence à perdre espoir, quelque chose me retient de savourer ce roman et j’en suis très peinée. D’autant plus que cela fait longtemps que j’ai ce roman en ma possession. Une idée me passe par la tête : et si je transformais la version brochée en livre audio ? J’ai toujours aimé le fait qu’on me conte des histoires. Alors, ni une ni deux, je traduis le roman (mais je suis le déroulé de l’histoire en même temps que la lecture car, il faut bien que je traque les coquilles, moi qui en fait ^^). Le test est positif : 600 pages de lecture… soit un peu plus de 16 heures de lecture et d’écoute m’attendent. En avant !

Pendant que le fichier charge, je prends un instant pour observer la couverture de plus près. Je la trouve juste sublime, très soignée et travaillée ! Nous comprenons pourquoi une montre à gousset y figure car, c’est un extraordinaire voyage dans le temps qui attend le lecteur.

L’autrice a fait le choix de diviser son roman en trois livres. Le premier nous présente la ville de Seräen et les lois écarlates qui la fondent. D’entrée de jeu, le lecteur est averti : toutes formes d’art sont prohibées. Vous imaginez-vous vivre sans pouvoir exprimer votre créativité ? Je trouve très intéressant de nous plonger dans cet univers car, j’ai eu l’impression d’être en possession d’un livre interdit. Ma lecture est devenue à ce moment-là, une violation de la loi et moi, une hors-la-loi, j’ai les frissons, j’adore !
Le deuxième nous dessine en toile de fond le dessein d’une romance et nous promet un combat entre les sentiments flous du jeune aristocrate, Élias et de ceux d’Éléonore. Un splendide voyage dans le passé aux paysages colorés attend le lecteur. Gare à vous si vous perdez la notion du temps. Je vous conseille de faire attention aux détails qui jonchent votre route (n’oubliez pas la toile mystérieuse…) pour comprendre ce roman.
Enfin, le troisième livre est quant à lui, plus sombre que les deux premiers et, a le goût de la révolte avec en tête de fil, une Éléonore plus déterminée que jamais à renverser le pouvoir. Mais y arrivera-t-elle seulement ?

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Une pause s’impose à base de pâtes au pesto accompagnées de sa salade de roquette : deux aliments qui se marient à merveille comme Éléonore et Élias…

L’autrice, via un style très descriptif et romanico-héroïque (permettez-moi l’invention) permet une certaine fluidité dans le récit et le déroulement d’une intrigue que je trouve cohérente et réfléchie. Cependant, j’ai trouvé certaines descriptions lourdes etn dans ces moments-là, j’ai eu tendance à décrocher un peu. Malgré tout, le lecteur est invité à imaginer toutes les scènes et les nombreuses actions qui composent ce roman. Pour le coup, vous ne serez pas déçus ! Je ne pouvais prévoir aucuns des retournements de situations que j’ai découverts au gré des chapitres, et pour cela, je tire mon chapeau à l’autrice. Car, après tout, quel lecteur n’aime pas être surpris ?

Au fil de ma lecture, je cerne de plus en plus les psychologies et caractères des personnages principaux de ce récit. Je m’identifie aisément à Éléonore ou à Élias. J’irai même jusqu’à dire que je suis un mixte des deux protagonistes.
Le jeu amoureux qui se dégagent d’eux me fait penser à un « je t’aime, moi non plus », où le doute s’installe pour déterminer dans les esprits pour déterminer si Élias est vraiment sincère dans les sentiments qu’il dit éprouver pour Éléonore.
Cette dernière, ayant un caractère très fort, n’aimant pas se laisser marcher sur les pieds, osera plus d’une fois s’interposer et répondre à un aristocrate, drôle de par son cynisme, ses répliques sarcastiques et, son habileté à manier l’épée. J’aime l’introduction d’une rivalité fraternelle entre son frère cadet et lui qui introduit la notion de pouvoir, de force et de contrôle.

La double identité de l’héroïne quant à elle, pourrait être comparée à notre envie d’être libre et à l’apparence soignée que les normes nous imposent.
La complicité qu’entretiennent Éléonore et sa femme de chambre, qui connaît comme le lecteur, le secret d’Éléonore, celui d’être une voleuse courant sur les toits; est très bien décrite et apporte un peu plus de légèreté à ce roman. De plus, cela permet à mon sens, de parler de la notion de loyauté. Plus tard, ce thème reviendra, renforcé par celui de l’amour.
Je comprends que le fait de monter sur les toits pour Plume est avant tout une recherche de liberté. La légèreté de son pseudonyme contraste parfaitement avec la force dont la jeune femme fait preuve. Agile, souple, mais au caractère de plomb (un kilo de plume vaut-il un kilo de plomb ?). Son attirance pour les arts vient à contre sens d’une prohibition de celui-ci et interroge quant à son rôle pour renverser ce gouvernement trop strict. Les arts sont-ils salvateurs ?

L’autrice a fait le choix de ne pas polluer son récit de nombreux dialogues car, même si nous en avons, ils sont placés avec pertinence et dynamisent le récit, rendant  plus que réels encore, les échanges entre les personnages. De plus, le ton employé et le vocabulaire choisi donnent un côté ancien faisant ainsi écho à l’année dans laquelle se déroule l’histoire. Vraiment, j’adore, on y croit ! Je trouve que cette prouesse doit être soulignée car garder ce style pendant près de 700 pages est un énorme talent.

Ce que j’ai apprécié est, l’idée de mettre l’image des galeries souterraines, qui amplifie le mystère qui rode dans la ville. De plus, cette image peut être le reflet de la notion de secret qu’on enfouit sous terre, ou encore, synonyme des mystères qu’abrite une ville et ses habitants. L’introduction d’une toile mystérieuse ne laisse donc pas le lecteur sur sa fin, ceci marquant le début d’une quête de sens autour de cet objet prohibé. Enfin, le troc est un des sujets évoqués dans ce roman qui se marie avec l’époque choisie ajoutant une notion d’échange. Les jeux de pouvoirs entre les habitants des bas-fonds et les aristocrates étant vifs. La visibilité d’une forme de hiérarchie à Séräen est marquée par le statut de l’Oméga représentant Dieu, celui de la ligue écarlate pour l’armée, celui des aristocrates mentionnant la classe supérieure et celui des bas-fonds pour la pauvreté.
La force de la politique et le pouvoir qu’elle exerce sont très marqués dans ce roman et sont révoltants. Cette restriction de liberté des habitants fait exploser la marmite du supportable et fait naître une rébellion secrète jusqu’à la révolte. A ce moment-là, Plume m’apparaît comme Katniss Éverdeen dans Hunger Games : une stratège et combattante hors pair, courageuse défenseure de ses valeurs dont prime celle de la justice. Peut-être pouvons-nous y voir une référence à des révolutions comme mai 1968 ?

Durant ses périples, Plume est protégée par un valeureux, et fidèle courtiers qui prend sa mission très à cœur, bien que son apparence de manipulateur fasse croire le contraire. Enfin, j’aime beaucoup l’introduction de la magie blanche et noire, qui laisse à penser à une forme de lutte contre le Bien et le Mal. J’ai ainsi fait la rencontre folle du Ranaghar pouvant représenter une sorte de Juge et la peur de l’être humain.
J’ai été déchirée, bouleversée, affligée ou heureuse avec Plume des événements qui l’attendent ! Il y a de vrais rebondissements dans ce roman où présent et passé se confondent.

Je note le parallèle entre le bruit et le silence, l’autrice a su instaurer un climat de doute et a su garder le lecteur en alerte (pour la majorité des scènes pour ma part, même si cela m’a parfois un peu coûté). Ce roman représente pour moi un combat entre la vie, la mort et l’immortalité.

Je m’appelle Éléonore Herrenstein, déclara-t-elle, je suis la fille de l’ambassadeur. J’avais huit ans le jour où j’ai compris que dans cette société, il n’y aurait jamais de justice…

Le mot de Laure
Recette de « La Voleuse des toits« 
Prenez un grand saladier et mélangez ensemble :
– trois règles écarlates
– une dictature
– une jeune aristocrate en quête de liberté
– un seigneur de la Ligue
– un groupe de rebelles
– un courtier à l’honnêteté douteuse
– un peintre du passé
– une mystérieuse toile

Saupoudrez avec une pincée de magie, une cuillère à soupe de romance et n’oubliez pas d’ajouter 500 g de voyage dans le temps. Versez la pâte dans un moule beurré et faites cuire au four (180°C) 35 minutes.

À déguster sans modération 😊

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L’addition, s’il vous plaît

La Voleuse des toits - laure DARGELOS.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Aimez-vous la fantsy ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’autrice pour sa gentillesse et sa patience, mais aussi de m’avoir fait parvenir son roman en version brochée. De plus, je suis admirative du travail titanesque qu’elle a abattu pour confectionner son histoire ! Enfin, que dire de ce mot de l’auteur, juste parfait ! Un grand merci pour tout.

Mémoire – Technologie – Sécurité

Je lis des auto éditéslogo-dCiao Bella, la vie l’emportera, de l’autrice Mélinda SCHILGE, 200 pages officielles, auto-édité en janvier 2019. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon. Je vous conseille d’aller faire un tour sur son blog en cliquant juste . De très bons conseils d’écriture s’y trouvent ainsi que l’actualité de l’autrice et de ses romans.

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Projet n°145-547B : Une technologie à la pointe, un projet d’envergure, un ingénieur de talent mais un ennemi : le passé. Partagé entre son métier et les dérives possibles des drones, Benjamin, ingénieur, va tenter le tout pour le tout. Parviendra-t-il à recouvrer l’envie de se battre ? En aura-t-il les moyens ? Sera-t-il de taille face à l’ambition démesurée des Français, et à la détermination de Khan à la rancœur tenace ?

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Pourquoi tu n’y retournes pas ? questionna innocemment Stella.
Benjamin ne répondit pas.

A cet endroit s’arrêtait ses rêves. (…)

Et lui, l’ingénieur, il avait gardé le silence.

La peur.

La honte.

Le silence est d’or quand il s’agit d’argent et offre une tension au roman. C’est la première chose qui me saute aux yeux à la lecture et me plonge dans l’univers très sélect et impitoyable de Buleo. Agence qui prône les avancées technologiques à la pointe du réel. Elle reste cependant dépendante de l’intérêt financier d’hommes de pouvoir. Oubliant la notion de sécurité, chaque employé œuvre à la mise en route trop rapide, de nouveaux drones, permettant des prises de mesure sur le terrain et, la surveillance des citoyens.
Nous découvrons ainsi Tanya, chargée de communication du groupe. Une femme exigeante à l’allure sévère et aux décisions tranchées. Elle fait face à Benjamin, un ingénieur globe-trotteur, missionné pour mener à terme un projet de drones autonomes. Seulement, telle une conscience zappée, il est apparemment le seul à avoir peur des dérives possibles de ces engins et tentera de le signifier aux puissants dirigeants, pantins exécutants des ordres. Marque du passé ? Pour appuyer ses propos de manière subtile, l’autrice place le mot « mouton ». Je pense qu’il ne s’agit pas d’un hasard si elle utilise ce mot lourd de sens et parfaitement choisi.  Le symbole des suiveurs est ainsi introduit , et permet une réflexion pour le lecteur quant à la conscience et aux sens de nos actions.

J’ai vraiment aimé l’audace de Benjamin, son côté stratège et sensible. Il lui reste des valeurs malgré un passé dévastateur qui le ronge de l’intérieur. Il tente de s’appuyer sur des alliés même si cela lui coûte beaucoup. Quelques-uns lui sont encore fidèles. Le fait que Benjamin ait un secret que seuls les lecteurs connaissent est une bonne idée. J’ai ainsi l’impression de faire partie de son camp, m’en faisant un allié de taille.
En parallèle, nous apprenons au fur et à mesure, des brides de son passé, dont le suicide de sa tante. Est-ce uniquement parce qu’elle était homosexuelle ? Nous pouvons nous poser la question étant donné le contexte de l’action qui se situe sur les terres musulmanes. Nous connaissons tous les controverses qu’il peut exister dans certaines parties de l’Afghanistan. Alors, lorsqu’il doit faire face à des mésententes et des tensions concernant le nouveau projet dont il est à la tête, son passé resurgit nous montrant ainsi la puissance de la mémoire. Tant que nous n’avons pas fait la paix avec ce dernier, il nous est presque impossible d’avancer. Tel un château de Mikado, tout peut s’écrouler du jour au lendemain : nos espoirs, notre confiance.

Ciao Bella, la vie l'emportera - Mélinda SCHILGE.jpg

Un roman contemporain pour nous sensibiliser à la notion de sécurité et de contrôle. Cela vaut bien un Mikado au chocolat noir, n’est-ce pas ?

L’autrice évoque également la difficulté de quitter sa terre natale, d’où le puzzle que représente la vie de Benjamin. Ayant moi-même migré, je ne peux que confirmer la peur de l’inconnu qui se mêle à la tristesse de quitter un bout de soi. La désillusion pour certains n’est que le reflet d’un profond désarroi quotidien se traduisant parfois par des formes de discrimination, une fois installé ailleurs. C’est le cas pour deux personnages que nous suivons en arrière-plan : Mahdi et Asima. Des morceaux de destins croisés qu’il nous faudra comprendre et assembler pour déterminer les réelles intentions de Benjamin à être contre ce projet de drones autonomes.

Le sujet central de ce roman est donc la surveillance, par les drones, d’une population exclue de la compréhension totale de ce projet. Les décisions se prennent-elles toujours de façon tyranniques ? Où se situe la démocratie en politique ? Être surveillés constamment, ne reviendrait-il pas à se forcer à montrer une image de soi qui soit toujours propre, sans bavure ?
Cette forme d’esclavagisme est contrastée avec le personnage de Stella, une enfant douce et pleine de vie. Je pense que son rôle est d’apporter à l’histoire un peu de légèreté. Elle pourrait alors représenter l’innocence face à un projet terroriste qui consiste à piétiner la liberté des citoyens. Benjamin et Stella se battent tous les deux contre la vie finalement. Une lutte pour se tenir droite et l’autre pour ne pas (re)tomber. Je trouve ce symbole très poétique et beau. De plus, j’aime l’idée que Benjamin ne sache pas où se trouve sa place, ni quel rôle il peut jouer finalement. Il tente d’apporter son aide en protégeant un secret qui le ronge de l’intérieur, comme s’il tentait en vain de rassembler des parts de lui-même, éparpillées au gré de ses voyages à travers le monde. J’assiste à la mise à nue du doute.

Ce roman parle enfin de justice. Il peut être vu comme un enseignement à la patience et au triomphe de l’espoir sur le noir. Même si l’histoire ne me transporte pas plus que cela, nous sentons à la lecture que l’autrice a su mener à bien des recherches pour nous expliquer avec facilité, une technologies aussi complexes, sans transformer son roman en documentaire scientifique. De plus, elle nous permet de réfléchir quant aux avancées technologiques qui règlent nos vies et parfois la détériorent. J’ai éprouvé un peu de mal à suivre tous les personnages mis en scène. Néanmoins, le sujet est interpellant et peut en intéresser plus d’un.

Le mot de Mélinda
Mon aventure d’écrivaine est portée par une envie de découvrir ; dans ce livre, j’ai exploré le monde des drones, objets controversés, agissant pour le meilleur et pour le pire. Ils m’ont emmenée en Afghanistan, dont on peut parcourir des images et des témoignages magnifiques ; on y trouve aussi une violence extrême, qui se mêle à d’autres dans mon roman : au départ, il devait s’intituler ‘Dans trois ans, ma mère s’est tuée’.
Heureusement, un collègue m’a poussé à lever les yeux au ciel, mon roman s’est lancé vers d’autres horizons, à la limite de l’anticipation.Benjamin, notre ingénieur globe-trotter aux prises à des interrogations contemporaines, se bat certes contre un marasme personnel… mais aussi contre le danger d’un projet pharaonique mal maîtrisé qui pourraient conduire à des conséquences désastreuses.

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L’addition, s’il vous plaît

Ciao Bella, la vie l'emportera - Mélinda SCHILGE

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Que pensez-vous de cette technologie ?

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Je remercie l’autrice pour m’avoir proposé son roman car, je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de livre.

Des lignes de tendresse

Je lis des auto éditéslogo-dLe rosier de Julia, de l’auteur Frédéric DOILLON,  77 pages officielles, auto-édité en 2018. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon.

 

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Résumé : Qu’est- ce que la vie ? Qu’est-ce que la mort ? Qu’est-ce que l’enfance et l’âge adulte ? Frédéric DOILLON tente de nous éclaircir les idées à travers Julia, une jeune fille devenue femme à la sensibilité émouvante.

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Julia grandit vite à travers les mots de l’auteur. C’est un personnage que j’ai l’impression d’avoir connu dans ma jeunesse et, j’ai la sensation que je la croiserai encore dans le futur. Même si l’auteur fait le choix de la faire passer d’enfant à jeune femme, je ne pourrai lui donner un âge, ni identifier physiquement Julia. Elle rejoint la sphère privée des personnages intemporels. Je trouve cela très poétique et fort.
Ce que la plume de l’auteur vient confirmer au bout de quelques pages. Les mots sont choisis avec douceur, générosité et, avec une certaine forme de pudeur. La plume poétique de l’auteur ne m’a embarquée qu’après quelques pages. Il m’a fallu un petit temps pour me mettre dedans. Il est vrai qu’ensuite, j’ai été surprise d’être entraînée dans un flot de mots sensuels et réfléchis. On pourrait croire que les paragraphes s’enchaînent et ne mènent nul part. Or, il y a un vrai cheminement au récit. L’intrigue nous est amenée pas à pas, révélant un peu plus le caractère de Julia à chaque action, une femme forte et fragile à la fois, les frontières étant assez floues en définitif. C’est ce que j’ai préféré dans cette nouvelle : ne pas être coincée dans une boîte, être libre de mes mouvement et, d’avoir le temps de trouver mon propre rythme.
Nous entrons dans l’intimité de Julia, juste assez pour nous faire une idée de son vécu, de ses rêves, mais pas assez pour deviner tous ses secrets. Certaines choses nous échappent et c’est malgré tout un plaisir, après tout, ne préfère-t-on pas être surpris ou décontenancés, bousculés dans nos croyances ? Je pense qu’il s’agit là d’un choix de l’auteur : permettre à chaque lecteur de s’imaginer sa Julia et sa vie.

Je ne pensais pas être touchée à ce point par cette nouvelle car, c’est en premier lieu sa couverture qui m’a attirée et, qui me laisse à penser une certaine initiation aux rêves et au bercement maternel. Les tiges des roses pourraient y représenter les lignes de la main, celles de la vie et des expériences. La quatrième de couverture ne nous en dit pas plus sur ce qui nous attend. Va-t-on être déçu, surpris, touché ou rester indifférent ?

Julia naquit dans un grand rire.

Ciao Bella, la vie l'emportera - Frédéric DOILLON.jpg

Vous prendrez bien une part de cake à la vanille pour vous immerger dans vos souvenirs ?

La petite Julia sauve un rosier et nous sommes partis en quête de bonheur, de frisson, d’amour et de tendresse. Tout comme elle, nous traversons des moments de pluie, d’orage et de chaleur solaire. Le décor est coloré et végétal, la nature étant omniprésente et omnisciente dans cette nouvelle. J’ai l’impression d’assister à un accouchement puis, de découvrir les premiers jours d’un être aimant et aimé. Cet être s’en va faire ses propres expériences, recherchant avant tout la sérénité et l’harmonie ainsi que la justesse et l’amour. L’image des larmes de Julia, source de vie-phoenix est vraiment très belle et me force à croire que tout ne peut être noir à vie. Le lecteur chausse ses yeux d’enfant et se sent vite entouré de souvenirs de son enfance et de ses rêves.
De temps à autre, il me faut faire une pause tant la lecture est simple mais puissante, si bien qu’elle en devient vite addictive. Elle me fait me remémorer mon propre vécu et ma propre conception de la vie et de l’avenir, tantôt joyeuse, tantôt angoissante.

L’auteur nous conte, car il s’agit pour moi d’un conte philosophique, en 77 pages, la difficulté d’aimer, de prendre soin de l’autre. Il nous fait nous interroger sur plusieurs points comme : l’autre sent-il l’amour que l’on lui porte ? Comment fait-on face au deuil ? Peut-on s’en remettre qu’à Dieu dans ces moments-là ?

Cette nouvelle m’apprend également que grandir trop vite, c’est risquer de ne plus croire en la magie que la vie nous offre tous les jours. La transmission est un autre thème qu’aborde l’auteur. Savoir doser ses paroles, mesurer ses actes etc., s’apprend tout au long de la vie et est un chemin où de nombreux obstacles sont présents. Ainsi, il nous faudra faire face à l’inconnu, prendre des décisions parfois brutales ou radicales. Mais n’est-ce pas là le but ultime d’une vie : se retrouver face à soi-même ? Partir à la quête de son propre récit de voyage et de sa propre identité ?

Si vous lisez la nouvelle de Frédéric DOILLON, vous vous rendrez compte de l’évidence : Julia est cette petite voix intérieure qui vous guide et qui vous recommande d’oser. C’est la personnification de la vie et de nos choix mais également de la mort et de nos peurs. Jusqu’à l’épanouissement final, ce que l’auteur résume très bien dans : le mot de l’auteur. Merci.

Le mot de Frédéric
J’aime l’histoire racontée dans Le rosier de Julia car elle est intemporelle, universelle, intergénérationnelle. Je crois bien que chacun peut s’y retrouver.
Un univers poétique.
Une nature magnifiée mais aussi la ville, Paris, son quartier latin et son jardin du Luxembourg.

Une forme de conte moderne, qui traite différents passages de nos existences : la transmission entre générations, l’enfance et ses rêves magiques, la résilience, la différence, les relations amoureuses et par-dessus tout, la transformation du corps, de l’enfance à l’âge adulte, ses transformations intimes que nous sommes seuls à découvrir.

Il y a mille fleurs à ce rosier, à chacun, au travers de sa lecture, de butiner celles qui lui parleront le plus.

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L’addition, s’il vous plaît

Le rosier de Julia - Frédéric DOILLON.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous prêts à embarquer dans une boule de tendresse ?

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Merci à l’auteur pour sa douceur et de m’avoir offert l’opportunité de lire sa nouvelle poétique et philosophique.

Deaf : le livre OVNI de la fiction qui respire

Je lis des auto éditéslogo-dDeaf, tome 3, de l’auteur Joseph KOCHMANN,  306 pages officielles, auto-édité en 2018. Disponible en version numérique sur Amzon.

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Résumé : Une pièce de théâtre qui tourne mal, des créatures mystérieuses et squelettiques, un Roi sourd. Autant d’ingrédients vous attendent dans les aventures de quatre personnages principaux : Manon Dauphin, combattante courageuse, Camille, artiste, Edward, un fan de livres et Eric, un fermier pas si branché agriculture. Parviendront-ils à survivre à ce monde étrange et ainsi mettre un terme à leurs sordides histoires ?

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Alors oui, j’ai dû m’adapter au style de l’auteur. Je me suis demandé durant ma lecture si c’est moi qui ne comprenais plus rien ou si l’auteur se jouait de mon intelligence. Je n’ai eu ma réponse qu’à partir de la page 200. C’est juste brillant ! Je suis tombée des nues quand j’ai enfin compris que ce qu’il m’arrivait était décemment voulu par l’auteur. Je crois bien ne jamais avoir été autant baladée par des mots, des émotions contraires et paradoxales.

C’est ça que j’ai compris : on utilise notre ressenti pour parler de choses plus larges.

Je veux utiliser mes émotions pour parler de quelque chose qui touche tout le monde, quelque chose de puissant.

Deaf - Joseph KOCHMANN.png

Une Dark fantasy qu’il vous faudra affronter avec un délicieux verre à café (oui, c’est tordu, comme ce 3e tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise) de Péket à la pomme. Santé !

J’ai tenté, comme beaucoup je suppose, de contrôler ma lecture, à tort. C’est-à-dire que j’ai essayé d’analyser (comme je fais toujours) chaque mot, chaque phrase. J’ai voulu trouver des liens, des réponses, en vain. Et c’est ce que je trouve brillant : je n’ai rien compris à ce livre jusqu’à la toute fin où la révélation finale m’a décroché un rictus nerveux et un rire incontrôlé. C’est ce qui peut vous attendre, si vous entreprenez la lecture du troisième tome de – La Trilogie des Singes de la Bêtise -. Rien que le nom de cette dernière vous met dans un contexte atypique, trash mais également sensible et sincère. Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver perdus pendant votre lecture mais d’adorer ça ? Réveillez le psychopathe qui sommeille en vous !

Parce-qu’au delà d’un univers fantastique violent et noir, qui peut sembler décousu, il y a des thèmes très forts derrière ce livre. Je trouve que l’auteur traduit à sa sauce une sorte de dissertation philosophique avec en introduction : un décor où un Roi sourd, Deaf, est à la tête de la ville de Dantry. Il y décrit les habitants impuissants, meurtris, sous le règne d’un tyran qui aime le sang, le contrôle et, le pouvoir. Un sous-entendu politique qui nous pousse à nous interroger (en ce temps d’élection) sur la face cachée d’une gouvernance démocratique qui serait peut-être à sens unique… J’ai réussi à percevoir une forme de soumission à adhérer à des idées qui contredisent des valeurs profondes. Mais également la discrimination subie par certain. J’ai beaucoup aimé l’image du mur, utilisée par l’auteur pour souligner cette frontière entre les membres du pouvoir et le peuple.

En thèse, nous avons le thème de l’amour qui vient titiller nos propres ressentis et émotions. Le personnage de Camille est juste parfait dans le rôle de celle qui a un cœur sombre, dépressif et une sensibilité comme nul autre. C’est le personnage auquel je me suis le plus attaché. Déjà parce qu’elle écrit mais également parce qu’elle sait voir au-delà des apparences, un peu comme si elle parvenait à lire dans les cœurs des personnes qu’elle rencontre. Sa pièce de théâtre, bien qu’elle fût un fiasco total, sait pourtant permettre au lecteur de s’attacher à sa vision du monde où l’amour est à la fois salvateur et destructeur. L’amitié y tient une grande place. Jouer avec les sentiments des autres, user de manipulation pour parvenir à toucher l’autre sont autant de ressources et de souffrance que nous retrouvons dans la vie quotidienne. Des thèmes en contradiction avec un monde rose auquel on s’attend. Des tragédies venant clôturer le spectacle de ceux qui se risquent à aimer un peu trop. La difficulté d’aimer est donc abordée ainsi que celle de gérer ses sentiments. Le jugement et la critique sont pointer du doigt : comment comprendre ce qui arrive à l’autre si nous ne traversons pas nous-même une telle situation ? Peut-on simplement compter sur l’empathie ?

En anti-thèse, nous retrouvons des actions qui s’enchaînent, parfois avec des rebondissements imprévisibles, des fins brutales et qui ne font pas sens pour moi. Du moins, pas tout de suite. L’auteur y développe des personnages hors du commun mais aux personnalités qui elles, sont bien réelles : altruiste, sincère, vaillant, cruel, manipulateur. Je note que l’auteur aime jouer avec les cinq sens et les utiliser pour mener à bien son intrigue. Une introduction qui nourrit l’histoire et les personnages mis en scène, chacun à tour de rôle. De plus, l’apparition des créatures hybrides mettant à mal la progression des personnages, pourrait représenter la mort de nos envies et de nos projets, l’amertume de l’amour à sens unique, la rancœur éprouvée vis-à-vis de ceux qui ne nous comprennent pas et le stress d’un quotidien trop lourd à porter. En un mot ? Pression. Je trouve que ce symbole est fort de par les sens multiples qu’il offre à chaque lecteur.

En conclusion, j’ai vraiment adoré être malmenée par l’auteur qui instaure un climat décousu, des morts cruelles, agressives et chocs. Ce que je trouve génial, c’est que ce climat de tension et d’incompréhension permanentes qui nous embarque dans une réflexion autour de l’amour, la mort, la haine et le contrôle. L’auteur a su mettre en avant sa capacité à nous retourner le cerveau, jouer avec nos émotions, nous faire douter de notre propre intelligence et finir par nous révéler la supercherie qui n’est rien d’autre que la dissertation sur un thème que nous aimons tous : l’Amour. Merci. N’y aurait-il pas une pointe autobiographique dans ce troisième tome ? La fin en tout cas, en surprendra plus d’un et m’a fait écho aux livres cultes de J.L. STINE, Chair de Poule. Si vous lisez Deaf, vous comprendrez pourquoi. Je n’ajouterai que trois mots : Gloire à l’œil !

 

Le mot de Joseph
Merci beaucoup à Alexandra pour son retour sur le dernier tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise.
C’est une grande aventure en trois actes, chacun pouvant être découvert indépendamment, à travers des univers très différents et pourtant tous liés par leurs personnages, leurs secrets et leur violence.
Il m’a fallu dix ans pour terminer cette saga développant des thèmes qui me tiennent très à cœur, notamment la mort, la justice, la créativité, et, surtout l’amour.
J’espère vraiment que vous aimerez Mute, Blind et Deaf autant que j’ai aimé les écrire.

BarreSeparation

L’addition, s’il vous plaît

Deaf, tome 3 - Joseph KOCHMANN.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous philosophiquement barré ?

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Merci à l’auteur pour sa disponibilité, sa simplicité et son univers atypique.

Le malheur des uns fait-il toujours le bonheur des autres ?

SP reçu dans le cadre d’un concours organisé par Lecteurs.com

Editions Buchet Chastel

Qui a tué l’homme-homard ?, de l’auteur J.M. ERRE,  368 pages officielles, édité en janvier 2019 par les Éditions Buchet-Chastel. Disponible en version brochée et en version numérique ! Toutes les informations essentielles se trouvent ici.

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Les faits : Un village de monstres abrite un tueur qui adore découper ses victimes en petits morceaux (non, il ne les fait pas rissoler, mais c’est tout comme). La première victime n’est autre que celui qu’on nomme : L’homme-homard. Je vous laisse découvrir pourquoi même si la couverture vous donne un sacré indice ! L’adjudant Pascalini accompagné de son stagiaire, Babiloune, tentent d’élucider ce meurtre avec les moyens du bord. Il faut dire que les habitants du village de Margoujols sont un peu… spéciaux. Mais c’est sans compter sur le pragmatisme et l’humour décalé de la jeune Julie, fille du Maire, passionnée de romans policiers, que ce polar pimenté, prend forme. Enfin, il y a ces articles mystérieux, du blog d’une certaine Winona Jane. Tous les ingrédients sont réunis pour vous faire passer un excellent moment tordu.

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Pour une première lecture d’un livre de cet auteur, je ne suis pas du tout déçue ! Enfin si, déçue qu’il n’y ait pas 300 pages en plus car je serais bien restée plus longtemps à enquêter auprès de Julie.
Je ne vous ai pas encore parlé de Julie ? Un de mes personnages préférés de fiction ! Même si je vous avoue que chacun des habitants de Margoujols possède des caractéristiques et une personnalité propre, réaliste et, humaniste, qui les rendent uniques, attachants, mais surtout indispensables pour composer ce village de Freaks !

Mais revenons à Julie. Caractère très fort, sarcastique, dans l’auto-dérision permanente, elle est primordiale au bon déroulement de cette intrigue détaillée et logique. Elle mène avec brio et humour piquant, une enquête pour meurtres auprès d’un inspecteur désabusé et d’un stagiaire pas très futé. Sans elle, le roman pourrait vite devenir plus banal, plus classique. De plus, c’est un angle intéressant que je n’ai pas trouvé ailleurs que de faire intervenir comme narratrice principale et enquêtrice (pas si amateure qu’il n’y parait), une jeune fille handicapée. Cela vous choque ? Il n’y a pas de quoi l’être. Aussi vive que l’éclair, elle impose à sa façon son tempérament à l’inspecteur et son stagiaire. Faut-il préciser qu’elle est tétraplégique et qu’elle se déplace en fauteuil roulant ? Oui ! C’est ce qui rend toutes ses interventions aussi comiques et décalées. Je n’ai pas eu pitié d’elle, ce n’est d’ailleurs pas le but recherché par l’auteur. Elle vit dans un village de freaks autrement dit, de villageois complètement gratinés, atypiques mais tellement drôles. Tout à tour, ils se dévoilent à nous au rythme d’une enquête rythmée et ternie de suspense sur l’identité du tueur.

En déjouant tous les codes de ce qui fait un bon polar classique, l’auteur nous plonge en parallèle dans un univers satirique sur la différence et le handicap. Il met en scène à travers son roman, une représentation de nos peurs dont celle d’être confronté à la différence de l’autre. Peut-être est-ce là une manière de nous sensibiliser au regard que l’on porte sur autrui, à ses ressources et son intelligence ? Quoi qu’il en soit, l’auteur a su y ajouter son style unique et mordant pour ne pas faire de ce roman un appel au don et à la pitié. Au contraire, nous sommes dans un contexte bienveillant malgré les pointes d’humour noir. Mais surtout, il a su pointer du doigts les contraintes que traversent les personnes porteuses d’un handicap (mais pas que) ainsi que les moqueries et les faits dépréciatifs qu’elles subissent plus que des preuves de sympathie. Je trouve alors intelligent de faire de Julie la narratrice principale, contrant ainsi les préjugés et stéréotypes réservés à ces personnes soit-disant inférieures. Car je vous rassure son cerveau fonctionne très bien !

Un polar sert avant tout à mettre en relief des faits de société soit sensibles soit tabous. L’utilisation de l’humour peut être à double tranchant et passer à la trappe jugé trop souple et peu entraînant. Ce n’est pas le cas dans ce roman.  Des sujets sensibles y sont introduits avec précisions, actions délirantes et personnages représentatifs d’une population variée et réelle.
Margoujols. Ce nom me fait penser à « la mare aux joncs » près de chez moi, mare réservée aux grenouilles et crapauds. Pas mal dans le genre, non ? Ironie du sort peut-être ? Coup de poker gagnant pour un décor bien planté laissant libre cours à l’imagination du lecteur.

D’autres thématiques lourdes ressortent nourrissant de réflexions le lecteur. Par exemple, des réflexions portées sur les normes sociétales mais également sur les us et coutumes d’un village. Les normes font références ici à celles de la beauté, de l’intelligence ou encore de la féminité et de la masculinité. Les personnages qui peuplent ce roman ont chacun le rôle de nous rappeler que la beauté est un critère abstrait et subjectif. S’y glisse aussi notre peur de l’inconnu qui nous force à nous conformer aux désirs des autres bien avant les nôtres et, à juger bien trop vite notre voisin. Mais Margoujols peut être désigné comme une invitation à penser différemment concernant le monde qui nous entoure.

La notion de secret vient compléter le tableau d’un sombre village. Au cœur de cette enquête les secrets vont bon train rendant plus complexe encore, son élucidation. Une manière de faire remonter ceux qui composent notre vie et amorcent la création d’imprévus. Personne n’est parfait, si ?

Il est à noter que ce roman quelque part dénonce la recherche d’une vérité que l’on pourrait considérer comme simple, mais qui s’avère renfermer une nébuleuse de complexités. Non, une vérité n’est ni toute noire ni toute blanche. C’est d’ailleurs ce que vient rappeler le genre même de ce roman. Il est nécessaire de prendre en considération le contexte des faits, l’histoire du village où ont eu lieu les meurtres et, les différentes personnalités des âmes qui composent ce joyeux tableau. Cette vérité se teinte également d’ignorance, de médisance et, de jalousie. Nos soupçons du coupable idéal sont propulsés à la vitesse grand V sur ce que l’on oublie de nommer par son vrai prénom : la peur.
Apprendre à se poser les bonnes questions est donc sous-entendu à la suite des réflexions que la lecture de ce roman met en lumière. Les interprétations de chacun des intervenants permettent de semer le trouble dans les esprits les plus rationnels.

Le décor étant planté, les personnages étant déjantés à souhait, parlons des actions à présent. Elles sont prenantes, surprenantes et s’enchaînent si bien qu’on en devient vite accro. Les chapitres courts sont addictifs. J’ai l’impression en lisant d’être plongée dans les pensées de La Vérité, les scènes étant le reflet de ce qu’il se passe dans notre société : ignorance, mépris, cachotteries, contrôle…

Au fil de ma lecture, je me laisse balader par l’auteur avec plaisir ne sachant prévenir le chemin qu’il souhaite me faire emprunter. Une métaphore que je lis comme une traduction romancée de la célèbre expression : Le ridicule ne tue pas. Nous sommes ici en présence d’un roman Cluedo loufoque aromatisé au beurre, que j’ai pris plaisir à déguster avec ce paquet de pop corn crémé… Ce roman se dévore sauvagement et m’a aidé à décompresser grâce à un style cynique et sarcastique de fiction-réalité. Je remercie l’auteur de m’avoir permis de rire de tout, c’est si jouissif !

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C’est soufflé comme les personnages de ce roman, piquant comme du poivre noir et addictif comme de la crème… Le tout pour seulement 96 calories ! Régime respecté !

A cet instant, vous êtes en train de me plaindre. Action normale qui montre que l’éducation judéo-chrétienne a bien fonctionné sur votre personne. Vous n’êtes pas sociopathe, vous pouvez continuer à émettre vos ondes compassionnelles jusqu’à atteindre un niveau satisfaisant de bonne conscience. Ensuite, vous pourrez opter pour une indifférence gênée et des regards lointains, parce que mine de rien, je bave et c’est dégueu.

Le mot de J.M.
– Menu de l’homme-homard en trois services –
Entrée
Buffet froid de crustacé en capilotade relevé à l’humour noir.
Plat
Assortiment de viandes saignantes sauce aigre-douce et son burlesque de saison.
Dessert
Moelleux lozérien au cœur fondant acidulé, coulis de freaks.
Bonne dégustation !

 

L’addition, s’il vous plaît

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Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

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Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Un grand merci à l’équipe de Lecteurs.com en partenariat avec les Éditions Buchet-Chastel pour ce magnifique concours que je suis heureuse d’avoir remporté et un immense merci à J.M. Erre pour son livre à l’humour décalé et au style unique ! Que dire de plus pour ce mot de l’auteur ? J’adore !

Canapé de malheur !

Je lis des auto éditéslogo-dBrooklyn Paradi$ – Saison 1, Chris SIMON,  164 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon et sur le site de la Fnac, auto-édité en janvier 2017. Allez faire un tour sur le site web de l’autrice en cliquant juste ici.

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Dans les épisodes précédents… Un canapé, un trafic de drogue. Parfois il ne faut pas grand chose pour déclarer la guerre et enclencher la descente aux enfers d’une famille. Mais ça, c’était sans compter sur Courtney Burden et sa manie de chiner tout et n’importe quoi dans les rues de Brooklyn. Avait-elle besoin de ramasser ce canapé au petit matin au bord du fleuve et de le ramener chez elle ? Non, mais elle le croyait abandonné sur ce parking paumé. Sauf qu’il ne l’était pas. Et qu’il appartient à des gars pas cools du tout, qui tiennent à leurs affaires… Et que ces gars, super vénères, vont tout faire pour le récupérer.

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Oui, ici nous parlons de saison et non d’un tome. Pourquoi ? Parce-qu’il s’agit d’une série littéraire. Récemment, j’ai eu la bonne surprise de découvrir sur instagram le compte @pitchserie_off, qui n’est rien d’autre que le compte d’une plateforme en ligne qui propose des séries TV… à lire ! Connaissiez-vous ce concept ? Je trouve que l’autrice a su tirer partie d’un mélange des genres et des styles permettant aux amateurs de séries TV qui ne souhaitent pas rester confinés devant des heures devant un écran, de proposer des histoires, des saisons, des épisodes (chapitres) en version brochée. Personnellement j’ai apprécié lire pour la première fois ce style de livre version policier, merci Chris ! Du coup, je ne sais pas trop à quoi m’attendre, alors je me laisse guider et je suis impatiente de découvrir les aventures de Courtney et de sa famille.

Première chose qui me saute aux yeux : il y a beaucoup de dialogues. Et qui dit dialogues dit nombreux personnages. Je précise qu’il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour reconnaître chacun des personnages mis en scène dans cette série. Je trouve néanmoins que les dialogues sont bien construits et très vifs car je n’ai pas eu de mal à me plonger dans l’histoire par la suite. Les dialogues sont courts et animés par des personnages ayant chacun un trait de caractère distinctif qui les rend attachants, loufoques, déjantés et pour certain, sombres. Puis, si vous êtes perdus à un moment, l’autrice à penser à insérer la liste des personnages en début de son ouvrage (comme si on pouvait voir défiler les noms des acteurs en début d’épisode ^.^).
Le personnage auquel je me suis le plus attachée est celui de Courtney qui est complètement dingue et d’un naturel simplet !^^ Sa manie de chiner tout et n’importe quoi est bien trouvé. Je vais la jouer psy du dimanche, mais cette manie ne viendrait-elle pas tenter de combler un manque d’amour ? Il faut dire que son mari n’est pas souvent présent à la maison… Calmer ses angoisses quotidiennes d’être une femme d’affaires active et respectée et une mère dévouée passerait-il par ce TOC ? Quoi qu’il en soit, je trouve que l’autrice déjoue avec subtilité les codes d’un policier classique où l’enquête se transforme en un conflit de rires. Ici point d’enquête minutieuse mais une invitation à réfléchir quant à des sujets politiques, polémiques et sombres.

Niveau ambiance, contexte, je suis servie avec en toile de fond des méchants qui organisent la récupération de ce fameux canapé. Ce que j’ai apprécié, ce sont les nombreux rebondissements auxquels je ne m’attendais pas et qui rythment avec humour et décadence ce roman. Leurs mots sont crus et apportent du piquant à l’histoire à la manière de cette sauce pimentée qui relève mes noix de saint-jacques et mes légumes sautés au wok.

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A défaut d’avoir des balles, un wok pimenté aux noix de saint-Jacques fera l’affaire et m’aidera à patienter pour lire la saison 2 de ce policier déjanté.

Certains stéréotypes sont accentués ce qui donne un côté comique mais réel à l’histoire. Derrière cet aspect se cache des thématiques assez lourdes comme la lutte des différentes classes sociales dans la société mais également des faits divers morbides comme des morts suite à des règlements de compte, des trafics de drogues etc.Je vous rassure, point de côté sanglant dans ce livre.

De plus, chiner dans les rues peut sembler anodin mais ici n’est pas synonyme d’un moment shopping. Cette introduction souligne selon moi et avec justesse, les lois de la rue : premier arrivé, premier servit. Des règles dures qui témoignent d’une dimension autre que ce que la réalité nous offre à voir si on ne fait pas partie de ceux qui survivent ainsi. Les trocs, les vols, les arnaques et les négociations sont risqués. En témoignent la traque que des gangsters vont engager pour récupérer leur drogue auprès d’une famille qui semble bien sur tout rapport.
Cette dimension est accentuée par le trafic clandestin qui se joue en parallèle avec l’un des fils de Courtney. Nous pouvons alors nous interroger sur la difficulté ressentie par les parents quant aux fréquentations et aux faits et gestes de leurs enfants. Mais lorsqu’un parent devient complice malgré lui d’une destructuration des liens, comment réagir par une telle situation ?

– Mes enfants ne prendront jamais de drogue.
– Sûr. Mais à quel prix ? Ils vivent en dehors de la société, en dehors du réel. Autant passer sa vie en prison.
– Il n’y a qu’une réalité : Dieu.
Mike reboucha son tube de crème méticuleusement.
– Tu surveilles. J’fais une petite sieste. Tu me réveilles uniquement si le merdeux apparaît.
Dan entama une longue prière par j’ai pêché non intentionnellement devant Toi…

Enfin, la barrière de la langue est également un aspect que pointe l’autrice en faisant intervenir du personnels de maison aux accents forts. Comment se faire comprendre par l’autre qui ne parle pas la même langue que nous ? Peut-on compter sur des traductions à la sauce de Google traduction ? Les liens familiaux, amicaux et professionnels ne s’en trouvent pas ainsi malmenés ? Quel sens leur donner ? Autant de questions qui se cachent derrière cette première saison policière qui somme toute, peut vous sembler légère à première vue.

Le mot de Chris
Brooklyn Paradis est ma deuxième série littéraire. Je n’aime pas les fins, et pourtant, il me faut l’admettre, même les meilleures séries ont une fin.
D’abord publiée, chez un éditeur qui a fermé, c’est ma spécialité (2 en 7 ans), j’ai décidé de reprendre mes droits et de la continuer en l’auto-éditant.
L’idée de départ combine un fait divers que j’ai lu, il y a une quinzaine d’années dans le New York Times et un scandale pharmaceutique récent aux États-Unis (vous avez peut-être entendu parlé de cet anti-douleur, l’Oxycodone ?). Je voulais écrire un polar humoristique sans enquête, sans testostérone, j’ai donc mis une femme au centre de l’histoire qui ne soit pas dans la police, erreur, même les femmes à talons ont de la testostérone.
J’ai inventé Courtney Burden, je l’ai plongée dans un monde de trafiquants par accident. J’aime divertir tout en instruisant mon lecteur. J’aime traiter de sujet grave avec une certaine légèreté et de l’humour. Le rire est une attitude zen contre la noirceur du monde. Le roman noir social et l’humour sont deux outils très puissants pour éclairer sur l’économie mondiale actuelle et l’ambiance sociale qui en découle. Qui sont les trafiquants ? Des individus isolés sans foi ni loi, des laboratoires pharmaceutiques, des investisseurs peu scrupuleux ?
Pourquoi New York ? Parce que j’y ai vécu la moitié de ma vie et que j’avais envie de faire de cette ville un peu la vôtre.
Brooklyn Paradis en 4 tomes met en scène deux mondes différents à travers une jeune femme, mère, riche et protégée de tout jusqu’au matin où elle trouve un canapé sur un parking de Brooklyn…
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L’addition, s’il vous plaît

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Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

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Je remercie Chris SIMON de m’avoir permis de lire pour la première fois une série littéraire. Je ne regrette pas mon choix et espère en découvrir d’autres !