Ce futur est-il le notre ?

Je lis des auto éditéslogo-dLes Ondes Maléfiques, de l’autrice Laure St ANDREA, 446 pages officielles, disponible en version numérique et en version brochée sur Amazon (lien en bas de page), paru en janvier 2019.

Résumé futuriste : Nous sommes en 2151, en terre Francie, à Paris. La solidarité et la fraternité ne sont plus vraiment de ce monde. Le climat est déréglé, la population meurt de faim, sous les regards indifférents d’une poignée d’aristocrates, qui mène la belle vie. Lina est l’aînée d’une fratrie de trois enfants. Lorsque ses parents vont être enlevés, elle va devoir fuir son domicile familial avec son petit frère, Yannis, et sa petite sœur, Emma. D’aventures en cavales, elle va devoir affronter ses plus grandes peurs et s’armer de courage pour comprendre ce qui a pu arriver à ses parents. Sont-ils seulement encore en vie ? Vous le découvrirez en lisant ce roman…

BarreSeparation

J’émets deux petits bémols d’entrée de jeu avant de vous expliquer les points positifs de ce roman.
Le premier. Nous sommes en 2151. Le monde est calciné, la population malmenée… J’aurais aimé me plonger davantage dans cet univers détruit et sentir un peu plus la peur m’envahir à la lecture de ce roman. Le jeu de vocabulaire futuriste et les actions étant bien choisis, je trouve dommage de ne pas avoir plus de détails pour nous faire ressentir, en tant que spectateur, ce désastre planétaire. J’apprécie cependant l’effort de l’autrice pour les brides de technologies futuristes. Est-ce que j’en demande trop ? Peut-être. Je dois dire que j’ai surtout en tête la description de la célèbre saga Hunger Games, dont le  style d’univers apocalyptique me fait sensiblement échos. On retrouve un groupe malveillant et un groupe de résistants. L’univers est sombre (mais adapté pour les adolescents), un peu comme le décor du film « Je suis une Légende » de Francis LAWRENCE.
Le second bémol. J’ai trouvé la fin un tantinet bâclée. Je suis des actions qui se déroulent selon moi dans un ordre respectable et logique. L’autrice a prit le soin de peaufiner certains détails utiles à l’enchaînement de l’histoire. Cependant, arrivé à la fin, j’aurais aimé un peu moins de précipitation pour qu’enfin, je puisse souffler après tant de péripéties et puisse me « consoler » avec des détails croustillants. Cependant, je trouve que ce roman a tout a fait sa place dans une bibliothèque apocalyptique pour adolescents.

J’aime le fait que l’autrice mette en scène un héro au féminin, car, j’aime m’identifier à une figure féminine (non pas que je déteste les héros hein^^). J’apprécie alors que le lecteur soit apostrophé par Lina, dès le début de sa lecture car en effet, c’est l’adolescente qui parle à travers ce roman.
Une forte responsabilité lui est confiée, en plus de satisfaire la curiosité et la soif de notre appétit de lecteur ; elle doit endosser très vite le statut de référent familial, de cheffe de la meute, suite à l’enlèvement de ses parents. Elle devra se battre contre des forces qui la dépassent, des personnes dont elle ne connaît même pas les desseins. J’admire son courage face à toutes les situations dont elle devra faire face. Elle sait mener sa troupe comme on dit et, je pense que je me sentirais en sécurité avec elle car elle a un fort esprit de famille en prenant soin de ses frère et sœur.
Le personnage de Lina est assez travaillé et ne ressemble pas à une simple adolescente comme les autres. Elle est intelligente, courageuse, c’est une battante. J’aime le fait qu’elle soit issue d’une famille où les codes, messages secrets, priment. J’ai adoré décrypter avec elle et son oncle, le journal intime de son père, qui se révèle être très ingénieux. Cela me fait penser au fait que pour découvrir la vérité, cela nécessite une forme de sacrifice (ici en temps et en énergie).
Sa sœur Emma, n’a rien à lui envier tant elle possède aussi une cervelle brillante. J’aime son côté rationnel et concret qui contraste avec celui de son petit frère, Yannis, plutôt rêveur. Les trois personnages sont ensembles, une trilogie très complémentaire car chacun va apporter sa pierre à l’édifice. Leur solidarité est à toute épreuve dans ce roman, et jamais ne faille, j’adore.

Ce que j’ai apprécié au fond, c’est que ce roman ne parle pas d’un futur trop éloigné. Les sujets qui y sont abordés sont plus que d’actualité, comme par exemple, le climat qui se dérègle (fortes températures, vent…), la nourriture qui devient une denrée rare et chère au détriment de corps sains et en bonne santé, la rationalisation du temps passé dans les espaces verts purifiés et sans le port d’un masque pour respirer… Le message que tout se monnaie est très présent dans ce roman. J’aime ce débat écrit qui nous incite à  prendre conscience du monde qui est en train de changer autour de nous. De plus, le troc, comme il était coutume avant, reprend une place privilégié dans le régime de l’offre et de la demande. L’idée de payer le droit de continuer à vivre en quelque sorte, est encore plus accentuée avec les jetons qui servent de monnaie d’échange. Comme si la vie pouvait s’acheter dans un distributeur de barres céréalières… Ce n’est pas si insensé que ça finalement.

Laure St ANDREA- Les Ondes Maléfiques (3).jpg

Comme on ne lit jamais un Poussin sans un bon petit bout de fromage, j’en profite pour m’en délecter avant la fin de ma lecture A toi, Lina !

Vivre à P5 vous déshumanise un peu plus tous les jours. les servants perdent tout en entrant ici, à commencer par leur nom. Alors penser qu’ils puissent avoir une opinion personnelle… Seuls les dirigeants ont ce pouvoir.

J’aime beaucoup l’allusion à la loi travail et la manipulation par les ondes, des citoyens. Je trouve que lorsqu’on touche à la politique, la liberté de penser est d’autant plus difficile à conquérir bien que très convoitée. J’ai réfléchi quant à mes choix, mes envies et, à mon sens de citoyenne responsable.
Il s’agit ici selon moi d’esclavage moderne par l’utilisation d’une technologie qui nous parviendra bien vite (si ce n’est déjà fait) : les ondes. J’aime bien cette idée et, suis pressée de découvrir le véritable but de cette volonté de détruire les pensées. En quoi est-ce utile d’avoir des pantins ? Qui est ce fameux PETEL qui a prit la gouvernance du pays ?

L’introduction de la pensée positive et du yoga est amenée en douceur par l’une des personnages, Kalya. J’aime l’idée d’accentuer le fait que l’action, l’agir, ne se réalise pas dans la précipitation mais, qu’il faut d’abord se connaître soi, ses forces et ses faiblesses mais aussi ses ressources et ses limites. Gérer ses émotions face au stress d’une situation, à la peur et à l’angoisse est primordial pour rester serein.
Je trouve qu’il est très intéressant de mêler également l’univers de la médecine pharmaceutique dans ce roman. La manipulation ne se fait pas seulement via les mondes mais aussi par une sorte d’empoisonnement mental et collectif. Il s’agit de casser tout espoir d’avoir encore son libre arbitre, montrer également qu’en plus de l’esprit, le corps ne nous appartient plus. La dévotion à servir se fait dans l’incompréhension et dans la non-violence, du fait que la parole est supprimée pour la population qui ne peut donc se rebeller et protester. Une personne devient un matricule comme cela peut être le cas dans le monde du travail. On ne nous demande pas de réfléchir mais d’agir. Or, nous savons tous l’importance de l’intelligence collective quand il s’agit de mener à bien un projet. Nous en avons un exemple avec les réunions collectives de la résistance, qui permettent de réguler les tensions et esprits trop impulsifs, mais également de mutualister les connaissances, c’est bien vu !

Dans l’ensemble j’ai apprécié la lecture de ce roman malgré un manque de détails au niveau de la description de cet univers apocalyptique. cependant, j’ai apprécié les nombreux sujets que l’autrice développe et je trouve cela très intéressant pour des jeunes adolescents en quête d’une personnalité et d’un sens de la responsabilité. Il aide à se poser plus de questions sur le monde qui nous entoure et pourquoi pas prendre au sérieux son rôle de citoyen en faisant entendre sa voix, ses idées.

Le mot de Laure :
L’idée de ce roman m’est venu du constat de mon quotidien et d’une question : et si l’on poussait les curseurs un peu plus loin, que se passerait-il ?
Quelques exemples :
– Les glaciers menacent de fondre ? Qu’ils fondent et que les eaux montent !
– L’accès à la nourriture saine est difficile et coûte cher ? Vive les barres protéinées à l’origine douteuse !
– Il est difficile de garder son indépendance et sa liberté de penser ? Et si nous ne l’avions déjà plus !
A chaque nouvelle interrogation, j’essayais de placer mon héroïne dans un univers de plus en plus chaotique. C’est ainsi que sont nées « Les Ondes Maléfiques ». J’espère que vous aurez autant de plaisir à les lire que j’en ai eu à les inventer.
Bonne lecture !

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Pensez-vous que notre futur sera ainsi ?

Merci à Laure ST ANDREA pour sa générosité et sa gentillesse. Vous pouvez vous procurer son livre juste ici et aller faire un petit tour sur son site web, juste (je vous conseille de vous inscrire à sa Newsletter qui est très bien construite).

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

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