La puissance du savoir

Je lis des auto éditéslogo-dLa Voleuse des toits, de l’autrice Laure DARGELOS, 676 pages officielles, auto-édité en février 2019. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon. Je vous conseille d’aller faire un tour sur ses blogs en cliquant ici et . De très bons conseils d’écriture s’y trouvent ainsi que l’actualité de l’autrice et de ses romans.

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Loi du 31 mai 2019 : Vous vous perdrez à travers le temps en remontant en 1798. Vous ferez la connaissance d’Éléonore Herrenstein (alias Plume), jeune aristocrate, fille de l’Ambassadeur de la ville de Seräen ainsi que d’Élias d’Aubrey, l’un des hommes les plus puissants du royaume, fiancé d’Éléonore. Vous craindrez les règles écarlates et sa ligue. Vous suivrez Plume sur les toits. Vous ne manquerez aucun combat pour sauver votre honneur. N’oubliez pas de percer le mystère de la toile…

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Bienvenue à Seräen. Ça y est, j’y suis, en 1798 je veux dire. Tout a été pensé pour nous faire voyager à cette époque, des lieux aux dialogues en passant par les personnages et leurs façons de s’exprimer. Vraiment, je me prends une grosse claque en pleine face tellement je suis conquise. Je commence donc ma lecture, sous le charme. Mais, très vite, je me rends compte qu’il y a beaucoup de personnages, que je n’arrive pas à suivre comme j’aimerai cette histoire très prometteuse. Pas d’Index présent au cas où notre mémoire nous jouerait des tours. Je commence à perdre espoir, quelque chose me retient de savourer ce roman et j’en suis très peinée. D’autant plus que cela fait longtemps que j’ai ce roman en ma possession. Une idée me passe par la tête : et si je transformais la version brochée en livre audio ? J’ai toujours aimé le fait qu’on me conte des histoires. Alors, ni une ni deux, je traduis le roman (mais je suis le déroulé de l’histoire en même temps que la lecture car, il faut bien que je traque les coquilles, moi qui en fait ^^). Le test est positif : 600 pages de lecture… soit un peu plus de 16 heures de lecture et d’écoute m’attendent. En avant !

Pendant que le fichier charge, je prends un instant pour observer la couverture de plus près. Je la trouve juste sublime, très soignée et travaillée ! Nous comprenons pourquoi une montre à gousset y figure car, c’est un extraordinaire voyage dans le temps qui attend le lecteur.

L’autrice a fait le choix de diviser son roman en trois livres. Le premier nous présente la ville de Seräen et les lois écarlates qui la fondent. D’entrée de jeu, le lecteur est averti : toutes formes d’art sont prohibées. Vous imaginez-vous vivre sans pouvoir exprimer votre créativité ? Je trouve très intéressant de nous plonger dans cet univers car, j’ai eu l’impression d’être en possession d’un livre interdit. Ma lecture est devenue à ce moment-là, une violation de la loi et moi, une hors-la-loi, j’ai les frissons, j’adore !
Le deuxième nous dessine en toile de fond le dessein d’une romance et nous promet un combat entre les sentiments flous du jeune aristocrate, Élias et de ceux d’Éléonore. Un splendide voyage dans le passé aux paysages colorés attend le lecteur. Gare à vous si vous perdez la notion du temps. Je vous conseille de faire attention aux détails qui jonchent votre route (n’oubliez pas la toile mystérieuse…) pour comprendre ce roman.
Enfin, le troisième livre est quant à lui, plus sombre que les deux premiers et, a le goût de la révolte avec en tête de fil, une Éléonore plus déterminée que jamais à renverser le pouvoir. Mais y arrivera-t-elle seulement ?

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Une pause s’impose à base de pâtes au pesto accompagnées de sa salade de roquette : deux aliments qui se marient à merveille comme Éléonore et Élias…

L’autrice, via un style très descriptif et romanico-héroïque (permettez-moi l’invention) permet une certaine fluidité dans le récit et le déroulement d’une intrigue que je trouve cohérente et réfléchie. Cependant, j’ai trouvé certaines descriptions lourdes etn dans ces moments-là, j’ai eu tendance à décrocher un peu. Malgré tout, le lecteur est invité à imaginer toutes les scènes et les nombreuses actions qui composent ce roman. Pour le coup, vous ne serez pas déçus ! Je ne pouvais prévoir aucuns des retournements de situations que j’ai découverts au gré des chapitres, et pour cela, je tire mon chapeau à l’autrice. Car, après tout, quel lecteur n’aime pas être surpris ?

Au fil de ma lecture, je cerne de plus en plus les psychologies et caractères des personnages principaux de ce récit. Je m’identifie aisément à Éléonore ou à Élias. J’irai même jusqu’à dire que je suis un mixte des deux protagonistes.
Le jeu amoureux qui se dégagent d’eux me fait penser à un « je t’aime, moi non plus », où le doute s’installe pour déterminer dans les esprits pour déterminer si Élias est vraiment sincère dans les sentiments qu’il dit éprouver pour Éléonore.
Cette dernière, ayant un caractère très fort, n’aimant pas se laisser marcher sur les pieds, osera plus d’une fois s’interposer et répondre à un aristocrate, drôle de par son cynisme, ses répliques sarcastiques et, son habileté à manier l’épée. J’aime l’introduction d’une rivalité fraternelle entre son frère cadet et lui qui introduit la notion de pouvoir, de force et de contrôle.

La double identité de l’héroïne quant à elle, pourrait être comparée à notre envie d’être libre et à l’apparence soignée que les normes nous imposent.
La complicité qu’entretiennent Éléonore et sa femme de chambre, qui connaît comme le lecteur, le secret d’Éléonore, celui d’être une voleuse courant sur les toits; est très bien décrite et apporte un peu plus de légèreté à ce roman. De plus, cela permet à mon sens, de parler de la notion de loyauté. Plus tard, ce thème reviendra, renforcé par celui de l’amour.
Je comprends que le fait de monter sur les toits pour Plume est avant tout une recherche de liberté. La légèreté de son pseudonyme contraste parfaitement avec la force dont la jeune femme fait preuve. Agile, souple, mais au caractère de plomb (un kilo de plume vaut-il un kilo de plomb ?). Son attirance pour les arts vient à contre sens d’une prohibition de celui-ci et interroge quant à son rôle pour renverser ce gouvernement trop strict. Les arts sont-ils salvateurs ?

L’autrice a fait le choix de ne pas polluer son récit de nombreux dialogues car, même si nous en avons, ils sont placés avec pertinence et dynamisent le récit, rendant  plus que réels encore, les échanges entre les personnages. De plus, le ton employé et le vocabulaire choisi donnent un côté ancien faisant ainsi écho à l’année dans laquelle se déroule l’histoire. Vraiment, j’adore, on y croit ! Je trouve que cette prouesse doit être soulignée car garder ce style pendant près de 700 pages est un énorme talent.

Ce que j’ai apprécié est, l’idée de mettre l’image des galeries souterraines, qui amplifie le mystère qui rode dans la ville. De plus, cette image peut être le reflet de la notion de secret qu’on enfouit sous terre, ou encore, synonyme des mystères qu’abrite une ville et ses habitants. L’introduction d’une toile mystérieuse ne laisse donc pas le lecteur sur sa fin, ceci marquant le début d’une quête de sens autour de cet objet prohibé. Enfin, le troc est un des sujets évoqués dans ce roman qui se marie avec l’époque choisie ajoutant une notion d’échange. Les jeux de pouvoirs entre les habitants des bas-fonds et les aristocrates étant vifs. La visibilité d’une forme de hiérarchie à Séräen est marquée par le statut de l’Oméga représentant Dieu, celui de la ligue écarlate pour l’armée, celui des aristocrates mentionnant la classe supérieure et celui des bas-fonds pour la pauvreté.
La force de la politique et le pouvoir qu’elle exerce sont très marqués dans ce roman et sont révoltants. Cette restriction de liberté des habitants fait exploser la marmite du supportable et fait naître une rébellion secrète jusqu’à la révolte. A ce moment-là, Plume m’apparaît comme Katniss Éverdeen dans Hunger Games : une stratège et combattante hors pair, courageuse défenseure de ses valeurs dont prime celle de la justice. Peut-être pouvons-nous y voir une référence à des révolutions comme mai 1968 ?

Durant ses périples, Plume est protégée par un valeureux, et fidèle courtiers qui prend sa mission très à cœur, bien que son apparence de manipulateur fasse croire le contraire. Enfin, j’aime beaucoup l’introduction de la magie blanche et noire, qui laisse à penser à une forme de lutte contre le Bien et le Mal. J’ai ainsi fait la rencontre folle du Ranaghar pouvant représenter une sorte de Juge et la peur de l’être humain.
J’ai été déchirée, bouleversée, affligée ou heureuse avec Plume des événements qui l’attendent ! Il y a de vrais rebondissements dans ce roman où présent et passé se confondent.

Je note le parallèle entre le bruit et le silence, l’autrice a su instaurer un climat de doute et a su garder le lecteur en alerte (pour la majorité des scènes pour ma part, même si cela m’a parfois un peu coûté). Ce roman représente pour moi un combat entre la vie, la mort et l’immortalité.

Je m’appelle Éléonore Herrenstein, déclara-t-elle, je suis la fille de l’ambassadeur. J’avais huit ans le jour où j’ai compris que dans cette société, il n’y aurait jamais de justice…

Le mot de Laure
Recette de « La Voleuse des toits« 
Prenez un grand saladier et mélangez ensemble :
– trois règles écarlates
– une dictature
– une jeune aristocrate en quête de liberté
– un seigneur de la Ligue
– un groupe de rebelles
– un courtier à l’honnêteté douteuse
– un peintre du passé
– une mystérieuse toile

Saupoudrez avec une pincée de magie, une cuillère à soupe de romance et n’oubliez pas d’ajouter 500 g de voyage dans le temps. Versez la pâte dans un moule beurré et faites cuire au four (180°C) 35 minutes.

À déguster sans modération 😊

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L’addition, s’il vous plaît

La Voleuse des toits - laure DARGELOS.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Aimez-vous la fantsy ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’autrice pour sa gentillesse et sa patience, mais aussi de m’avoir fait parvenir son roman en version brochée. De plus, je suis admirative du travail titanesque qu’elle a abattu pour confectionner son histoire ! Enfin, que dire de ce mot de l’auteur, juste parfait ! Un grand merci pour tout.

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Des lignes de tendresse

Je lis des auto éditéslogo-dLe rosier de Julia, de l’auteur Frédéric DOILLON,  77 pages officielles, auto-édité en 2018. Disponible en version numérique et en version brochée sur Amzon.

 

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Résumé : Qu’est- ce que la vie ? Qu’est-ce que la mort ? Qu’est-ce que l’enfance et l’âge adulte ? Frédéric DOILLON tente de nous éclaircir les idées à travers Julia, une jeune fille devenue femme à la sensibilité émouvante.

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Julia grandit vite à travers les mots de l’auteur. C’est un personnage que j’ai l’impression d’avoir connu dans ma jeunesse et, j’ai la sensation que je la croiserai encore dans le futur. Même si l’auteur fait le choix de la faire passer d’enfant à jeune femme, je ne pourrai lui donner un âge, ni identifier physiquement Julia. Elle rejoint la sphère privée des personnages intemporels. Je trouve cela très poétique et fort.
Ce que la plume de l’auteur vient confirmer au bout de quelques pages. Les mots sont choisis avec douceur, générosité et, avec une certaine forme de pudeur. La plume poétique de l’auteur ne m’a embarquée qu’après quelques pages. Il m’a fallu un petit temps pour me mettre dedans. Il est vrai qu’ensuite, j’ai été surprise d’être entraînée dans un flot de mots sensuels et réfléchis. On pourrait croire que les paragraphes s’enchaînent et ne mènent nul part. Or, il y a un vrai cheminement au récit. L’intrigue nous est amenée pas à pas, révélant un peu plus le caractère de Julia à chaque action, une femme forte et fragile à la fois, les frontières étant assez floues en définitif. C’est ce que j’ai préféré dans cette nouvelle : ne pas être coincée dans une boîte, être libre de mes mouvement et, d’avoir le temps de trouver mon propre rythme.
Nous entrons dans l’intimité de Julia, juste assez pour nous faire une idée de son vécu, de ses rêves, mais pas assez pour deviner tous ses secrets. Certaines choses nous échappent et c’est malgré tout un plaisir, après tout, ne préfère-t-on pas être surpris ou décontenancés, bousculés dans nos croyances ? Je pense qu’il s’agit là d’un choix de l’auteur : permettre à chaque lecteur de s’imaginer sa Julia et sa vie.

Je ne pensais pas être touchée à ce point par cette nouvelle car, c’est en premier lieu sa couverture qui m’a attirée et, qui me laisse à penser une certaine initiation aux rêves et au bercement maternel. Les tiges des roses pourraient y représenter les lignes de la main, celles de la vie et des expériences. La quatrième de couverture ne nous en dit pas plus sur ce qui nous attend. Va-t-on être déçu, surpris, touché ou rester indifférent ?

Julia naquit dans un grand rire.

Ciao Bella, la vie l'emportera - Frédéric DOILLON.jpg

Vous prendrez bien une part de cake à la vanille pour vous immerger dans vos souvenirs ?

La petite Julia sauve un rosier et nous sommes partis en quête de bonheur, de frisson, d’amour et de tendresse. Tout comme elle, nous traversons des moments de pluie, d’orage et de chaleur solaire. Le décor est coloré et végétal, la nature étant omniprésente et omnisciente dans cette nouvelle. J’ai l’impression d’assister à un accouchement puis, de découvrir les premiers jours d’un être aimant et aimé. Cet être s’en va faire ses propres expériences, recherchant avant tout la sérénité et l’harmonie ainsi que la justesse et l’amour. L’image des larmes de Julia, source de vie-phoenix est vraiment très belle et me force à croire que tout ne peut être noir à vie. Le lecteur chausse ses yeux d’enfant et se sent vite entouré de souvenirs de son enfance et de ses rêves.
De temps à autre, il me faut faire une pause tant la lecture est simple mais puissante, si bien qu’elle en devient vite addictive. Elle me fait me remémorer mon propre vécu et ma propre conception de la vie et de l’avenir, tantôt joyeuse, tantôt angoissante.

L’auteur nous conte, car il s’agit pour moi d’un conte philosophique, en 77 pages, la difficulté d’aimer, de prendre soin de l’autre. Il nous fait nous interroger sur plusieurs points comme : l’autre sent-il l’amour que l’on lui porte ? Comment fait-on face au deuil ? Peut-on s’en remettre qu’à Dieu dans ces moments-là ?

Cette nouvelle m’apprend également que grandir trop vite, c’est risquer de ne plus croire en la magie que la vie nous offre tous les jours. La transmission est un autre thème qu’aborde l’auteur. Savoir doser ses paroles, mesurer ses actes etc., s’apprend tout au long de la vie et est un chemin où de nombreux obstacles sont présents. Ainsi, il nous faudra faire face à l’inconnu, prendre des décisions parfois brutales ou radicales. Mais n’est-ce pas là le but ultime d’une vie : se retrouver face à soi-même ? Partir à la quête de son propre récit de voyage et de sa propre identité ?

Si vous lisez la nouvelle de Frédéric DOILLON, vous vous rendrez compte de l’évidence : Julia est cette petite voix intérieure qui vous guide et qui vous recommande d’oser. C’est la personnification de la vie et de nos choix mais également de la mort et de nos peurs. Jusqu’à l’épanouissement final, ce que l’auteur résume très bien dans : le mot de l’auteur. Merci.

Le mot de Frédéric
J’aime l’histoire racontée dans Le rosier de Julia car elle est intemporelle, universelle, intergénérationnelle. Je crois bien que chacun peut s’y retrouver.
Un univers poétique.
Une nature magnifiée mais aussi la ville, Paris, son quartier latin et son jardin du Luxembourg.

Une forme de conte moderne, qui traite différents passages de nos existences : la transmission entre générations, l’enfance et ses rêves magiques, la résilience, la différence, les relations amoureuses et par-dessus tout, la transformation du corps, de l’enfance à l’âge adulte, ses transformations intimes que nous sommes seuls à découvrir.

Il y a mille fleurs à ce rosier, à chacun, au travers de sa lecture, de butiner celles qui lui parleront le plus.

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L’addition, s’il vous plaît

Le rosier de Julia - Frédéric DOILLON.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous prêts à embarquer dans une boule de tendresse ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Merci à l’auteur pour sa douceur et de m’avoir offert l’opportunité de lire sa nouvelle poétique et philosophique.

Deaf : le livre OVNI de la fiction qui respire

Je lis des auto éditéslogo-dDeaf, tome 3, de l’auteur Joseph KOCHMANN,  306 pages officielles, auto-édité en 2018. Disponible en version numérique sur Amzon.

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Résumé : Une pièce de théâtre qui tourne mal, des créatures mystérieuses et squelettiques, un Roi sourd. Autant d’ingrédients vous attendent dans les aventures de quatre personnages principaux : Manon Dauphin, combattante courageuse, Camille, artiste, Edward, un fan de livres et Eric, un fermier pas si branché agriculture. Parviendront-ils à survivre à ce monde étrange et ainsi mettre un terme à leurs sordides histoires ?

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Alors oui, j’ai dû m’adapter au style de l’auteur. Je me suis demandé durant ma lecture si c’est moi qui ne comprenais plus rien ou si l’auteur se jouait de mon intelligence. Je n’ai eu ma réponse qu’à partir de la page 200. C’est juste brillant ! Je suis tombée des nues quand j’ai enfin compris que ce qu’il m’arrivait était décemment voulu par l’auteur. Je crois bien ne jamais avoir été autant baladée par des mots, des émotions contraires et paradoxales.

C’est ça que j’ai compris : on utilise notre ressenti pour parler de choses plus larges.

Je veux utiliser mes émotions pour parler de quelque chose qui touche tout le monde, quelque chose de puissant.

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Une Dark fantasy qu’il vous faudra affronter avec un délicieux verre à café (oui, c’est tordu, comme ce 3e tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise) de Péket à la pomme. Santé !

J’ai tenté, comme beaucoup je suppose, de contrôler ma lecture, à tort. C’est-à-dire que j’ai essayé d’analyser (comme je fais toujours) chaque mot, chaque phrase. J’ai voulu trouver des liens, des réponses, en vain. Et c’est ce que je trouve brillant : je n’ai rien compris à ce livre jusqu’à la toute fin où la révélation finale m’a décroché un rictus nerveux et un rire incontrôlé. C’est ce qui peut vous attendre, si vous entreprenez la lecture du troisième tome de – La Trilogie des Singes de la Bêtise -. Rien que le nom de cette dernière vous met dans un contexte atypique, trash mais également sensible et sincère. Vous est-il déjà arrivé de vous retrouver perdus pendant votre lecture mais d’adorer ça ? Réveillez le psychopathe qui sommeille en vous !

Parce-qu’au delà d’un univers fantastique violent et noir, qui peut sembler décousu, il y a des thèmes très forts derrière ce livre. Je trouve que l’auteur traduit à sa sauce une sorte de dissertation philosophique avec en introduction : un décor où un Roi sourd, Deaf, est à la tête de la ville de Dantry. Il y décrit les habitants impuissants, meurtris, sous le règne d’un tyran qui aime le sang, le contrôle et, le pouvoir. Un sous-entendu politique qui nous pousse à nous interroger (en ce temps d’élection) sur la face cachée d’une gouvernance démocratique qui serait peut-être à sens unique… J’ai réussi à percevoir une forme de soumission à adhérer à des idées qui contredisent des valeurs profondes. Mais également la discrimination subie par certain. J’ai beaucoup aimé l’image du mur, utilisée par l’auteur pour souligner cette frontière entre les membres du pouvoir et le peuple.

En thèse, nous avons le thème de l’amour qui vient titiller nos propres ressentis et émotions. Le personnage de Camille est juste parfait dans le rôle de celle qui a un cœur sombre, dépressif et une sensibilité comme nul autre. C’est le personnage auquel je me suis le plus attaché. Déjà parce qu’elle écrit mais également parce qu’elle sait voir au-delà des apparences, un peu comme si elle parvenait à lire dans les cœurs des personnes qu’elle rencontre. Sa pièce de théâtre, bien qu’elle fût un fiasco total, sait pourtant permettre au lecteur de s’attacher à sa vision du monde où l’amour est à la fois salvateur et destructeur. L’amitié y tient une grande place. Jouer avec les sentiments des autres, user de manipulation pour parvenir à toucher l’autre sont autant de ressources et de souffrance que nous retrouvons dans la vie quotidienne. Des thèmes en contradiction avec un monde rose auquel on s’attend. Des tragédies venant clôturer le spectacle de ceux qui se risquent à aimer un peu trop. La difficulté d’aimer est donc abordée ainsi que celle de gérer ses sentiments. Le jugement et la critique sont pointer du doigt : comment comprendre ce qui arrive à l’autre si nous ne traversons pas nous-même une telle situation ? Peut-on simplement compter sur l’empathie ?

En anti-thèse, nous retrouvons des actions qui s’enchaînent, parfois avec des rebondissements imprévisibles, des fins brutales et qui ne font pas sens pour moi. Du moins, pas tout de suite. L’auteur y développe des personnages hors du commun mais aux personnalités qui elles, sont bien réelles : altruiste, sincère, vaillant, cruel, manipulateur. Je note que l’auteur aime jouer avec les cinq sens et les utiliser pour mener à bien son intrigue. Une introduction qui nourrit l’histoire et les personnages mis en scène, chacun à tour de rôle. De plus, l’apparition des créatures hybrides mettant à mal la progression des personnages, pourrait représenter la mort de nos envies et de nos projets, l’amertume de l’amour à sens unique, la rancœur éprouvée vis-à-vis de ceux qui ne nous comprennent pas et le stress d’un quotidien trop lourd à porter. En un mot ? Pression. Je trouve que ce symbole est fort de par les sens multiples qu’il offre à chaque lecteur.

En conclusion, j’ai vraiment adoré être malmenée par l’auteur qui instaure un climat décousu, des morts cruelles, agressives et chocs. Ce que je trouve génial, c’est que ce climat de tension et d’incompréhension permanentes qui nous embarque dans une réflexion autour de l’amour, la mort, la haine et le contrôle. L’auteur a su mettre en avant sa capacité à nous retourner le cerveau, jouer avec nos émotions, nous faire douter de notre propre intelligence et finir par nous révéler la supercherie qui n’est rien d’autre que la dissertation sur un thème que nous aimons tous : l’Amour. Merci. N’y aurait-il pas une pointe autobiographique dans ce troisième tome ? La fin en tout cas, en surprendra plus d’un et m’a fait écho aux livres cultes de J.L. STINE, Chair de Poule. Si vous lisez Deaf, vous comprendrez pourquoi. Je n’ajouterai que trois mots : Gloire à l’œil !

 

Le mot de Joseph
Merci beaucoup à Alexandra pour son retour sur le dernier tome de la Trilogie des Singes de la Bêtise.
C’est une grande aventure en trois actes, chacun pouvant être découvert indépendamment, à travers des univers très différents et pourtant tous liés par leurs personnages, leurs secrets et leur violence.
Il m’a fallu dix ans pour terminer cette saga développant des thèmes qui me tiennent très à cœur, notamment la mort, la justice, la créativité, et, surtout l’amour.
J’espère vraiment que vous aimerez Mute, Blind et Deaf autant que j’ai aimé les écrire.

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L’addition, s’il vous plaît

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Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Êtes-vous philosophiquement barré ?

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Merci à l’auteur pour sa disponibilité, sa simplicité et son univers atypique.

Un polar comme on en fait plus !

bitmoji-20190427111825Livre reçu dans le cadre de l’opération Explorateurs du Polar 2019 avec Lecteurs.com !

Editions denoël, explorateurs du polar 2019 avec lecteurscom

Une affaire comme les autres, Pasquale RUJU, 286 pages officielles. Disponible en version brochée et en version numérique sur Amazon et sur le site de la Fnac, publié en 2019 par les Éditions DENOËL.

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En lisant ce titre j’ai pensé tout de suite à un banal feuilleton policier dans lequel l’auteur joue la carte des stéréotypes italiens à fond. Une affaire banale, presque celle de trop. Mais je n’y étais pas du tout !

Tout de suite, je plonge dans une cellule d’interrogatoire, toutes mes autres pensées s’effacent. Tout comme celles d’Annamaria, veuve et suspectée de meurtre, seule face à son raisonnement interne. Quand elle doute, nous doutons avec elle. Quand elle s’interroge, nous nous interrogeons également. Dois-je craquer, pleurer ? Qui est le bon flic, le mauvais ? Voici les questions auxquelles doit faire face la veuve, qui ne perd pas son sang-froid une seule seconde. Je pressens au loin un retournement de situation qui me bouleverse, cette carapace ne me semble pas naturelle. Vais-je avoir raison ?
Ici débute le plus long interrogatoire que j’ai lu, sentant chaque seconde peser comme le ferait l’épée de Damoclès au-dessus d’une tête.

En tant que lectrice, je suis suspendue à ce que Annamaria va bien vouloir nous livrer. L’histoire elle l’a connaît, personne d’autre. Et c’est ce qui met le lecteur sous tension. C’est énorme !

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Un Polar noir mêlant meurtres, silence et amour à l’image du saumon cru délicat et addictif. Assiette composée au Wok Garden à Seraing.

Je ressens une certaine forme de pudeur dans la façon qu’à d’Annamaria de se confier. Comme une fragilité qu’elle tente tant bien que mal de camoufler derrière une rigidité et une froideur durant l’interrogatoire.

Je suis vraiment en adoration devant le style de l’auteur qui sait manier sa plume pour me faire ressentir cette tension qui se joue à chaque page et qui ne s’essouffle pas à chaque chapitre. L’ambiance pesante du huis-clos s’est refermée sur moi. Je perçois de la perversion, de la brutalité et du narcissisme dans les descriptions des faits et les silences d’Annamaria. J’apprends en même temps que Sylvia est la procureure adjointe en charge d’interroger la suspecte. Une femme aussi froide qu’Annamaria, qui me donne l’impression d’une attitude en miroir, c’est-à-dire que chacune à leur tour sera l’interrogatrice de l’autre, la victime et la coupable. En ça, la tension est remarquablement bien menée.

Puis, je découvre à pas de loup, la naissance de l’histoire d’amour entre Annamaria et Marcello, un homme qui inspire tant le respect que la crainte. Il y a beaucoup de mystère autour de cet homme ce qui est très prenant et titille volontiers ma curiosité. L’amour que ressent Annamaria envers Marcello est très fort voire passionnel. S’adonner de la sorte à cet homme dont elle semble n’échanger que des relations sexuelles est troublant. Rien ne vient perturber son amour pour cet homme dont elle ne connaît pas les réelles activités. Elle lui est simplement dévouée. Puis, vint le temps où l’amour s’essouffle pour laisser place à une forme de tendresse maternelle.
Carmela, une amie du couple, me fait penser à une menthe religieuse qui joue un double jeu. Elle paraît fourbe mais sait quelle stratégie adopter. Elle m’impressionne un peu pour tout vous avouer. Serait-elle manipulatrice ?

Petit à petit, l’illusion sur la banalité de l’histoire rend le suspense haletant. Les chapitres sont courts et très addictifs ! Ma lecture est très fluide et vive. Chaque mot me donne envie de savoir la suite. Le silence devient une violence sourde et un jeu de pouvoir, le machisme aidant à se mettre dans l’ambiance.
Les notes de la traductrice en fin d’ouvrage sont très appréciables pour les lecteurs qui, comme moi, ne connaissent en rien l’organisation des clans mafieux italiens. Je perçois un monde très dur et violent.

Ce livre parle outre la dureté de l’organisation mafieuse et de ce business souterrain florissant et sanglant, des relations familiales. Des enfants « utilisés » comme gage d’une réussite, d’une fierté. Ce lourd héritage familial est source de tension au sein des familles. Je ressens la difficulté de prendre son envol et de devenir véritablement « soi » au sein d’une famille qui ne pense qu’à faire un maximum de profit. Profit au détriment d’un amour chaleureux, de relations tendres pour le compte d’un monde violent et dangereux. Les nombreuses activités mafieuses sont partout et ce roman nous le montre bien. Comme une toile d’araignée que l’on aurait tisser sur le monde. A la manière dont elle recouvre le raisonnement d’Annamaria qui vit dans la crainte d’être rejetée par son mari. C’est terrible.

C’était comme cela, désormais, et s’adapter à la situation semblait être la meilleure des solutions pour tout le monde.

La place et le poids du regard sont très symboliques dans ce roman car ils désignent le pouvoir et le contrôle sur l’autre. Demander l’approbation pour agir est courant au sein de ces fratries. C’est impressionnant la manière dont tous rendent compte à un seul homme qui pourrait être comparé à « Dieu ». Cette forme de hiérarchie nous invite à prendre conscience de l’enchevêtrement de la mafia et de la difficulté qu’ont les forces de l’ordre à trouver l’homme ou le groupe d’hommes à la tête d’un seul clan. Le pouvoir est argent, l’argent s’achète en vies. Chaque personnage remplit son rôle à merveille nous faisant basculer dans une cruauté extrême, mais toujours silencieuse. Le silence est ce qui m’a le plus marquée dans ce roman et qui rend la lecture captivante. Je regrette seulement qu’il n’y ait pas de traduction pour certains mots en anglais.

Mais est-ce que je m’attendais à cette fin ? Mon dieu ! Non !!

Le mot de Pasquale (traduit de l’italien rien que pour vous^^)
Ma formation a été celle d’un cinéaste indépendant, puis d’un scénariste, en particulier de bande dessinée.
« Une affaire comme les autres » est née en 2008 en tant que court métrage, réalisé avec un groupe d’amis acteurs et cinéastes et une magnifique protagoniste, Stella Bevilacqua, qui malheureusement n’est plus présente. Le roman lui est dédié, développant l’idée de base et les personnages des protagonistes de ce petit film. Il y a des personnages et des histoires qui vous tourmentent l’esprit, même des années après les avoir remises dans le tiroir. Et l’histoire d’« Une affaire comme les autres » avait besoin d’être racontée de manière plus articulée. Pour compléter le roman, au cours des années suivantes, j’ai effectué un long travail de documentation.
L’histoire d’Annamaria et de Nicotra est évidemment inventée, mais le contexte criminel dans lequel ils vivent et travaillent est malheureusement très réel. Et toujours profondément enracinée dans de nombreuses communautés du nord de l’Italie, ainsi que dans celles du sud. Comme le disait l’écrivain Massimo Carlotto et mieux que moi, le noir peut être un outil très puissant pour éclairer certains aspects obscurs et opaques de notre société, venant parfois à l’appui du journalisme d’investigation, de plus en plus rare dans les médias contemporains. Ce que tu lis dans un bon noir reste à l’intérieur de toi, même longtemps. Et parfois, pourquoi pas, cela vous fait prendre conscience de la réalité qui vous entoure. Des choses que vous avez peut-être choisies de ne pas voir jusque-là. Les mots génèrent des pensées et les pensées donnent la force de changer. C’est pourquoi nous ne pouvons pas renoncer à la lecture, tout comme nous ne pouvons pas renoncer à la culture. Toutes les mafias, se nourrissent de l’ignorance. Vous ne pouvez pas contrôler un peuple qui peut penser par lui-même. Essayer d’écrire sur la mafia, dans ce roman, a été ma petite contribution à cette bataille.

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L’addition, s’il vous plaît

Une affaire comme les autres - Pasquale RUJU.png

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Jusqu’où iriez-vous par amour ?

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !

Je remercie l’équipe de Lecteurs.com pour l’opportunité de faire partie de l’opération « Explorateurs du Polar 2019 ». Un grand merci aux Éditions DENOËL pour leur générosité. Enfin Mille merci à l’auteur pour sa gentillesse et ce mot qui me touche particulièrement, sa réactivité et son militantisme.

Émilie VARRIER sur le grill !

Que ce soit d’un point de vue personnel, dans mon métier ou dans mes passions, je fais ce qui me rend heureuse !

Ah oui ?
Voyons voir ça…

Comme un échos au livre de Françoise HÉRITIER, « Le sel de la vie »

Profil Emilie

C’est moi ! Mon site web juste ici.

 

Alexandra : Bonjour Émilie ! Rentrons dans le vif du sujet. Je suis sûre que les lecteurs ont envie d’en savoir plus sur vous. Pouvez-vous vous décrire en quelques phrases en évoquant votre pire défaut et votre meilleure qualité ?

Émilie : Ça commence fort ! Bonjour tout le monde. 🙂

J’ai trente ans et je vis ma vie comme une aventure. Chaque jour, je fais de mon mieux pour vivre de la douceur et de la joie. Je savoure le bonheur à chaque instant et je le partage autour de moi. Originaire du nord de la France, j’ai décidé de tout quitter et de changer pour une vie meilleure. Que ce soit d’un point de vue personnel, dans mon métier ou dans mes passions, je fais ce qui me rend heureuse !

J’aime la lecture, les sourires ainsi que le partage. C’est donc naturellement que j’écris des romans optimistes, pour lesquelles je m’inspire de mon cheminement personnel, de mes proches et de mes songes. Je réfléchis à mon vécu et j’espère transmettre ce que je retire de mes expériences, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

J’adore écrire, mais pas seulement. On dit de moi que je suis simple et positive, et qu’il en faut peu pour me combler ! Et c’est tant mieux. 😉 J’ai un tas de hobbies pour ça et qui améliorent ma créativité et mon esprit positif. J’aime les voyages, la marche, la navigation en voilier, les produits naturels et sains ainsi que le sport, la musique et la danse… et le dépassement de soi. Ce que je préfère, c’est la lecture, les apéros entre amis, les séries, les surprises, les heures passées au téléphone avec les copines et le thé !

Bref, toutes ces petites choses qui me donnent le sourire et me permettent de le partager avec mon entourage.

Maintenant, la question fatidique… Mon pire défaut est aussi ma meilleure qualité : je suis sensible. Je prends tout à cœur, ce qui m’arrive, ce que je vis et ce que l’on me dit. Mais cela fait de moi une personne douce et à l’écoute, des autres et de moi-même. Je perçois les émotions et les sentiments qui gravitent autour de moi et m’impactent, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire.

Alexandra : J’ai souvent entendu que les auteurs sont des êtres « à part ». Partagez-vous ce point de vue ? A ce propos, avez-vous des manies ou un rituel spécial ?

Émilie : Je ne sais pas si en tant qu’auteur nous sommes « à part ». Lorsque nous nous investissons dans une passion, nous entrons dans une communauté. Et celle qui regroupe les auteurs est autant « à part » que ceux qui font du triathlon où du maquettisme. ^^

Mais il est vrai que notre imagination fait de nous des individus différents. Nous observons le monde d’un autre œil. Et nous avons le pouvoir de créer un univers, le nôtre, parallèle à celui dans lequel nous gravitons, et sur lequel nous avons le pouvoir de tout changer ! C’est grisant.

Pour ce qui est des manies, j’en ai des tas ! Mais la plus flagrante c’est que je joue avec mes cheveux, particulièrement lorsque j’effectue une tâche qui me demande de la réflexion. Cela devient compliqué lorsque j’écris mes romans car j’ai à la fois l’envie furieuse de faire des nœuds et des tresses, tout en ayant besoin de mes mains pour taper sur mon clavier ! Je passe donc de l’un à l’autre avec frénésie. Ce manège amuse les personnes qui m’observent et cela me fait rire.

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Je vous prépare un deuxième roman…

 

Émilie VARRIER, Romancière, a écrit – Un binôme idéal –, une bulle de douceur…

Alexandra : Pouvez-nous nous parler un peu de votre livre sans trop en dévoiler ?

Émilie : Je n’en dévoilerais pas trop, promis ! Mon premier livre est une romance optimiste, il s’intitule « Un binôme idéal ». C’est l’histoire d’une rencontre entre deux trentenaires. Mike est un bel homme, charmeur et à l’écoute. Cathy est sensible – tien tien… 😉 – et doute beaucoup. Elle a dû mal à se lâcher et à faire confiance, elle se protège pour éviter de souffrir.

Dans cette histoire d’amour, je parle aussi des relations entre collègues de travail et d’amitié. L’univers que j’ai créé est serein, tranquille, malgré les tourments internes de la jeune femme qui se questionne beaucoup (trop), comme nombre d’entre nous !

Alexandra : En quoi votre roman se démarque-t-il des autres qui se veulent être dans le même esprit ?

Émilie : « Un binôme idéal » est à la fois une jolie romance et un roman optimiste. Les lectrices (et lecteurs occasionnels) de New Romance, de Romance Feel-good… apprécieront le côté romantique. Les personnages sont beaux et séducteurs. Mais pas seulement. Le côté optimiste apporte un côté franchement positif. Je raconte leur histoire d’un point de vue chaleureux et doux. Je les protège d’un cocon afin qu’il ne leur arrive rien de grave. C’est mon côté idyllique que je contrebalance de détails réalistes. J’aime à penser que Mike et Cathy auraient pu exister et se rencontrer. Leurs doutes, leurs peurs et leurs sentiments sont réalistes et ressentis par nombre d’entre nous. Leur relation se construit comme elle aurait pu l’être dans la « vraie » vie. Bien sûr, j’enjolive les événements afin qu’ils soient embellis dans l’imaginaire du lecteur. C’est aussi ça l’utilité d’une fiction.

Bref, ce qui démarque ce roman des autres se résume à quelques mots : rêver et y croire.

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Qu’il est joli !

 

Alexandra : Vous définissez votre roman comme un roman optimiste. Pouvez-vous nous expliquer en quoi il se définit comme tel et nous donner votre conception de l’optimisme ?

Émilie : Comme son nom l’indique, « Un binôme idéal » parle de la relation entre deux individus qui, si elle existait, serait parfaite pour nous contenter et nous rendre heureux.

Cette romance est optimiste car elle pousse à avoir confiance en l’avenir. Dans ce récit, le monde est décrit comme le meilleur possible. J’ai tendance à voir les belles choses de la vie et j’ai retranscrit cette vision.

Le lecteur termine cette romance avec un sentiment de confiance en l’amour, en l’amitié et en la vie. Mais pas seulement. Tout au long de la lecture, il ressent cette attitude positive grâce aux personnages, à leur vie et à leurs réactions. Il envisage l’avenir avec le sourire. Il ressort optimiste et prêt à affronter ses propres difficultés !

Profil Emilie avec fleur

J’adore les fleurs.

Alexandra : D’où vous est venue l’idée de ce roman et à qui le conseillez-vous ?

Émilie : L’idée de départ me vient d’un rêve, un songe plus précisément. C’est toujours de là que me vient mon inspiration. Vous savez ? Ces instants où vous vous échappez de la réalité et vous vous dites « et si… ». Et si je rencontrais un homme charmant, qui me séduise tout en étant à l’écoute, patient et gentil ? J’aimerais être courtisée « à l’ancienne », avec des marques d’attention qui montre que la relation qui en découlera sera basée sur la confiance et la simplicité. L’homme devra être respectueux et compréhensif, afin de former un couple idéal. Et puis je rêve que l’on m’offre des fleurs, de celles que l’on ne trouve pas partout… des roses anciennes, dans les tons pastel.

« Un binôme idéal » est à destination des femmes qui souhaitent s’accorder une pause dans leur vie. Qu’elles soient heureuses ou non en amour, c’est une bulle de bonheur, un instant d’espoir qui vous aide à croire que tout est possible et que le bonheur est à portée de main.

Pour les hommes, c’est un bon moyen de découvrir le point de vue féminin : les doutes, les peurs, le manque de confiance, les hauts et les bas qui nous empêchent parfois de profiter de l’instant tel qu’il est. Mais aussi de recueillir quelques techniques pour séduire les femmes comme Cathy !

Écrire, relire, écrire, relire… enfin, s’autopublier

Alexandra : Vous remercier vos bêtas lecteurs à la fin de votre ouvrage. Quel rôle ont-ils joué pour vous ?

Émilie : Les bêtas-lecteurs sont essentiels, surtout lorsque l’on publie notre premier roman en autoédition. Mes premières lectrices ont découvert mon histoire sur Scribay. Elles m’ont aidée en me donnant confiance en moi. C’est là que j’ai pris conscience de l’impact positif et de la frénésie de lecture que mes mots ont sur les lectrices qui aiment ce genre.

Lorsque j’ai décidé de m’autopublier, j’ai ajouté des passages afin de renforcer mon message. Puis j’ai envoyé mon manuscrit à des bêtas-lectrices. Celles-ci m’ont aidé à approfondir mes personnages. Grâce à elles, Cathy et Mike sont encore plus réalistes et touchants. Enfin, elles m’ont permis de prendre du recul sur mon livre et de mettre le doigt sur des faiblesses que je n’avais pas vues ou que je ne préférais pas travailler. Je me suis remise en question et j’ai grandi en tant que romancière.

Alexandra : Qu’avez-vous voulu transmettre comme messages à vos lecteurs, avec ce premier roman ?

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Bannière de blog réalisée par ©Émilie VARRIER

Émilie : Les relations amoureuses sont au centre de toutes nos attentions. L’amour influence nos décisions. Que l’on recherche le partenaire idéal, que l’on souhaite améliorer notre relation, où que l’on soit heureux en amour, il est toujours question se soi, de l’autre, de séduction, de bonheur au quotidien et d’espoir.

J’ai eu envie d’écrire pour donner vie à une relation comme il serait beau d’en vivre. J’aimerais que ce rêve soit accessible aux autres et les inspire. Certains mots sont des déclencheurs pour faire de sa vie un rêve. Je voudrais que la joie, simple et naturelle d’aimer et de croire en l’amour atteigne le cœur des lecteurs. Alors si mes mots peuvent aider, j’en serais heureuse.

L’histoire de Cathy et Mike est l’occasion de passer un moment agréable. Elle peut aussi donner l’impulsion nécessaire à se lever et changer les choses afin de profiter de la vie et de ses bonheurs. Elle peut aussi aider à prendre des décisions afin de construire une vie dans laquelle nous sommes nous-même et heureux.

Alexandra : Cathy a vécu une rupture violente avec son ex petit-ami. Comment arrive-t-elle à surmonter cette épreuve et à refaire confiance à Mike, l’homme qui lui a tapé dans l’œil et qui n’est rien d’autre que le frère de son patron ? Vous êtes-vous inspiré d’une situation vécue pour écrire ce moment et ces ressentis ?

Émilie : Ha ! Ha ! Non… Je ne suis jamais sortie avec le frère de mon patron ! 😉

Par contre, une rupture est douloureuse et les personnes ayant connu cette peine se reconnaissant entre-elles. C’est pourquoi ce thème est souvent abordé. Sans doute parce que les déceptions amoureuses sont impactantes, surtout pour les décisions à venir. C’est toujours un problème de confiance. Par peur de souffrir, de vivre de nouveau une peine de cœur, nous nous protégeons, au point de rejeter l’amour. On se cache derrière des excuses et une carapace protectrice.

Comme beaucoup d’entre nous, Cathy a vécu une peine de cœur. Cela complique davantage les choses pour Mike. Mais cela force le jeune homme à l’apprivoiser afin qu’elle lui accorde sa confiance, à son rythme et lorsqu’elle est prête. La jeune femme, quant à elle, prend enfin le temps de se poser les bonnes questions. Elle fait face à ses peurs et se remet en question.

Comme je le disais au début, je suis sensible. J’utilise donc mes propres ressentis pour décrire ceux de mes personnages. Je pense qu’en tant que romancière, nous mettons un peu de nous-mêmes dans nos récits, sans que le lecteur sache différencier la fiction du vécu. 😉

Alexandra : Souvent, les secrétaires sont mal vues et perçues comme des blondes écervelées qui passent parfois par la case « canapé-promotion ». Or, Cathy est à l’opposé de ces préjugés. Pourquoi décidez-vous de casser cette image ?

Émilie : Cette image me fait rire ! On ne s’imagine pas la quantité de secrétaires ou d’assistantes sans lesquelles nos vies seraient bien difficiles. Que ce soit dans nos démarches légales, sanitaires ou privées, nous avons constamment une relation d’échange de service avec les secrétaires, assistantes et hôtesses d’accueil.

Sans ces professionnels (même si les « professionnelles » sont plus répandues) nous pourrions difficilement travailler et échanger avec les spécialistes à qui nous faisons appel. Alors imaginer que tout ce petit monde « passe sous le bureau » est à mourir de rire. J’avoue être friand des blagues, que ce soient sur les blondes ou les assistantes personnelles, mais je sais faire la différence entre une boutade et la réalité. C’est pourquoi je ne pensais pas défendre la cause des secrétaires avec mon récit. Mais si c’est le cas, alors tant mieux !

Je n’avais pas cet objectif en tête car je ne pense pas devoir casser cette image. Mais je suis mal placée pour en parler, puisque je suis moi-même assistante. Je vous l’ai dit, j’ai rêvé cette histoire pour qu’elle soit réaliste !

C'est un bouquet comme celui que Mike offre à Cathy

C’est un bouquet comme celui que Mike offre à Cathy. ©Pexels – Image libre de droit

Alexandra : Cathy et Mike semblent former un duo qui résiste à toute épreuve. Pouvez-vous nous expliquer en quoi il forme un « binôme idéal » ?

Émilie : Cathy et Mike sont un binôme comme nous en rêverions. Peu importe les projets qu’ils entreprennent, ils réussissent car à deux, ils sont plus forts. Les deux trentenaires sont complémentaires et s’entraident avec bienveillance. Leur relation est basée sur l’écoute et le partage. C’est sans doute ce que toute relation devrait être, qu’elle soit amoureuse, amicale ou professionnelle. C’est pourquoi ils sont complémentaires dans tous leurs projets, tout en gardant leur autonomie et leur individualité.

Alexandra : Vous avez choisi de vous autoéditer pour publier votre premier roman, comment assurez-vous la promotion de votre livre ? Est-ce un pari risqué ?

Photo avec logo mars 2019

Bannière réalisée par ©Émilie VARRIER pour son site web professionnel, c’est juste ici.

Émilie : L’autopublication, j’y baigne et j’y travaille. J’ai choisi cette option car je n’étais pas du tout tentée par la machine infernale de l’édition par voie traditionnelle. J’ai failli être éditée par une maison d’édition qui devait ouvrir ses portes en 2018, mais elle n’a pas survécu jusque-là.

Pour ce qui de la promotion, je m’appuie principalement sur Facebook, et depuis peu sur Instagram. Les réseaux sociaux me portent et je tente de les utiliser le mieux possible afin de favoriser un échange agréable et positif avec leurs utilisateurs. Le but et de rencontrer les lecteurs, malgré la distante, et d’échanger avec eux, de partager nos ressentis et nos passions. Je m’entends bien avec mes lecteurs, sans doute parce que s’ils ont aimé mon roman, c’est que nous partageons de nombreux points en commun, une même vision du monde et des espoirs identiques.

Pour ce qui est du risque, je n’en prends pas ! Mon livre est disponible, je partage l’information et les lecteurs, qui en entendent parler et sont tentés de le découvrir, se le procurent. La difficulté et qu’ils sachent que mon livre existe ! Alors je distribue l’information et je compte sur les lecteurs pour en faire de même. 😉

Ma famille et mes amis, ainsi que les auteurs avec qui j’échange régulièrement, m’aident dans cette démarche. C’est une belle communauté lorsque nous sommes bien entourés.

Alexandra : Pour satisfaire notre curiosité : quels sont vos projets futurs ?

Émilie : Oh là ! Ça, les projets, j’en ai beaucoup !

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En exclusivité : mon bureau ! 

 

Tout d’abord, me faire connaître sur Instagram. Les images sont un bon moyen de partage mon univers. Je risque d’y prendre goût. 🙂 En même temps, je suis en pleine réécriture de mon deuxième roman. C’est une histoire écrite l’année dernière, peu de temps après « Un binôme idéal ». J’y passe beaucoup de temps afin qu’elle apporte le plus de bien-être possible aux lecteurs. J’ai d’autres projets en tête, comme par exemple organiser des séances de dédicaces et faire imprimer mes livres chez un imprimeur. Ma vie de romancière ne fait que commencer !

Alexandra : Merci beaucoup Émilie pour le temps que vous avez passé sur le grill. J’espère que vous n’avez pas eu trop chaud !

Émilie : Arf ! Si mais c’est l’émotion ! Merci à vous pour cette interview qui m’a poussée à chercher les mots justes afin de décrire au mieux ma pensée. Ce fut un plaisir !

Émilie VARRIER a été cuite en toute confiance par ©Alexandra Papiers Mâchés.

 

Son roman est disponible sur
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Émilie VARRIER, Romancière

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scribay  Emilie Varrier Romancière

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Émilie VARRIER, assistante administrative

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Facebook  Emilie Varrier Assistante administrative à distance / @emilievarrierassistante

 

 

Retrouvez ma chronique gourmande sur la romance d’Émilie VARRIER – Un binôme idéal – juste ici.

Si vous aussi, vous souhaitez découvrir à quelle sauce vous allez être mangé, rendez-vous dans la rubrique – contact – 🙂

Les souvenirs de l’espoir, ternis par la cruauté de la mémoire

Je lis des auto éditésMiroirs et Ombres, de l’autrice Maya AGORA, 372 pages officielles, disponible en version électronique et en version brochée sur Amazon, paru en 2018.

Le résumé d’Emma : Je m’appelle Emma MILLER. Après une année passée à rechercher mon mari disparu dans un accident de voiture sans aucune nouvelle, je me retrouve noyée dans les ténèbres d’une vie sans goût. Le seul moyen afin d’apaiser ma douleur d’attente et pour ne pas perdre espoir est : relater nos souvenirs sur du papier. Quelques jours après, je reçois un appel de la police : mon mari est de retour, vivant, comme je l’espérais, mais sans souvenirs de son passé et avec une nouvelle femme. Je me retrouve soudainement devant un étranger, face à des énigmes, à des questions, à des réponses, à des ombres, à des miroirs,… à la mort. 

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Chaque auteur a ses raisons, ses mots pour décrire, écrire ou transmettre. Je suis bouleversée en découvrant l’univers particulier de l’autrice. En effet, je débute la lecture d’un roman qui me semble, à première vue, énigmatique, mystique et dense. Je suis heureuse de partager mes impressions avec vous. Étant en contact avec l’autrice qui m’a vraiment donné envie de lire son roman, j’avais la curiosité de découvrir comment Emma, allait vivre le retour de son mari et, comment l’autrice allait nous embarquer (ou non) dans un mélange de souvenirs passés et d’actions au présent.

Je débute ma lecture avec une citation qui me propose une histoire d’aventure avec en passager, la tristesse. Tout de suite, je perçois que les mots sont choisis avec grâce, sensibilité et honnêteté. L’autrice me livre son cœur sous la forme d’une romance d’aventure. Je suis très touchée de façon crescendo par ce début de roman. Cependant, je n’arrive pas à imaginer à quoi peut ressembler physiquement Emma. En effet, l’autrice ne nous décrit pas son apparence mais nous invite dans la tête de son personnage, ce qui est très bien pensé sachant qu’elle se trouve dans une bulle de désespoir. Elle nous peint avec style le sentiment d’invisibilité que ressent Emma qui vient de perdre son mari et qui tente d’y faire face. J’admire la force de caractère et la persévérance d’Emma, qui se révèle à nous, lecteur, petit à petit. La description de son coup de foudre  envers Michaël me laisse sans voix tellement il est fort. Une véritable romance torturée entre en scène. Le sentiment de culpabilité d’Emma et le jeu de patience qu’elle tente de mettre en œuvre face à un évènement traumatique où la mort tient le premier rôle, me donne des frissons.

Patienter : vous savez ce qui nous fait endurer la patience c’est notre conviction que chaque chose a une fin.

J’ai particulièrement apprécié l’idée des flash-back qui se marient parfaitement au temps présent du récit. Je trouve que ce mélange de passé, présent et futur est parfaitement maîtrisé car à aucun moment je n’ai été perdue au fil de ma lecture. Mais, ce qui m’impressionne davantage, est la faculté avec laquelle l’autrice nous invite à partager les pensées de chaque personnage. En effet, la psychologie de chacun est poussée à son extrême, chaque question, émotion ou acte est pensé à voix haute par le personnage. Enfin, les différents moments du deuil sont présents : en introduction, on plonge dans un décor étouffant et déprimant, puis apparaissent des souvenirs d’une romance heureuse mais un tantinet mélancolique, des retrouvailles angoissantes et douloureuses et l’apprentissage de « vivre avec ».

Je me surprends à être nostalgique de cet amour perdu qui était si fort, c’est terrible ! Si bien que je me demande s’il ne s’agit pas d’un rêve ou d’un malentendu tellement ce qui arrive à Emma est cruel : elle doit composer avec un ex-mari qui ne se souvient nullement de leur vie ensemble. Être si proche et si distant qu’on en devient étranger dans le regard de l’autre. Au fil de pages, je m’interroge sur ce que peut ressentir un être qui vient de perdre la mémoire et à qui, on « greffe » une famille dont il n’a pas souvenir.  Peut-on imposer à quelqu’un qui ne se souvient de rien, une famille, une vie ? Jusqu’où s’imposent les liens du sang et la liberté ? Peut-on refuser de redevenir celui qu’on a été ? Comment réagir lorsque le passé refait surface et qu’il nous piège entre ses griffes ? Car outre la romance, c’est vraiment la question du deuil, des souvenirs entachés et la confrontation entre la vie et la mort que nous propose l’autrice. Comment faire face, se reconstruire ? Est-ce plus douloureux de vivre dans son passé ou de s’imaginer un futur impossible ? Peut-on oublier le goût de l’amour ? A cette question que je me pose, me vient mes propres flash-back, mes propres goûts et représentations de l’amour autour d’un tiramisu fait maison…

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« Parfois il n’y a que dans les adieux qu’on peut être parfait » – Extrait de la série PLL. Sur un son d’Elvis Presley – Mine-, je savoure ce Romanciak-Sanglot avec une cuillère du tiramisu fait maison.

Le rejet est également un thème qu’aborde ce roman. J’aime ce double sens que glisse l’autrice lorsqu’elle emploie les termes « Monsieur » et « Madame ». Ces deux mots qui unissent deux êtres et qui les séparent en même temps. Un coup, taquins et romantiques et une autre fois, violents et déchirants. Ces deux parallèles sont renforcés par le vouvoiement entre deux êtres qui autrefois ne pouvaient pas se décoller l’un de l’autre. L’image de l’amour parfait est mis à mal dans cet ouvrage. La tension est de plus en plus forte à chaque page que je tourne. Emma s’accroche à ses souvenirs qui a la fois la réconfortent et à la fois la détruisent. Quelle part de ce dilemme choisir ? S’effondrer et capituler en sombrant dans un passé perdu ou rester debout et construire un futur sans une des pièces maîtresses du puzzle ? Faut-il croire au destin dans des moments aussi insoutenables ?

Je suis accompagnée tout au long de ce roman par des chansons très fortes mais très tristes. Elles m’ont permis de me plonger dans une sorte de mélancolie qui accentue l’émotion ressentie par les personnages. Je tiens également à soulever que j’aime la double identité de la femme qui figure dans ce livre. En effet, deux des personnages féminins sont les exacts opposés : une version douce et une version plus diabolique, ce qui nous rappelle que chaque personne possède sa propre personnalité, plus ou moins accentuée par les souvenirs des expériences connues. Mais aussi qu’on possède tous une part joyeuse et une part toujours en quête de sens de la vie. Nous ne sommes pas « parfaits ».

Il y a des rebondissements à cette histoire, qui pourrait sembler « plate », et qui donnent une nouvelle direction aux lecteurs. On découvre pourquoi l’image de couverture est celle-ci et pourquoi les couleurs verte et mauve sont privilégiées. Je termine avec la notion de « peur ». La peur de l’inconnu lorsqu’on a été blessé et qu’on doit se reconstruire. Je trouve que c’est une romance-phoenix qui est dessinée au grès de ces pages. En effet, l’image d’une reconstruction prime et, toute la difficulté de la mettre en œuvre est décrite. L’autrice nous dit que le temps est un bon conseiller. Finalement, elle nous interroge sur notre propre conception et définition du mot « aimer ». Qu’est-ce que l’amour ?

Le mot de Maya :
J’écris sur la passion, j’écris sur la volonté, j’écris sur la liberté et sur les rêves, sur la vie et sur la mort, mais avant tout, j’écris sur moi. Je m’ouvre pour que toi, mon lecteur, tu puisses me toucher tout comme lorsque mes mots te touchent.

 

Et vous l’avez-vous lu ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Quelle est votre définition de l’amour ?

Merci à Maya AGORA, ma partenaire gourmande, pour sa générosité, sa disponibilité et sa douceur.

Retrouvez toutes mes chroniques gourmandes dans les rubriques « Livres par auteurs » et « Livres par titres » !